‹ Œuvres de Henri de Régnier (volume 2)Chapitre 72 sur 168 · AUTOMNE · texte numérisé non relu

AUTOMNE

Les matins de printemps ont des douceurs légères Qui font que, si l'on aime, on croit qu'on est aimé, Car on entend chanter parmi les primevères Les fontaines d'avril et les oiseaux de mai.

J'aime les jours d'été dont l'aurore est si belle Que la fleur s'illumine et que la feuille luit, Et au'on pense, tant leur clarté semble éternelle, Qu'ils n'auront pas de fin et qu'ils seront sans nuit;

Mais je préfère encor les rouges soirs d'automne Dont la pourpre flamboie à l'horizon en feu, Parce que notre cœur en sa cendre s'étonne D'avoir été pareil à leur ardent adieu 1

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