‹ Œuvres de Henri de Régnier (volume 2)Chapitre 38 sur 168 · LE CLOITRE · texte numérisé non relu

LE CLOITRE

Fruit de l'heure, éclatant dans un bronze trop mûr, La grappe de midi s'égrène au campanile, Et le soleil vineux ruisselle sur le mur !

L'été brûle alentour la campagne et la ville; Le marbre qui la pave est, au talon, du feu, Tandis que cuit au toit la braise de la tuile.

Le ciel est presque sombre à force d'être bleu,

Une tristesse ardente accable le silence

Où les cloches d'or lourd se taisent peu à peu.

Il fait chaud. Mon ombre me pèse, et je commence, Dans un vertige, à voir le cloître tout entier Qui semble, de soleil ivre jusqu'à la danse,

Autour de moi tourner au pas de ses piliers.

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