LE CLOITRE
Fruit de l'heure, éclatant dans un bronze trop mûr, La grappe de midi s'égrène au campanile, Et le soleil vineux ruisselle sur le mur !
L'été brûle alentour la campagne et la ville; Le marbre qui la pave est, au talon, du feu, Tandis que cuit au toit la braise de la tuile.
Le ciel est presque sombre à force d'être bleu,
Une tristesse ardente accable le silence
Où les cloches d'or lourd se taisent peu à peu.
Il fait chaud. Mon ombre me pèse, et je commence, Dans un vertige, à voir le cloître tout entier Qui semble, de soleil ivre jusqu'à la danse,
Autour de moi tourner au pas de ses piliers.