‹ Œuvres de Henri de Régnier (volume 2)Chapitre 12 sur 168 · MIDI · texte numérisé non relu

MIDI

Il est midi... Ce chemin blanc va vers la mer.

Un rayon de soleil par la fenêtre, clair,

Passe et, sur le plancher de la chambre encor fraîche,

Fait luire la poussière étincelante et sèche

Du sable qu'en rentrant les pas ont apporté.

L'air est doux d'un parfum de dimanche et d'été :

Odeur de toile chaude, arôme de résine,

Car, sur le store écru, en ombre se dessine,

Suspendue à la branche, une pomme de pin;

Et le silence est tel qu'il en semble lointain

Et qu'on se croit soi-même absent de sa pensée,

Tandis que, mollement mouvante et balancée,

La Paresse, aux doux yeux baissés et qu'elle a clos

Pour mieux de sa langueur savourer le repos,

Sur le fauteuil d'osier longuement étendue,

Sourit d'être invisible et de se sentir nue.

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