‹ Œuvres de Guillaume de MachautChapitre 7 sur 85 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

l'original latin. Il a simplement recours à la traduction des Métamorphoses, connue sous le nom de YOvide Moralisé, qui date des premières années du xive siècle '. Cependant, tout en suivant d'assez près cette source, il y a introduit des modifications considérables. Il s'est avant tout appliqué à abréger son modèle : non seulement il a supprimé les longues et fastidieuses applications morales que l'auteur de YOvide Moralisé a tirées de chacun des récits d'Ovide, mais il a encore écourté les dialogues trop longs, réduit les descriptions trop détaillées, et rapidement glissé sur les faits d'importance secondaire. Il résume en deux vers (vv. 2323- 2324) la longue complainte d'Orphée devant les portes de l'Enfer 2; il réduit au strict nécessaire le discours parsemé de considérations morales que, dans YOvide Moralisé, la nymphe Cyane adresse à Pluton; la description du verger de Perguse, qui compte dix-sept vers dans YOvide Moralisé, n'en a plus que quatre chez Machaut (vv. 2431-34), dont deux directement empruntés à sa source. D'autre part, il n'hésite pas à ajouter de son propre cru des détails qu'il juge nécessaires : il complète l'histoire d'Orphée aux Enfers par une description des peines qu'y souffraient les principaux criminels, des-

2353-25 16), voy. Métam., V, 346-371 ; la « Mort d'Hercule » (vv. 2683-2742), voy. Métam., IX, 1-272.

1. Ce fait a été mis en lumièro par M. C. de Boer, éditeur de YOvide Moralisé, dans un chapitre de son Introduction (Guillaume de Machaut et l'Ovide Moralisé, t. I ( igi 5), pp. 28-43). Par là même tombent les différentes suppositions qui avaient été faites à ce sujet par G. Paris, Hist. litt. de la France, t. XXIX, p. 5oi, parM.L.Sudre {PubliiOvidii Nasonis Metamorphoseon libros quomodo nostrates medii aevi poetae imitati interpretatique sunt, i8g3, p. 65), et parnous-mème (voir notre t. I, p. lxxx. n. 2). C'est au livre V, vv. 1864-2299 de YOvide Moralisé que se trouve le passage emprunté par Machaut.

2. C'est cette complainte qu'il appelle le « dolereus lay » (vv. 23 14 et 2321) du nom que lui donne YOvide Moralisé lui-même.

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