AUTOMNALE
Je ne veux plus chanter que toi, ô bel Automne,
Salut aux feuilles d'or dont ton front se couronne !
Avril les a fait naître aux arbres rajeunis,
Août voluptueux a couché ses midis
A leur ombre, et ce sont tes soleils, ô Novembre,
Qui les rendent couleur de miel, de cuivre et d'ambre,
Et c'est pourquoi ton pas au sable du jardin,
Automne, est à la fois si proche et si lointain,
Car l'Été continue en ta grâce pâlie
Son ardeur qui se mêle à ta mélancolie,
Et sous ton voile, Automne, ô mon frère, j'entends
Battre en ton cœur le cœur endormi du Printemps.