‹ Œuvres de Guillaume de MachautChapitre 34 sur 85 · XXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXII INTRODUCTION

vent, depuis l'ancienne paraphrase française du Cantique des Cantiques, le trait caractéristique du poète qui surprend, à l'insu des amants, leurs plaintes et leurs doléances et qui intervient ensuite, plus ou moins activement, comme conseiller ou comme consolateur, dans leurs débats. Machaut s'était déjà donné un rôle pareil dans le Jugement dou Roy de Behaingne; mais là, le point de départ avait été le débat narratif; aussi le rôle qu'il jouait dans le Jugement est-il assez différent : dans le Jugement, il se bornait à provoquer et à amener une décision de son maître ; ici, il est luimême l'un des héros de l'action. Une autre source de son inspiration, c'est encore, comme toujours, le roman allégorique, et en première ligne le Roman de la Rose, dont il continue à subir l'influence, quoique à un moindre degré qu'autrefois. On hésitera peut-être à voir une influence directe de ce roman dans le fait que Guillaume, à la fin de son poème, fait passer son récit pour un songe '. Dans la poésie allégorique du xive siècle, c'était devenu un usage qu'on retrouve un peu partout. Et on rencontre de même presque partout la description, répétée à l'infini, du jardin merveilleux où se déroulent les aventures amoureuses du poète, 1' « hortus deliciarum », le « paradis terrestre » (vv. 1 34g- 1370). Mais Machaut s'est certainement aussi souvenu de la Fontaine de Narcisse du roman de Guillaume de Lorris; c'est elle qui lui fournit l'un des éléments essentiels de son dit, la « fontaine amoureuse «.L'emprunt est nettement apparent, malgré les modifications que Guillaume y a apportées. Dans les deux cas, la fontaine, par son inscription chez Guillaume de Lorris, par ses sculptures chez Machaut, donne lieu à un récit emprunté à la mythologie antique, l'histoire de Narcisse chez le premier, les Noces de Pelée et le

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