‹ Œuvres de Henri de Régnier (volume 2)Chapitre 14 sur 168 · AUTOMNALE · texte numérisé non relu

AUTOMNALE

Je ne veux plus chanter que toi, ô bel Automne,

Salut aux feuilles d'or dont ton front se couronne !

Avril les a fait naître aux arbres rajeunis,

Août voluptueux a couché ses midis

A leur ombre, et ce sont tes soleils, ô Novembre,

Qui les rendent couleur de miel, de cuivre et d'ambre,

Et c'est pourquoi ton pas au sable du jardin,

Automne, est à la fois si proche et si lointain,

Car l'Été continue en ta grâce pâlie

Son ardeur qui se mêle à ta mélancolie,

Et sous ton voile, Automne, ô mon frère, j'entends

Battre en ton cœur le cœur endormi du Printemps.

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