C.dO
PARADIS PEPxDU.
De là vient clans mon corps ce hideux change mciil. Le fruù de nos amours na(|uil pour mon tourment. Il sorlit brandissant sa lance meuririère , Cette lance l'effroi de la nature entière ! Loin de lui je partis, précipilanl mes pas, N'osant tourner la tète , en criant : Le Trépas ! A cet horrible nom , ces cavernes frémirent ; Leur gouffre en retentit , leurs voiiles en gémirent ; Et proclamant le roi de ses affreux étals , Tout l'enfer répondit : Le Trépas! le Trépas! Je fuyois , mais en vain : il poursuivit sa mère , Plus brûlant de déljauche encor que de colère, M'atteignit, m'accabla d'embrassemenls affreux; Moi sa mère ! De là tous ces monstres hideux, Qui sans cesse conçus, et reproduits sans cesse. Exercent contre moi leur fureur vengeresse. Du sein qui les fit naître à peine ils sont lancés , Dans ce sein malheureux toul-à-coup enfoncés , Ils rongent, en hurlant, leur déplorable mère : Ce flanc est leur berceau, ce flanc est leur repaire; Kl, de leur faim cruelle éternel aliment , Comme pour leur fureur, renaît pour son tournieul. Ce monstre, dont je suis la mère et la viclimc, A grands cris contre moi sans cesse les anime ; El lui-même bientôt, faute d'autre festin. Sur l'auteur de ses jours assouviroit sa faim; Mais il sait qu'à mon sort s'unit sa destinée , Avec moi triomphante, avec moi terminée ; Ainsi l'a prononcé le pouvoir souverain. Mais toi, crains de braver sa redoutable main. En vain le ciel forma ton armure céleste ,
780 Pi-odigious motion fdt and rueful throcs.
Al last lliis odious oflspring whom thon sccst,
Thiiie own bcgoUcn, breaking violent wav.
Tore throiigti niy entrails, lliat, with fear and pain
Distorted, ail niy nclher slinpe thus grew
Transforin'd; but he my inbred enemy
Forth issiicd, brandisliing bis fatal dait
Made to deslroy ! 1 flcd , and cried ont Death !
Itell tremblcd at the bideous name, and sigli'd
Froin ail bcr caves, and back resoundcd Death!
790 1 flcd, but be pursued (tbougb raorc, it secms, Inflam'd witb lust tban rage), and, swiltcr far, Me overtook, bis motbcr, ail disraay'd.
And in embraces forcible and foui Engendcring witb me, of that rapc bcgot Tbese vclling raonsters, tliat with ceaseless cry Surround me, as thou saw'st, bourly concciv'd And bourly born , with snrrow infinité To me; for, wben ihey list, into tbe womb Tliat bred tliem tbey retnrn, and bowl and gnaw
Boo My bnwcis, tbcir repast; tbcn bursling forth Aircsh wilh conscious terrors vcx me round, Tliat rest or intermission none 1 find. Bcfore mine eyes in opposition sits Grim Death, my son and foe, who sets thcm on, And me bis parent would full soon devour For want of otbcr prcy, but ibat he knows His end wilh mine involv'd; and knows ihat I Sbould provc a bitter morsel, and his bane, \Vbenevcr that sball be; so Fatc pronounc'd.
Mon pèi'e, tout succombe à son pouvoLi' fuiieslo, El nul , hors l'illcrnel , ne résiste à ses coups. » Alors l'adroit Salan répond d'un ton plus doux : >> INIa fille, puisqu'en moi tu réclames un père, Puisque, me rappelant une flamme si chère, Tu rends à ma tendresse un enfant précieux, Gage de nos amours dans les palais des cieux , De ces amours si doux dans les temps de ma gloire , El dont je n'ai gardé que la triste mémoire , Depuis que, foudroyés de coups inattendus. Dans ce gouffre infernal nous sommes descendus , Ne crains point qu'en ces lieux l'inimitié m'amène ; L'amour, en te voyant, conjureroit la haine. Toi , Ion fils , ces guerriers qui , sous les mêmes coups. Dans les mêmes malheurs sont tombés avec nous, Défenseurs généreux de nos droits légilimcs. Je viens vous arracher à ces profonds abîmes. Seul chargé par l'enfer d'un périlleux emploi , Victime volontaire, et n'exposant que moi. Seul je m'enfoncerai dans ce désert immense Où finit la nature , où le vide commence. J'irai , je chercherai dans ces vastes déserts Ce monde tant de fois prédit à l'univers. Si j'en crois mes calculs , il est créé ce monde Où des êiies nouveaux , dans une paix profonde , Trouvant un auire ciel dans les confins des cieux ^ Foulent dans un air pur un sol délicieux : Êtres favorisés, que leur souverain maître A repeupler le ciel a destinés peut-être. Mais ce Dieu loin de lui les retient pour un Icmps; Il a peur que les cieux, surchargés d'habilauls,
810 But ibou, O falher, I forcwarn thce, shun His dcadly arrow; neitlicr vainly hopc To be invulnérable in tliosc bright arms, Though temper'd hcavenly; l'or that mortal dint, Save be who reigns above, none can resisl. >>
She finish'd; and tbe subtie Fiend his lore Soon learn'd, now milder, and thus answcr'd smoolh.
« Dear Daughtcr, since thou claira'st me for thy sire. And my fair son hère show'st me, die dear pledge Of dalliance had with tlicc in Heaven, and jovs
8^" Then sweet, now sad to mention, through dire chang-; Bcfall'n us, nnforeseen, unthought of; know, I come no enemy, but to set free Frora out this dark and dismal house of pain Both bira and thce, and ail the heavenly bost Of Spirits, that, in our just pretcnces anu'd, Fell with us from on high :
« From thcm I go This UDCOUth errand sole; and onc for ail Myscif expose, with loncly steps to tread 'l'iie unsoundcd deep, and through the void immense
83o To search wilh wandcring qucst a place foretold Slionld be, and by concurriiig sigas, ère now Created, vast and round, a place of bliss Id the purlieus of Heaven , and thercin plac'd A race of upstart créatures, to supply Perhaps our vacant room; tliough more remov'd, Lest Heaven, surcharg'd willi potcnt mullitude, Might hap to move new broils. Bc this or oughl Tlian ibis more secret now dcsign'd, I baslc