INTRODUCTION V
d'un texte de ce genre. On trouve peut-être une confirmation de cette conjecture dans le fait qu'il a connu la prière de Manassé qui ne paraît que dans de rares manuscrits de la Vulgate \
Ce qui est certain, c'est qu'il a aussi connu et utilisé les commentaires qui accompagnaient si souvent le texte de la Bible. Il y fait une allusion directe, aux vers 430-433 :
Je n'en say plus ne n'en di el Fors tant que pluseur docteur dient, Qui en l'Escripture estudient Diligemment...
C'est là qu'il a trouvé des précisions que la Bible elle-même ne lui fournissait pas. Mais parmi les commentaires les plus répandus à son époque et qu'il aurait pu connaître, il n'y en a aucun, pour autant qu'ils nous aient été accessibles, qu'on puisse désigner comme sa source directe. Il faut écarter, par exemple, YHistoria scholastica de Pierre Comestor, et le Spéculum historicité de Vincent de Beauvais, qui n'est ici qu'une reproduction de YHistoria. Il y a bien, dans le Confort, quelques détails qui se trouvent dans les Postilles de Nicolas de Lyre : ce dernier insiste sur le fait que la main mystérieuse ne fut visible qu'au roi Balthazar; Darius reconnaît immédiatement la ruse des ennemis de Daniel, etc. ; mais les divergences ne manquent pas : ainsi l'interprétation des paroles de l'enfant Daniel est toute différente. Les Gloses interlinéaires et marginales présentent un cas analogue : Machaut a pu y trouver le nom des deux arbres du jardin de Suzanne : Voilier (v. 35o), rendant le latin ilice des Gloses, pour sub schino, et le lentillier (v. 385), correspondant au lentiscum des Gloses, pour sub prino; mais, d'autre part,