‹ Œuvres de Guillaume de MachautChapitre 25 sur 85 · INTRODUCTION XXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXV

un jour moins avantageux, par exemple quand il avoue ingénument, mais non sans doute sans une certaine pointe de malice, ses craintes et sa couardise (vv. 8g- 1 88). Le passage fait tout au moins honneur à sa sincérité.

L'autre personnage n'est pas aussi clairement désigné; il est possible pourtant de l'identifier. C'est un grand seigneur du royaume de France, un prince du sang, s'il est permis d'interpréter avec quelque liberté les vers 1 1 58-i 160 :

Il sambloit estre fils a roy Ou sires souverains nais De la terre et tout le pais.

On le voit entouré d'une nombreuse cour de chevaliers et de damoiseaux. Le château qu'il habite est le plus beau « qui soit en France n'en l'Empire » (v. 2756). Il est naturel qu'il possède toutes les qualités et vertus d'un chevalier accompli : il est beau de corps, long, grand, droit, de bonnes manières, richement vêtu; il possède aussi tous les talents de société, c'est-à-dire qu'il est capable de tourner des vers amoureux (ce qui ne veut pas dire que la grande Complainte soit effectivement son œuvre) ou de chanter agréablement un rondeau (vv. 2821 ss.); il est de bon renom, large et généreux, comme le prouve une anecdote complaisamment racontée (vv. 11 34-11 56). Ce portrait, assez vague, est complété par quelques traits plus précis : au moment où Machaut le rencontre, le seigneur s'apprête à quitter son pays, bien à contrecœur; il passera outre mer en un pays d' « estrange langage » (v. 2249) — c'est évidemment l'Angleterre — où il vivra « en servage, en exil » (vv. 1 409-1 471), en une captivité dont la durée menace d'être fort longue.

chez G. Groeber, Gvundriss der romanischen Philologie, II, 1, p. io3q s.

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