‹ Œuvres de Henri Poincaré :Chapitre 104 sur 136 · II · texte numérisé non relu

II

TT > I > s.

D'où Ton doit conclure que la fonction -r; est décroissante toutes les fois

qu'elle est comprise entre £ et -; il en résulte, comme nous l'avons fait voir plusieurs fois, que cette fonction tend en général vers zéro, et qu'elle peut aussi, mais exceptionnellement, tendre vers l'infini. Dans le premier cas on a

Uni u = 3,

dans le second

lim M = Y-

11 n'est pas besoin d'insister pour faire comprendre que ce raisonnement est applicable à une équation d'ordre quelconque. Daiis tous les cas la limite de la dérivée logarithmique de r est une des racines de l'équaticui (2).

De ce que la limite de — est égale à un nombre lini et déterminé a, il ne

s'ensuit pas forcément que -^ tende vers une limite finie et déterminée; car si l'on avait par exemple ^ = xe'"' il viendrait

liiii =^ = a,

lini — = X.

gJtJT

Ce n'est que dans un paragrapiie ultérieur que nous démontrerons que la limite — =^--— est en général finie et déterminée.

Pour le moment supposons que x tende vers l'infini de façon que l'on ail

X = pA,

Si;n I.KS liOL'ATlO.NS LI m; A lit ES AUX DIFFÉlllîNÏIKI.LKS ORDINAIKES, ETC. V,33

p croissant indéfiniment par valeurs réelles positives et K étant une quantité constante d'argument w, et de module i. H est facile de ramener ce cas au précédent.

En efTet Féquallon (i) devient

^ ' X" f/o" ^ X"-' rfp''-' ^■■■^ ), dp ^ '-^ '

où la nouvelle variable o croît indéfiniment par valeurs réelles positives.

L'équation (2) relative à la nouvelle variable et à la nouvelle équation (i'"*) s'écrit

(■j.''") A„3"+ \„-ilz"-> +. . .+ A,X''-i^ -h A„X''= 0,

et si les racines de réf[uation (2) étaient

celles de l'éfpiation (2*") sont

a, X, oi-^'f., ■ . ., a„ À.

Lorsque x croissait par valeurs positives, nous avions

et, étant l'une des racines de (5 ). De même ici nous aurons

— 4- = =('.X, Cf./, étant encore une des racines (")); d'où

y dx

Mais il y a toutefois une différence entre le cas de l'écfualion ((i) et celui de

l'équation ((3'"*). Lorsque x varie par \aleurs positives, la limite a, tic — -f- est,

yax

en général, et en laissant de côté les cas exceptionnels dont il a été question plus haut, celle des racines de l'équation (5) dont la partie réelle est la [)lus grande. Si au contraire j" r= oX la limite a; de — ^ sera, en "énèral. celle des racines de l'équation (5) qui est telle que la partie réelle de y.f^X soit aussi grande que possible.

Nous avons supposé au début de ce paragraphe que l'équation (^!) n'a pas de H V. — I. 3u

■'3i SIR I.KS ÉylATIONS LINKAlllKS Al!\ D11'1'"É1\RXT1KI.LI:S ORDINAMIES, ISTC.

racines multiples et ([uV'lle n'a pas non plus deux racines ayant même partie réelle. \'oyons cependant ce cjui arriverait si cette équation avait deux racines a>anl nièiiie |)ailie réelle.

En premier lieu suppu-.ons (pie ces deux racines ne soient pas celles dont la partie réelle est la plus grande. En particulier, dans le cas du troisième ordre, où nous avons appelé les- trois racines en question a, p, et y, supposons que la partie réelle de i. soit plus grande que celle de [i et y, la partie réelle de [i étant égale à celle de y. En se reportant au raisonnement qui précède, on verrait que )■ étant l'intégrale générale de l'équation (i), le rapport

dy

y dx

a encore pour limite a et que le raisonnement ne se trouve en défaut que dans les cas exceptionnels dont il a été question plus haut (quand la valeur initiale

de II est plus grande que -) et j)ar conséquent pour certaines intégrales particulières de l'équatiou (i).

En second lieu, si l'équation (2) n'a pas de racines multiples, l'équation (2*") n'aura deux racines ayant même partie réelle que pour certaines valeurs particulières de X et par conséquent la difficulté dont nous parlons ici ne se présentera que pour certaines valeurs exceptionnelles de l'argument to de oc.

Reste le cas où l'équation (2) a des racines multiples. Reprenons le cas du troisième ordre où les racines sont a, ^ et y, et supposons a ^ j3. Si l'on voulait répéter le raisonnement que nous avons fait en supposant les trois racines distinctes, on poserait

et l'on reconnaîtrait que la liiiiiie de — est égale à a en général, et, pour une

certaine intégrale particulière, à y.

Nous pouvons d'ailleurs embrasser tous ces cas particuliers dans le résultat suivant qui ne comporte aucune exception et dont nous ferons usage plus tard.

Supposons que x tende vers l'infini par valeurs réelles positives. Soit a un nombre dont la partie réelle soit supérieure à celles de toutes les racines de

SUR LKS ÉOlfATIONS LINÉAIRES AUX DIKFÉRKNTIELLES ORDINAIRES, ETC. 235

l'équation (2). On aura

lilll J' 6—"^= o.

y étant une quelconque des intégrales de l'équation (i).

On peut alors Irouver deux nombres b el c tels que la partie réelle de b soit plus petite que celle de a et plus grande que celle de c, et que la partie réelle de c soit supérieure à celles de toutes les racines de l'équation (2).

Cela posé, considérons l'équation différentielle d'ordre /( + i

Cette équation admet toutes les intégrales de l'équation (1) et en outre l'intégrale e'-'' de sorte que son intégrale générale s'écrit

A étant une constante arbitraire et )i l'intégrale générale de l'équation (1). L'équation (2) relative à l'équation (1''^') s'écrit

et admet les même racines que l'équation (2), plus lu racine c don! la partie réelle est plus grande que celle de toutes les autres.

11 en résulte que l'expression — a pour limite c, lorsque y est l'intégrale

générale de l'équation (i ''"')■

Il j a exception toutefois pour certaines intégrales particulières de celle équation. Ces intégrales exceptionnelles ne sont autres d'ailleurs que les intégrales de l'équation (i) elle-même.

De là on peut conclure qu'à partir d'une certaine valeur .r^ de x on a

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