‹ Œuvres de Guillaume de MachautChapitre 37 sur 85 · INTRODUCTION XXXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXV

d'ailleurs, ne se cache pas de cet emprunt presque textuel ; il l'avoue clairement en ces termes :

« Mais ci l'ay mot a mot escript,

«Si com veù l'ay en escript » (vv. 1993-94).

Cet écrit, c'est Y Ovide moralisé '.

Le procédé reste analogue à celui que nous avons déjà reconnu dans le Confort d'ami : dans les parties purement narratives, Machaut suit le plus souvent son modèle de très près. Ce n'est cependant pas une règle générale : par exemple, tout le récit des Noces de Pelée est un libre remaniement de données éparses dans les livres XI et XII de l'Ovide moralisé. Guillaume laisse résolument de côté toutes les longues discussions de sa source sur la signification et l'interprétation morale des récits ovidiens; il abrège les discours trop longs et les énumérations fastidieuses; il supprime des détails inutiles; quelquefois il ajoute des traits tirés de sa propre imagination. Ainsi la liste des invités de Pelée, qui contient trente noms dans Y Ovide moralisé, est réduite chez lui à six noms. Il conserve le détail amusant de l'arrivée de Priape, mais il laisse de côté l'arrivée peu décente de Silène ivre et vomissant \ Au lieu des trois discours que faisait chacune des déesses, Guillaume n'en attribue à chacune qu'un seul ; encore sont-ils réduits aux arguments principaux. Les développements personnels de notre poète visent de même à augmenter la vivacité et le naturel du récit : l'arrivée de Mercure et des trois déesses devant Paris, retracée en quelques pauvres vers dans Y Ovide moralisé, devient sous la plume de Guillaumeune scène pittoresque, pleine de vie, où l'on voit le jeune pâtre saluer avec empressement la noble société

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