‹ Œuvres de Henri de Régnier (volume 2)Chapitre 118 sur 168 · LE DISCIPLE · texte numérisé non relu

LE DISCIPLE

Ainsi qu Alphésibée imite dans Virgile Les satyres dansants que surprend le malin, 0 mon maître, j'essaie, à mon souffle incertain, De retrouver ta voix sur ma flûte fragile.

Que la rose éphémère ou le lierre agile A défaut du laurier me couronne au festin Où, comme tu haussais de ton geste hautain Ta coupe d'or, je lève une tasse d'argile!

Si de quelque beau chant résonne par ma bouche La rumeur éclatante, héroïque et farouche, Que la gloire Vajoule à l'écho de ton nom,

Car la torche allumée à ton bûcher qui brûle A fait seule, au galop sur la pente du mont, Les Centaures s'enfuir devant l'ombre d'Hercule!

Regarde. Dans l'argent, l'électrum ou l'airain, Ou dans l'or pur, selon le pays ou la ville, Tu peux voir ■ — qu'y fixa la frappe indélébile — Le symbole civique ou l'attribut divin.

Ces médailles, trésor que soupèse ta main, Que leur relief soit fruste ou soit parfait leur style, Pièces à fleur de coin de Grèce et de Sicile, Pentadrachme, statère, obole, tout est vain.

Egine, Cos, Chalkis, Cyzique, Syracuse, Tarente ! Le comptoir aujourd'hui les récuse; Le temps ne leur laissa que leur seule beauté;

Si bien que leur métal, pur comme un rythme d'ode, En porte encor, peut-être, avec plus de fierté, L'Épi de Métaponte ou la Rose de Rhodes.

LE MEDAILLIER 325

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