‹ Œuvres de Guillaume de MachautChapitre 8 sur 85 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

cription qu'il a d'ailleurs trouvée dans une autre partie de l'Ovide Moralisé; ou bien, pour expliquer comment le rapt de Proserpine a pu rester inaperçu, il invente lui-même l'explication qu'il donne aux vers 2454- 2 4.5- '. On voit bien à quoi visent ces modifications. Il veut rendre le récit plus serré et plus vivant, éviter tous les détails oiseux et les digressions inutiles, y introduire, au besoin, un peu plus de clarté, quand l'exige l'intérêt de ses lecteurs, peu versés dans la mythologie antique. Le principe reste donc le même que lorsqu'il s'agissait d'adapter des récits bibliques. La différence est que les « exemples », dans cette partie du poème, forment des hors-d'oeuvre parfaitement inutiles; ils n'ont évidemment pas d'autre but que d'étoffer l'ouvrage.

Avec le vers 2873, Machaut commence son traité De regimine principum ; car il est clair que les conseils, adressés pour la forme au roi de Navarre, s'adressent en réalité à tous les princes. Ils se présentent dans le même pêle-mêle que ceux de la partie précédente et forment un ensemble assez hétéroclite. Des enseignements moraux : maintenir loyauté, toujours tendre à honneur, alternent avec des règles d'hygiène : ne pas trop manger, se lever et se coucher de bonne heure. A des conseils sur l'art de la guerre et sur le gouvernement des royaumes succèdent des préceptes sur la politesse et les lois de la courtoisie, comme de fréquenter

1. Il est très curieux de voir comme Machaut a estropié les noms propres de sa source, ici et ailleurs : La nymphe Cyane s'appelle régulièrement Dyane chez lui; VAscalaphus d'Ovide, devenu Esclalaphus dans l'Ovide Moralisé, est ici ElcJiaîaplius. Mais pourquoi les Danaïdes sont-elles appelées les bêles Dyanes et confondues avec les Furies, les trois filles Belli (v. 2533; 2543)? C'est que la source de Machaut les appelait les Belidienes ou Belidianes, d'après les Belides d'Ovide. Ici, il ne peut plus y avoir le moindre doute sur la source utilisée par Guillaume.

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