V. 2199. Lisez saoulera, pour saoulera
V. 2249. Quel est ce « Lay de bon Espoir 0 auquel Machaut renvoie ses lecteurs? Parmi les « Lays » de Machaut figure un « Lay de bonne Esperence » (édition Chichmarev, n» XVIII, t. II, p. 425 ss.l. Mais il fait partie du Voir Dit (éd. P. Paris, p. 172 ss.), et si nous en croyons Machaut lui-même, il aurait été composé pour ce roman. Il serait par conséquent postérieur de quelques années au Confort d'ami. Ce n'est donc pas à cette pièce que Machaut peut ici renvoyer son ami. Son contenu justifierait d'ailleurs difficilement cette référence. Par contre, il v a un lai de Machaut qui contient exactement le thème poétique auquel l'auteur fait allusion ici et qu'il a développé plus longuement dans le Remède de Fortune : les méfaits de dame Fortune et le réconfort que dame Espérance apporte aux malheureuses victimes de son ennemie. C'est le lai XVII. Précédant celui du Voir Dit dans le groupe des « Lays », il date d'une époque antérieure, et chronologiquement rien ne s'opposerait à l'identification de cette composition avec le « Lay de bon Espoir » dont il est question ici. Il y a cependant une difficulté : La pièce porte, dans les manuscrits, le titre de « Lay de Confort ». L'objection n'est peut-être pas insurmontable. On voit par les « dits » combien même là les titres sont instables et mobiles. Or, les « lays » d'abord ne
portent pas de titre. Ceux-ci ne paraissent pas avant le lai XII, et alors seulement dans une partie des manuscrits (ce qui ne ressort malheureusement pas de l'édition de M. Chichmarev). Il est donc admissible que primitivement, dans l'idée du poète, le lai XVII se soit appelé le « Lay de bon Espoir » ; c'est le titre que Machaut lui donne encore dans le Confort d'ami. Quand, plus tard, les circonstances l'amenèrent à écrire un autre « Lay de bonne Esperence » pour le Voir Dit, il donna au lai XVII un nouveau titre qui n'était pas moins approprié que le premier et qui avait de plus l'avantage de le rapprocher de ce Confort d'ami dont il reproduit certaines idées et dont il forme en quelque sorte l'accompagnement lyrique et musical. Mais le poète oublia ou ne prit pas la peine de modifier dans le même sens la citation qu'il en avait faite dans le corps de son ouvrage.