‹ Œuvres de Henri de Régnier (volume 2)Chapitre 99 sur 168 · L'AMOUREUSE · texte numérisé non relu

L'AMOUREUSE

Celui qui le mieux plaît à mon cœur solitaire, De tous les beaux jardins qu'ont visités mes pas, C'est vous, que je revois en le nommant tout bas, O cher enclos, dont l'ombre est pleine de mystère !

D'autres sont plus que vous, ô petit coin de terre, Embaumés de jasmin ou fleuris de lilas, Mais, malgré leurs bosquets et leurs eaux, ils n'ont pas Le charme familier de votre humble parterre.

Quelques ruses qu'aucune rose n'égala,

Auprès du bassin clair, y poussent çà et là;

Nul parfum ne m'est doux que leur odeur lointaine,

Car dans mon souvenir, ô roses du jardin, Vous mêlez votre arôme au chant de la fontaine Où l'amour effeuilla la fleur de mon malin.

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