LE TURBÉ VERT
C'est un vainqueur qui dort sous la pompe persane De ces riches carreaux dont l'enduit transparent, En sa couleur changeante et son reflet errant, Montre des fleurs d'émail que nul hiver ne fane.
Mais à quoi bon avoir, pour la foi musulmane, Par le sabre imposé la règle du Coran, Et que t'aura servi ce tombeau, Conquérant, Puisque le vil talon du giaour le profane?
Malgré ta gloire, ô Mahommed, tu n'es plus rien ! Ton nom fait-il songer à son éclat ancien Cette fillette assise à l'ombre d'un platane,
Et qui, l'œil mi-voilé lorsque passe un chrétien, Caresse, en regardant ton Turbé de turquoise, Le petit lièvre roux que sa main apprivoise?