XXXIV INTRODUCTION
largement détaillé d'un récit qui était déjà amorcé dans le poème précédent (vv. 2645-2672). Il est évident que le poète, en écrivant son nouveau dit, en profite pour compléter le Confort d'ami sur certains points qu'il y avait traités trop rapidement '.
Encore fallait-il remplir le cadre du vaste poème que Guillaume s'était tracé. Et une fois de plus, le poète a recours au système inauguré dans son Dit de VAlerion: il accueille des contes, des « exemples », destinés aussi bien à l'instruction qu'à la distraction de ses lecteurs. Cette fois les exemples sont tous tirés de la littérature latine, mythologie ou histoire légendaire. Ce sont:
i° le conte de « Ceyx et Alcyone». Machaut le raconte longuement dans la « Complainte » de l'amant, comme exemple des miracles opérés par Morphée (vv. 543- 698);
20 les «Noces de Pelée et le Jugement de Paris», véritable hors-d'œuvre que le poète rattache artificiellement aux sculptures de sa fontaine miraculeuse (vv. 1633-2144) ;
3° le rêve des cent sénateurs romains, donné comme preuve historique de la réalité de rêves collectifs (2641-98).
Les deux premiers récits, qui se trouvent dans les Métamorphoses d'Ovide, sont, eux aussi, empruntés à Y Ovide moralisé. Il suffit, pour s'en convaincre, de comparer les vers 193 3- 1962 au passage correspondant de Y Ovide moralisé: on verra que Machaut a suivi son modèle presque mot pour mot. Seuls quelques noms propres ont été estropiés2, quelques vers omis, par inadvertance ou pour d'autres raisons. Machaut,
1. Nous avons signalé plus haut (p. xxxn) la répétition d'une situation qui se trouvait déjà dans le Jugement don Roy de Behaingne ; notre dit partage avec le Remède de Fortune le trait d'un échange de bagues pendant le sommeil.