‹ Œuvres de Henri Heine (volume 2)Chapitre 8 sur 9 · I. ai · texte numérisé non relu

I. ai

Quand le lendemain^ le soleil sourit radieusement du haut du ciel ^ je sentis s'évanouir tout-^-fait les émotions et les pensées lugubres que la procession de la veille avait soulevées en moi , et qui m'avaient fait voir la vie comme une maladie, et le monde comme un hôpital.

La ville entière fourmillait de peuple en gaité, d'hommes endimanchés, parmi lesquels sautillait de temps à autre un noir prétraillon. La

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foule mugissait, riait et bavardait au point qu'on n'entendait presque pas le carillon des cloches , qui appelait à la grand'messe dans la cathédrale. Celle-ci est une belle et simple église, dont la façade, en marbre de toutes couleurs , est ornée de ces petites colonnes courûtes, étagées les unes sur les autres, qui ont l'air simélancoliquemeilt spirituel. Dans l'intérieur, les piliers et les murs étaient revêtus de drap rouge, les sons d'une musique joyeuse se ré»> pandaient sur les ilôts de la foule. Je donnais le bras à la signora Francesca , et quand je lui présentai en enti*ant l'eau bénite, et que le doux attouchemient de nos doigts humides électrisa nos âmes, j'éprouvai au mêmeinstant à la jambe une autre commotion électrique. D'eflfroi, je faillis trébucher sur les paysannes agenouillées, qui , entièrement vêtues de blanc , chargées de longs pendants d'oreilles et de chaînes d'or jaune , couvraient le pavé en groupes serrés. En regardant autour de moi, j'aperçus encore une femme agenouillée qui s'éventait , et derri^e l'éventail je découvris les yeux mo* queurs de mylady . Je me penchai vers die , et elle me dit à l'oreille avec un souffle languis^ saut t ^DeUghtfuU !

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— Au nom de Dieu ! lui dis-je tout bas , demeurez sérieuse, ne riez pas; autrement on nous mettra à la porte. Mais, prières et instances, rien n'y fit. Heureusement qu'on ne comprenait pas notre langage , car lorsque mylady se leva et nous suivit à travers la foule jusqu'au maître -autel, elle s'abandonna à ses foliés boutades , sans plus d'égards que si nous eussions été seuls sur les Apennins. Elle se' moqua de tout , et même les pauvres tableaux des murailles ne furent pas à l'abri de ses traits.

— Voyez donc , dit-elle , lady Eve , née de la côte, comme elle devise avec le serpent. Ce fut une fort bonne idée du peintre d'a^voir donné au serpent une tète et un visage d'homme; cependant il eût été encore plus spirituel de parer de moustaches militaires ce visage séducteur. Voyez là-bas, docteur, l'ange qui annonce a la bienheureuse vierge son respectable état , et qui sourit en même temps avec tant, d'ironie. Je sais ce que pense ce ruffiano. Et cette Marie, aux pieds de laquelle s'agenouille, avec ses cadeaux d'encens et d'or, la sainte alliance de l'Orient, est-ce qu'elle ne ressemble pas.â la Catalani?

Signera Francesca, qui , ne connaissant pas

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Tanglais, ne comprit de tout c6 babillage que le mot Catalaniy se hâta de remarquer que la dame dont notre amie parlait ayait aujourd'hui réellement perdu la plus grande partie de sa renommée* Notre amie ne se laissa pas déranger , et continua à commenter, même les tableaux de la passion, y compris le crucifiement, morceau capital , dans lequel on avait représenté , entre autres , trois personnages sots et inactifs , qui assistaient , fort à leur aise, au martyre du dieu : mylady voulait à toute force que ce fussent les commissaires subdélégués d'Autriche, de Russie et de France. Ce fut saint Joseph qui eut à souffrir le plus. Elle fit les observations les plus folles sur une Fuite en Egypte, où Marie, avec le bambin, est assise sur râne, pendant que le conducteur, saint Joseph, trotte derrière. Mylady soutint que le peintre avait voulu exprimer une certaine conformité entre ce conducteur et le quadrupède. Tous deux, en effet, laissaient tomber les longues oreilles de leurs têtes mélancoliquement courbées. — Oh, quel embarras inoui est celui de ce pauvre homme ! s'écria Mathilde. S'il croit que le Bon-Dieu a daigné se faire son collaborateur, il a de quoi se donner au diable ; s'il ne

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le croit pas, il est hérétique, et revient au dia«* ble tout de même. Quel effroyable dilemme !

C'est pour cela qu'il baisse si tristement la tête. Et ils ont encore orné cette tête d'une auréole qui ne ressemble pas mal à des cornes rayonnantes. Que le sort de ce pauvre conducteur d'âne me touche! Jamais, jusqu'à ce jour, je ne m'étais sentie aussi émue dans une église.

Pourtant , les vieilles fresques que laissaient voir sur les murs les ouvertures du drap rouge eurent, jusqu'à un certain point , par leur sérieux intime, le pouvoir de. réduire au silence la moquerie britannique. H y avait là des figures de ces temps héroïques de Lucques dont il est question si souvent dans les ouvrages de Machiavel, le Salluste romantique, et dont l'esprit s'exhale avec tant de feu des chants du Dante, l'Homère du catholicisme.

Les sentiments rigides et les pensées barbares du moyen-âge parlent haut sur ces physionomies, encore qu'on sente flotter sur plus d'une bouche muette de jeune homme le riant aveu que toutes les roses ne furent pas alors de pierre, ni toutes voilées de crêpe. Les paupières dévotement baissées de mainte madone de ce temps laissent échapper de même un cligne-

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ipent aipoiireux, aussi fripoii que si elles eus* sent envie de nous donner un second bambin. ^ Mais c'est, dans tous les cas, un esprit élevé qui noup pl^t dans ces vieux tableaux florentins ; c'est le vrai caractère héroïque que nous reconnaissons aussi dans les statues de marbre des dieux grecs, et qui ne consiste pas, comme nos esthétiques le prétendent, dans un calme éternel sans passion , mais,' au contraire, dans une éternelle passion sans trouble. Ce vieil esprit florentin se révèle encore, peut-être comme un retentissement traditionnel, dans quelques tableaux à l'huile d'une époque postérieure, qui sont suspendus dans le dôme, à Lucques. Je fus surtout charmé par une Noce de Cana , d'un élève d'André del Sarto , ouvrage d'ailleurs un peu durement peint , et modelé avec raideur. Le Sauveur ^st assis entre la tendre et belle fiancée , et un pharisien , dont la figure , semblable à une table de pierre de la loi, s'étonne de voir le prophète génial qui se mêle avec sérénité aux heureux, et régale la société de miracles plus grands encore que les miracles de Moïse; car celui-ci ne put, quelque fort qu'il frappât le rocher, en faire sortir que de l'eau, tandis que l'autre n'eut qu'un mot à

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dire , et les cruches se remplirent du meilleur vin . Bien plus tendre, et presque d'une couleur vénitienne, est le tableau d'un inconnu, suspendu à coté, et où. le coloris le plus aimable est éteint d'une façon singulière par le sentiment doulou* reux qui y domine. Il représente Marie-Madeleine prenant une livre d'onguent du nard le plus précieux, dont elle parfuma les pieds de Jésus, qu'elle essuya ensuite avec ses cheveux. Le Christ est assis là, au milieu du cercle de ses disciples, dieu beau et spirituel, douloureusement affecté comme un homme. Il sent un frisson de pitié pour son propre corps, qui subira bientôt tant de souffrances, et auquel on rend dès à présent l'honneur des parfums, réservé par l'usage aux morts, et qui lui appartient déjà. Il laissé tomber un sourire triste sur cette femme agenouillée qui, poussée par un pressentiment d'inquiétude amoureuse, accomplit cet acte charitable, acte qui ne sera jamais oublié tant qu'il y aura des hommes souffrants, et dont les parfums se répandent sur tant de siècles. Â l'exception du disciple selon le cœur du Christ, et qui, seul, nous rapporte cette action, aucun des apôtres n'en parait comprendre le sens ; et l'apôtre à barbe rousse semble même,

coinnie dans l'Écriture, demander d'une manière chagrine pourquoi l'on n'a pas vendu ce nard trois cents deniers, qu'on aurait distribués aux pauvres. Cet apôtre économe est celui-là même qui tient les cordons de la bourse. L'habitude des affaires d'argent l'a tellement émoussé pour tout ce qui est parfum d'amour désintéressé, qu'il le troquerait contre des deniers, dans un but utile. Aussi bien, est-ce ce changeur de deniers qui trahit le Sauveur pour 3o deniers d'argent. Ainsi, l'Évangile a signalé symboliquement, dans l'histoire de ce banquier ' des apôtres,4a puissance de séduction qui nous tend un piège dans tout ^c d'ai^ent, et il nous a mis en garde contre les hommes d'argent :

tout riche est un Judas Iscariote.

— Vous faites, cher docteur, la grimace mal dissimulée d'un croyant, me dit mylady. Je viens de vous observer, et, pardonnez-moi si je vous offense , mais vous aviez tout l'air d'un bon chrétien.

— Entre nous, je le suis; oui, le Christ...

— Allez-vous croire peut-être que c!est un

dieu ?

— Cela va sans dire, ma bonne Mathilde.

C'est le dieu que j'aime le plus; non parce qu'il

334 REISEBILDEn.

est un dieu Intime, dont le père était déjà dieu , et gouverna le monde depuis un temps immémorial, mais parce que, bien qu'il soit né dauphin du ciel , il a pourtant les sentiments démocratiques, et n'aime pas le faste courtisanesque, parcequ'il n'est pas le dieu d'une aristocratie de pharisiens doctrinaires ni de lansquenets galonnés , mais bien un modeste dieu du peuple , un Bon-Dieu citoyen. En vérité, si le Christ n'était pas encore dieu, je donnerais ma voix pour qu'il le fût , et bien plus volontiers qu'à un dieu absolu et imposé, je lui obéirais, à lui, le dieu élu, le dieu de mon choix.

L'archevêque, vieillard grave, célébra luimême la messe, et je doisi^vouer de bonne foi, non-seulement moi, mais en quelque sorte mylady aussi, nous fûmes secrètement touchés par l'esprit qui respire dans cet acte religieux, et par la dignité de cet homme vieux qui l'accomplissait. — Oui, tout homme âgé est d'ailleurs par lui-même un prêtre, et les cérémonies de la messe catholique sont en même temps d'une si grande antiquité , qu'elles sont

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peut-être la seule chose qui se soit consenrée depuis l'enfance du monde, et réclame la piété de tous Jes hommes , comme souvenir de nos premiers ancêtres. — Voyez-vous , mylady, lui dis-je , chaque mouvement que vous apercevez ici, la manière de joindre les mains, d'étendre les bras , ces génuflexions , ces ablutions, ce droit d'être encensé , ce calice , même tout l'habillement de cet homme, depuis la mitre jusqu'à la frange de l'étole, tout cela est du vieil Égyptien ; ce sont les restes d'un sacerdoce sur l'étonnante existence duquel les plus anciens documents ne nous rapportent que peu de chose, du sacerdoce le plus antique, qui découvrit la première sagesse, inventa les premiers dieux, fixa les premiers symboles, et par ({ui l'humanité. ...

— Fut trompée pour la première fois, ajouta mylady d'un ton amer, et je crois, docteur, que de ce premier âge du monde il ne nous est rien resté que quelques tristes formules de fourberie; et elles sont encore eflScaces aujourd'hui. Yoye&^vous en effet là-bas ces figures si sottement sombres, et ce gaillard qui se tient bêtement à genoux , et qui , avec son bec largement ouvert , a l'air si ultra bête !

— Pour l'amour de Dieu! lui répondis-)e doucement , qu'importe que cette tête soit si peu éclairée par la raison ! que nous fait cela, à nous? qu'est-ce qui vous irrite là-dedans?

ne Toyez-Tous pas tous les jours des bœufs, des vaches, des chiens, des ânes qui sont aussi bêtes , sans que cet aspect dérange le moins du monde votre tranquillité d'humeur, et vous emporte à des mouvements bilieux !

— Hélas ! s'écria mylady, c'est tout autre chose; ces animaux portent des queues par derrière, et je me fâche, de voir que ce drôle, qui est aussi bestialement bête qu'eux, n'ait pourtant pas une queue par derrière.

— Oui , c'est tout autre chose, mylady.

Il y eut après la messe encore des choses de toute espèce à voir et à entendre , surtout le sermon d'un moine grand et carré , dont la face hardie, impérieuse, antiquement romaine, jurait si étrangement avec son grossier froc de mendiant, que cet homme avait l'air d'un enoipereur de la pauvreté. Il prêcha sur le ciel et l'enfer, et entra quelquefois dans l'enthousiasme le plus furieux. Sa description du ciel fut chargée dans un style tant soit peu barbare,

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et il y eut beaucoup d'or, d'ai^nt , de pierreries , de mets recherchés et de Tins des meil«* ieures années : sa bouche humait alors avec un air d'élu, et il se démenait ayec délices dans sa robe quand ^ parlant des petits anges à petites ailes blanches, il se figurait être lui-même un petit ange à petites ailes blanches. Sa peintAre de l'enfer fut moins divertissante et même d'un sérieux un peu {«*atique. Cet homme était là beaucoup plus dans son élément. Il s'échauflPa surtout à propos des pécheurs qui ne croient plus aus^ chrétiennement aux vieilles flammes de l'enfer^ et prétendent même qu'elles se sont un peu Refroidies dans les derniers temps, et s'éteindront bientôt tout-à-fait* ^^ Et si l'enfer était sur le point de s'éteindre , s'écria^tnil , je raviverais atec mon haleine les derniers char«bons étincelants , pour leur rendre leurs flammes et leur ardeur antiques^ -^ En entendant la vdin qui, semblable au vent du Nord, hurlait CJBS parbles, en voyant le visage en feu , le col rouge à carrure de buffle, et les larges poings de l'homme, on ne pouvait tenir pour une fay<- {lerbole cette naienace infernale.

— / iike itdê mun (j'aime cet homme), dit mylady.

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— Tous ayez bien raison, répondis-je, et il me platt bien plus qne beaucoup de nos doucereux médecins d'âme à méthode homéopathique, qui délaient un dix millième de raison dans un seau d'eau morale , et nous administrent cette décoction tous les dimanches.

A- Oh ! oui , docteur , j'ai du respect pour son enfer; mais je n'ai pas grande confiance dans son ciel, d'autant plus que j'ai conçu de trè8-4)onne heure des doutes secrets à l'aspect du ciel. Étant encore fort petite , à Dublin , je me couchais souvent sur le dos, dans le gazon, et me demandais si le ciel pouvait réellement contenir autant de magnificences qu'on le disait. Mais, pensais-je, comment se fait-il que , de toutes ces magnificences, il n'en tombe jamais rien par terre , par exemple un pendant d'oreille en diamant ou un colli^* de perles , ou au moins un morceau de gâteau d'ananas, tandis qu'il ne nous vient toujours de là haut que de la grêle, de la neige ou de la pluie ordinaire ? Cela n'est pas dans l'ordre , me disais-je

— Pourquoi dire cela , mykdy ? Pourquoi, plutôt, ne pas taire ces doutes ? Lès incrédules qui n'admettent pas de ciel ne devraient pas

faire de prosélytes. Il est moins blâmable et même digne d'éloges, le prosélytisme de ces gens qui ont un ciel superbe dont ils ne veulent pas gurder. en égoïste les splendeurs pour eux seuls, qui invitent en conséquence leur prochain à en venir prendre sa part, et n'ont pas de cease que celui-ci n'ait accepté leur bienveillante invitation.

— Je me siw toujours étonnée, docteur, que la plupart des ricliM de cette espèce que nous voyons affidrés avec tant de zèle, comme mem*bres des sociétés de conversion à rendre digne du ciel quelque vieux mendiant juif, pour y jouir de son aimable société, ne pensent pourr tant jamais à lui faire partager dès à présent leurs jouissances fiur cette terre, et par evempie ne l'iavitent jamais pendant l'été à leurs maisons de campagne, où il y a certainement de friands morceaux que le; pauvre diable savourerait avec autant de plaisir que s'il les avait dans le cieL

— Gela s'explique , mylady. Les jouissaiices célestes ne leur coûtent rien, et c'est un double plaisir de pouvoir rendre heureux à si bon marché notre pMchaki. Mais les incrédules, à quelles jouissances peuvent«ils inviter quelqu'un?

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— Â jrien , docteur , li ce a'^est à un long et tranquille sommeil, qui peut encore parfois être d'un grand prix p(Hur un malheureux, surtout quand il vient d'être un peu trop persécuté par de pressantes invilntkms^ pour le ciel.

La bdile personne dit ees paroles avec un accent piquant et amer, et ceine fut pas sans quelque .sérieux que je lui lépoiMiis : •-* Chère Mathilde, dans nuss aoticms.sur cette- teorre , )e m'inquiète fort peu de rexistencèdu ciel et de Tenfer ; je suis trc^ grand «t trop «orgueilleux pour que Fambitioa des .réoompenses eâestes ou la orasDfte des peines infemales puisse me diriger. Je tends Terslebien, parce qu'il est beau et m'attire d\ine façon irrésistible, et)e <Mteste le mal, parce qu'il est laid et me répu<gna. Étant encore- éoolier, quand je lus Plutarque (et )e le lis encore aujourd'hui tous les soirs dans mon lit, et il me preird souv^it des envies de sauter à bas et de prendre la poste pour devepur un grahd homipe) /jefus dès lors dvarmé par le tirait dis dette femond qui-ieburut far les rues d'Alexandrie aveo ome outre pldihe d^eayi dans une main!, et une^ torolie allumée diâas l'bulye^ oFiaht*âuii:faommes /qu'elle you^

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lait avec oetteem éteindriô l'enfer, et avec c^tté Iwche iooeadîdf le cfei» afin <|iie déscKrmdit» Q|i 1^ ^'al>fltlnt plu» du mal par la seule craiate du c^timiept , et qu'on ne pratiquât plus le bien en vue des récompenses. Toutes nos actions doivent jaillir de la source d'un amour désintéressé, qu'il existe ou non continuation d'existence après la mort.

— Alors, vous ne croyez donc pas non plus à l'immortalité?

— Oh ! vous êtes subtile, mylady ! Moi , en douter? moi dcint le cœur pousse chaque jour des racines plus profondes dans les milUers de siècles du passé et de l'avenir ; moi qui suis un des hommes les plus éternels, dont chaque souffle est une vie éternelle , chaque pensée une étoile éternelle..., je ne croirais pas à l'immortaUté!

— Je pense , docteur , qu'il faut une bonne dose de vanité et de présomption pour , après avoir joui sur cette terre de tant de bonnes et belles choses , demander encore au Bon-Dieu l'immortalité par^dessus le marché ! L'homme, cet aristocrate parmi les animaux, qui se croit meilleur que toutes les créatures, ses sœurs, voudrait bien arracher aussi au roi du monde

344 REISBBILDER.

ce privilège d'éternité, par dès èhânts, des louan* ges, des génuflexions et des prières courtisanesques. . . Oh ! )e sais bien ce que signifie Votre mouyement de lèpres , monsieur Fimmortel !

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.. SigiMMra,tiouB:pria de raccompagna aa^cou-» «eut ,où roB'OOaaerye la croix imraGifleuBe^ la €£oix la plus remarquable de toute la Toscane. £f il éfait temps <pie aous i^^ittasaionfr tla. C9tf thédrale, car les. folies de mylady auraient' fitoi pourtant par >noitt jeter dans jqii^que^tobarras«. C'était une source jsiiUiflsante^ de ' verre caustique , rien .que saillies; délideiisem^nt^ea^r traf?ag^ites, «wsi témérfdres: que- de îieuifto

546 REI8EBILDER.

chats qui bondissent au soleil de mai. Au s<uy tir de Féglise, elle trempa trois fois le doigtdans l'eau bénite, m'aspergea chaque fois, et murmura : — Dam zeffardeyim Kinniml ce qui, suivant elle , est la formule arabe au moyen de laquelle les sorcières changeaient un homme en béte.

Sur la place du Dôme , manœuvraient une grande quantité de troupes en uniforme presque autrichien, et commandés à l'allemande; du moins, j'entendis en allemand les commandements : Présentez armes I arme au pied ! en joue! tournez droite I halte I Je crois que chez tous les Italiens , ainsi que chez quelques au*tres peuples d'Europe , on commande en allemand. Devons-nous en tirer, nous autres Allemands , quelque vanité ? Avons-nous tellement oMnmandé danale laèiiAa^- qpe4^aBeii>od en aéit devéÉra la langue dd loonuirandemeiit ^ mi bienv'^iioué hdiSDQs-wMM teHonreBftiaoïiunmN dBr,;'^es0B Jdit'la lai^futiiidlefiiafidè 4fae^ IV bâbionoe oonoqparisnaele'nileus'îl >< '> .^)i>.i *

iMyiadjr ne pfratt Auttement^ami»: dm pê/Ê^ des 'et des revHésr'eHv'aiMis' en â(ii||b>a afec une cviânte irdolqvei ^^4^ le n'aime pi^, ékt* éàtihd voisHiigedbfparaib hnsHne» âwtam

cdieat en ligne! ^ en grand momfere ^ > cornàvë danS' lea manœuvncs extraoïdimirëâi Si dorisi ces quelques^ milie hommes ^ il. y eu «vait' un que de^nt gaUteineat iéuv eH m'étendlt âioffl^» sur la plaice ayeo Tanno qii'iiitkpit tnatë.ppête à; la. maiik? Ou bien -^ s£ qiicli[irB : autf e 9 * de^^* nanlitinit dinnconp ràisoiinàble^ sedifait s -^^^ « Qia'a»-tii>àfnsqiier , :à petdiie^ quand hieh m&ne on to tarait là iâe?''Gielr- autre mated^ qul^fk ttoiM xpmaifit'aprè^ la iniort^ ^«iit-ne pas être .aussi brillant qWon Ir dit^'oe- ptMt tfjf tr9ttteU^awssi'flnsliqiiet|HHsiU6vi^ pourra t'y.d^ni^r teçiiisiquè tum réçoiyicibafr maibsi dfS')riaL'lp*ettl3et!!S'-paé ')oii|*;*j//>iiUoi^ paflse»ti>Lic6ttà fantaisie^. >et tue-mbi celtes pef^ tî«^ Ângbîse au nezlimpertiaeirt t * Nff'uàîsife; donc pas là dans, le jfttis gvami idMi^r^ 8^ ^é^ taifi^ jroi', jo {Kaildgadais^iiieS' abldattf^eiV'iliifitdiasses; ^ Le» luÉa^ ]é' ÏM feMÎs) (cvoire à^Flibaièd^ talité de Tàme , pour qu'ils eussent. dis ^ona^e^ dsfesi»Ie'Q9nibat^ el ne ràdohlosseutipaç?.!» nsclrt, et }eï IfiÉ ^ elttfjialf vais unlqu€faiHiil( ' é- ià^ Ifuemièb LeS' autres ^- )0>lés.césârN^enis:ipaiÉr!3eBf*paifadys' elfîles rèvuas;;'et^ dfln qU'il*>lié'>T^nitq}HV3à'*Mès-', pvîlr^è €eite-€!^<qu%torneîariafueraMm/0ieA^

348 REISlBiLDER.

tiicff quelqu'un pMur patier le temps , je leur défendrais, sous peine de niort^ de croire é Timinortalité de l'àme; je leur donnerais même encore un peu de beurre avec leur pain de munition, pour leur faire aimer la vie. Tout au contraire, pour les premiers, ces héros im» mortels, )e leur rendrais la Tie très-am^«, afin qu'ils apprissent à «la mépriser comme il faut, et A considérer la bouche des canons comme rentrée d'ttn«monde meilleur;

'. «~ Mylady , lui dis^e^ tous seriez «i 'mau«7ai$ aoiftveiain. Voué -saiiev peu régner, et vous n'ientendcE absolument: rien .«b |iiolitii|tte. Sr voiis aviez lu mes jinnak» fieiitifum. • . •

-***- Je comprends tout cela peul^étre mieux qucTOUs^ cher docteur. Dé très4iiiniie 'heure, )'«i cherché à m'instruire là^essns. Quand j'é^ tais encore petite, à Dublin... — Et .que fêtais couchée sur le dos, dans rherbe,.et que jer réfléchissais, ou que je neréfléchissate pas, comme àBLamsgata... ^

, Un. regard , sendilable à \m léger repreicfce d'ingratitude, tondba des yeux de taiylady; mais dle.'se. remit à s<mrire, et-crentihua ^ ^^--^ Quand )'étUia;enoore petite, à Dublin,' et que je pou^ vaia «l'asseoir sw^un-petit coin du tabouret

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où^ma mère appuyait se» pieds, î'avaistoajours à faire taatas sortes de questions sur ce que les tailleurs , les covdonmers , les boulangers ^ enfin tout le inonde ayait à faire dans le mon* de. Et ma mëre m'expliqua que les tailleurs* faisaient les habits ; les cordonniers^ les sou* liers ; les boulangers, le pain. • . Et quand je demandai ensuite ce que-fiûsmeaA les rois , ma mère me répondit-, ils gou?ement. ^ — Saisrtu bien, chérie maman, lui dis^jé almrs, que si j'é^ tius roi , :)'wsaièrais une fois de passer tout un joursans gouTemcir,'pour nmr quelle mine aurait alors le monde. «^Machèreënfant, népondit mamëre, c'est'oe:qùe iaat dusai IdejauoeMp^îâe raîs^etyonis'enapeffôitbien^iV '

^^ En irérité, mylaciy^ votre màrër avait 'rai^ son. Il y a surtout ici ^i Italie de cté roia ^ ^ Kon:s'en aperoûit bien enPiémont'^ à Naples* . .

-*- Mais, cher docteur , il ne &tit pas trop en Tomloir à un: semblable aoi italien s'il lui airive aoayent :de. ne pas gouverner de tout le )Qur> à cause^ de ia) chaleur; .eapessi)ire« llr^âraifr seulenieut àuccaînidre que le» omboiiwlf:!!^ profitass€»t ,d/un. pareil jpur, carJ'iki:Siirtolit fait aitcwtion .dat^s œ» derniws tcAp^ que )ea rà9c4«MfiQas>|iFaienttewiours.6c^té Qe«|pur0T)à

3Ô0 REISBBIIDER.

OU Vàn de gouTemait pas J Si- les caahauain ^e^ iMient une fois à Èe troniper,' et à îordira que c'est jour injgfottyemable ^ tancMs' cfoev tioûtre toute attente, on gèuVemenfit^ ils y po'dratônt kursi téte»^ Les csiiioliari'iie pemreiKt dency BEiettrewsez de :pi^denoe^ etiSleuk* importe <kt recnarquev bMi exacteoàent le l!em]|^» conye^ nable. Mmie,' Im icenftraùre, iephMvgrasid art de lai fiolitiqtie des. vois >lx>nâiMe à bien toair secret fafrîoursoà ilsine gonMsment* ^làa , et à se mettre cpielquefoi» ces }oiirs4Jira«r la ohaise gonveniement^eiyaie fût-ce querpoufftaîUardes j^lbmes ou tnefaetev dèsâéttves^: ott régler dtipa^ piier blanc, tt itou t pour l'apparâMe,.e&i:qfiie le peuple du dehors, qui regarde éuria\ft sèment pM"lê» fenêtres ditf palais , 'croie trèsN^ertuneilieiit qu'il est goîÉMtiié.

SehjâhQit iqde ee»l6bsei!vèlSêiM se -jouaient spr la^ié bduebef fiueidë Mathikfe, mr^éurire d»^béatilodaépano«fieiiBiiiltnt MrlesltéfveB de fdse d0> Fmanoescai Eile*>parlaijb.pea)$: mais sa déniWcliè »'«VEait plus œSt air^'^aatnt'de biènbiMreiiee al)éégirtion>MrMir'pMeédettt$ elle s*^iïtabi^te plat^' kwec^ une viclerieasê as^ Mt^imitil dtaaque pAB semblât une iiistfiire de ^rMapettes^ fT^tHàit pouttailt un tt4om|»feië^)M

spirituel que temporel qui s'annonçait dans tous ses mouvements ; elle ressemblait presque à une église triomphante , et autour de sa tête rayonnait une auréole invisible. Mais ses yeux, souriant comme au travers des larmes, avaient repris un enfantillage tout mondain , et dans cette foule bariolée dont les flots roulaient autour de nous, pas une seule pièce d'habUlement n'échappa à son regard scrutateur. Ecco I était alors son exclamation. Quel schall ! le marchese doit me donner un pareil cachemire pour me faire un turban quand je danserai Roxelane.

Âh ! et puis il m'a promis aussi une croix en diamants !

Pauvre Gumpelino l tu te décideras facilement pour le turban, mais la croix te fera passer plus d'une heure amère. Mais signora te <PWin«l»tma /«t te itn6tira à la torture ffettdbnt ai.lQt^tMDpA#<^e;t»iifim]fldB<par t'jFi^sidei*. I

•-.ri * ■ ,* . II.* - 1 • ♦ . • . '.\ t t >

. L'église où Ton fait voir la ^rèix mlrAeulèiise de.Luoqnes, appartient à ûa olottre dont je ne me rapelle pas le nom.

Lors de notre entrée dans Téglise , il y avait devant le maltre-autel une douzaine de moines agenouillés et priant en silence. Seulement ils jetaient de temps à autre , comme en chœur^ quelques paroles entrecoupées qui résonnaient d'une manière presque effrayante dans les ga-

Imes solitaires. L'église était sombre , et de petites fené^es peintes laissaient seules tomber un )Oiu* diapré sur les tètes chauves et sur les froos bruns. Des lampes de cuivre jetaient uxie lumière avare sur les fresques noircies et sur les tobleaux d'autel; des murs sortaient des téteé de saints de bois , peintes crûment, et auxquelles la lumière douteuse prêtait comme un ricanement de vie. Mylady se mit à ciier^ et montra sous nos pieds une pierre funéraire présentant en relief la raidé figure d'un évéque , avec mitre ,-crosse , les mains jointes et le nez cassé. — Hélas ! nous dit*«lle tout bas, je viens moi-même de heurter rudement ce nez de pierre, et, à présent, il va m'apparaitre cette nuit avec son nez écrasé.

Le sacristain , moine pâle et jeune , nous montra la oroix merveilleuse et nous raconta les miracles qu'elle avait faits.* Capricieux comme je suis, je n'ai peut-être pas fait en cette occasion une figure d^in^rédule; j'ai de temps à autre des accès de loi aux miracles , surtout là o A le lieu«t l'heure la favorisent. Je crois alors que tout^ dans ce monde, «st mira** cle,. et que l'histoire universelle est^unel^ende. Fu»*je:àtt^nt-de la foi contagieuse de Fran-*

354 REISSBIIDER.

oesça^ qui baisa la croiic Àtec un emporlemeitt d'exaltation? Mais je me aentis en même temps choqné qpw la raillerie non moins emportée de la mordante Anglaise. Peu^tre cette dispo-* sition railleuse me bless»"t-«lle, d'autant jrf» que )e ne m'en sentais pas tout^à^fait exempt moi-*même, et qu'elle me semblait alors qmU que chose de peu louable* On ne peut nier en effet que la moquerie ^ le plainr de ia contaraH diction, porteen soi quelque chose de méchaat, tandis que le sérieux s'allie davantage arec ks meilleurs sentiments : la inertn, l'amour de la lE»erté ^l'amour lUMnôme, ioat fort sè^ rieux* Pourtasit^ il y a des GdBun<^à là plaisant tcsrie et le sérieux , la malice et la bonté , la verve pétulante et la.lnofgUe, a'amalgamenl d'une façcm Bi bizarre, qu'il est difficile de les joger. Un semblable oceur flottait dans le aein é» Hatbitde ; qUelqudbis cl^ast ima froide tie de gl✠dont le sol poli comme un miroir lais« sait jMljiii^ dea pàltnierfi tsngudasanis; et sot»^ vent attsaiy c'était isn vokan d'enthousiasme dont la flamme était étouffàe tout d'un coup souis un rire éclatant comme une affâlancfae de neige. ËUe n'étiât pas dniiout: méchante, et avec tout son débordement^ nnlietttenft sen-*

ixàtus. 355

aocUe, ie.crm0 même quîeUe n'avait compris danâla seoBualilé que le coté plataajil; , pour 0'en amuser comme d'une folle oamédie de marioanettes. C'était une envie humoristique, une aimable curiosité de Toir tel ou tel original dans dm moments de paasiQn^ Cotnbien différente était Franceaeal Dans ses pensées, daas aes sentiment aéf^ait Tunité oathobque» Le jOMif , o'élâit. une diibe lanauissanle; la nuit , ^iitt'âiK leil . ardent «*î Lune^de.mesjoui^l Mleil déimes fiuitai jene leire(?enraijamass. « a.^' .

Vous aTesc- maison ^ >dit mylady ^ }0':^i>is li :a rèfficacifé miraculeuse dUme croix. Je sois x3«Miiiraiiicue que si I19 marohese xie lésiae pas trop 8uif les>lMrillûBts de la croix • promise 4 il fera certainement an tbrillani: miracle chez aigmMPa* Gelle-d finira par en) étre> tellement âdouie, qu'elle deviendra amoureuse de 'Son nez. 2'ai . souvent aiis«i entendu* parler de la ^^Mtu miraculeuse de cerf aines, «nqix, qui pouvaient d'un honnête lioanme faire itn misërablew > Geltit ifinsi queiafolieiemnieiSe inoqua de tpnt* , £Ua fit 4^ . la çoqtiet|eisie a¥ep j le pauindra sapriatainiî adressa eneotDedB^tdiiAieB d'evotteei à rétéqiie (OS nez oasêé , ^nJa^prianlbilé plus poliment' du >mondèi de vouloir hien ne pas se

356 REI9EBILDER.

déranger pour lui rendre sa visite , et quand nous arriTàmes au bénitier, elle voulut à toute force essayer une seconde fois de me changer en bête.

Était-ce réellement l'effet de la disposition que m'inspirait le lieu, ou youlais-îe repousser aussi vivement que possible cette plaisanterie qui me blessait au fond 9 Bref, )e me jetai dans le pathétique consacré, et lui dis : — Mylàdy, }e n'aime pas les femmes ennemies de la religion. Les belles femmes qui n'ont pas de religion , sont des fleurs sans parfum. Elles ressemblent à ces froides et vides tulipes qui, dans leurs pots de porcelaine chinoise, ont elles-mêmes Tair si porcelaine, et qui , si elles pouvaient parler, nous démontreraient certainement comme quoi elles sont nées très-naturellement d'un oignon , comme c'est chose suffisante ici bas de ne pas sentir mauvais , et d'ailleurs, quant au parfum ^ qu\me fleur rair sonnable n'en a aucunement besoin.

Mylady, au seul mot de tulipe, se livra à l'agitation la plus emportée; et, pendant que je parlais, son idiosyncrasie: contre cette fleur agit avec tant de. force, que, de désespoir^ elle se boucha les oreilles. C'était > moitié tomédie, et

certainement aussi moitié sérieux , qui fit qu'elle me jeta un regard dédaigneux , et me dit du ton le plus amèrement railleur de son cœur : — Et vous, chère fleur, quelle des religions existantes avez-vous?

•^— Moi, mylady, )e les ai toutes : le parfum de mon âme s'élève jusqu'aux cieux, et entête même les dieux immortels !

Signora , qui ne pouvait comprendre notre conversation^ que nous faisions presque toujours en anglais, imagina, Dieu sait comment! que nous disputions sur la supériorité de nos patries respectives. Elle se mit à louer les Anglais aussi bien que les Allemands, Quoiqu'elle tint au fond du cœur les premiers pour fous et les seconds pour bêtes. Elle avait fort mauvaise opinion de la Prusse , dont le pays , selon sa

ÏTiLLIX. . 559

géographÎQ;à eUe, était situé bien par-rdelàrAin gleterre et l'Allemagne ; elle pensait surtout fort mal à FencËPoit du roi de Prusse , le grand Féderigo, que son ennemie, la s^nora Serafina, ^vàit dansé l'imaée précédente, dans son ballet de bénéfice. Chose étrange, que ce roi, le grand Frédéric, yiye toujours sur les théâtres italiens, et dans la mémoire di| peuple d'Italie.

— Non, dit n^ylady, sans écouter le mélodieux caquetage de signora, non, il n'est pas bes<Hn de métamorphoser pour le moment cet homme en bête, non-seiilement parce qu'il change d'opinion tous les dix. pas, et qu'il se contredit sans cesse ; mais clest qu'il en vient aujouird'hui à se faire eotiTeirfisseur, et je crois' même que c'est un jésuite déguisé. Il faut, pour ma sûreté^ que je fasse maintenant des grima* ces dç dévotion, si je ne veiux, pas qu'il me livre à ses çphypocrites en Jésusf-Ghrist, à ces dilet- \mt\ d^ 1^ sainti^ i^quiisitioa, qui me brûleront eii efi}^, vu quic la polioe ne leur permet pas enoore de jeter les pwsomoies même au feu. Ah, réi^érend teigneux: i n'allez pas croire que je sois aussi raisonnable que j'en ai l'air. Je né ma^q\ie p^^ tout -^4 -fait de iieligion , je ne saillis pas une tuUpei a\t n^0x du, oiel^ pa^jruné

ôbO REISEBILDER.

tulipe! pour l'amour de Dieu, pas une tulipe! Je croirai plutôt tout, tout ce qu'on voudra. Je crois dès à présent le plus essentiel de ce qui est écrit dans la Bible , ]& crois qu*Abrafaam a engendré Isaac, et Isaàc Jacob, et Jacob Juda, et aussi que celui-ci a connu sa bru Tamar sur la grande route. Je crois aussi que Loth but trop avec ses filles. Je crois que la femme de Putiphar a retenu dans ses mains le manteau du chaste Joseph. Je crois que les deux anciens qui surprirent Suzanne au bain étaient trèsvieux. Je crois encore que le patriarche Jacob a commencé par tromper son frère, et ensuite ^on beaunpère ; que le roi David a donné à Uri une bonne place à larmée ; que Salomon se donnait mille femmes, et se plaignait ensuite que tout était vanité. Je crois aussi aux dix commandements, et en observe même le plus grand nombre. Je ne convoite pas le bœuf de mon voisia, ni sa servante, ni sa vache, ni son âne. Je ne travaille pas le jour du sabbat, le septième où Dieu s'est reposé , et même, par précaution, comme on ne sait plus au juste quel fut ce septième jour de repos , je ne fais souvent rien < de toute la semaine. Quant aux commendements du Christ, j'ai toujours pratiqué

le pluâ important , celui qui commande d'aimer ses ennemis ; car, hélas, les hommes que j'ai le plus aimés ont toujours été, sans que je m'en doutasse, mes plus cruels ennemis.

— Au nom de Dieu , Mathilde , ne pleurez pas! m'écriaî-je, quand j'entendis un son de l'amertume la plus douloureuse percer dans ces folles moqueries. Je connaissais déjà ce son, qui faisait toujours vibrer Tiolemment, mais jamais bien long-temps, le spirituel cœur de .cristal de cette singulière créature ; et je savais que, si facilement qu'il résonnât , il était aussi facilement étouffé par la première bonne bouffonnerie qu'on lui offrait , ou qui lui passait à ellemême dans l'esprit. Pendant qu'appuyée contre le portail du cloître, elle pressait sa joue brûlante sur les pierres froides, et qu'avec ses longs cheveux elle essuyait une trace de larme ^ j'essayai de rappeler sa bonne humeur , en cherchant, dans la manière ironique qui lui était propre, à mystifier là pauvre Francesca, et en rapportant à celle-ci les nouvelles les plus importantes de la guerre de sept ans, qui parut rintéresser fortement, et qu'elle ne croyait pas encore finie. Je lui racontai beaucoup.de choses curieuses du gran^d Federigo, le s^ipituerdieu

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