‹ Œuvres de Guillaume de MachautChapitre 9 sur 85 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

les dames et les chevaliers ou de ne pas jouer gros jeu. Sauf dans la partie consacrée à l'art de la guerre, qui forme un ensemble compact (w. 3097-3492), il est impossible de découvrir ici quelque disposition logique ou quelque idée dominante. Tous ces préceptes sont amenés au petit bonheur, sans la moindre velléité de composition .

Ils reposent, eux aussi, pour une bonne part, sur des réminiscences littéraires. Versé, comme il Tétait, dans les littératures latine et française, Machaut a certainement connu et mis à profit tel ou tel des nombreux traités qui existaient sur ces sujets, sans qu'il soit toutefois possible de préciser sur lequel avait porté son choix. On pourrait songer au Spéculum historiale de Vincent de Beauvais, qui donne (1. XXI, ch. 144) une énumération des devoirs des rois d'après Helinand de Froidmont. Le passage contient en effet une allusion à deux des récits qui occupent une place si importante dans le poème de Machaut, à savoir la légende de la Fournaise ardente et celle d'Orphée, et on peut se demander si ce n'est pas de là qu'est venue à Machaut l'idée d'insérer dans le Confort d'Ami ses exemples religieux et profanes. Pourtant il s'écarte trop, par ailleurs, du texte de Vincent de Beauvais, pour qu'on puisse considérer celui-ci comme son inspirateur direct. D'autre part, Machaut s'est certainement souvenu de certains passages du Roman de la Rose.

Quant aux préceptes sur l'art de la guerre, il connaissait, il va sans dire, le célèbre traité de Végèce, si répandu au xme et au xive siècles, quoiqu'il ne l'ait pas expressément nommé. Il l'aura lu, soit dans le texte latin, soit dans l'une des nombreuses traductions françaises qui en avaient été faites avant son temps ', probablement dans celle de Jean de Meun, la première et

Page 1