L'ILE
Sous la lumière d'or que le soleil tiédit Et qui brille, s'épand, se disperse et ruisselle Sur la mer, dont au loin l'azur lisse étincelle, L'île en un clair sommeil doucement s'engourdit.
Silence. Pas un vol dans le ciel de midi
Ni dans le bois obscur où ne bat aucune aile.
Le temps semble immobile en une heure éternelle
Qui brûle, se consume et toujours resplendit.
Pieuse et verte, auprès du rivage dalmate,
Où, comme un fruit, Raguse en ses vieux murs éclate,
Elle étage ses pins autour de son couvent;
Et, dans l'air pur qu'imprègne un parfum balsamique, Cime à cime, parfois, d'un frisson, on l'entend Palpiter tout entière au souflle adriatique.