LIVRE VII
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De leur sol paternel baisent les bords poudreux ; Eufin , se grossissant de sources vagabondes , Dans l'abîme grondant amoncellent leurs ondes. Dieu voit l'amas des eaux, elle nomme les mers. « Maintenant sur la terre offrez vos tapis verts, Riants gazons, dit-il; paroissez, frais ombrages; Arbres, donnez vos fruits, déployez vos feuillages. Déjà les cliamps féconds vous portent dans leur sein : Vivez, et montrez-vous. » Il commande, et soudain La terre, qui d'abord, sombre, informe etliidcuse, Dccouvroit tristement sa nudité lionteuse, Prend sa robe de fête, et de riants gazons Ont tapissé la plaine, ont habillé les monts ; Dans les champs parfumés le jeune arbuste étale De son luxe naissant la pompe végétale ; Et, déployant sa tige, et sa feuille, et ses fleurs, De nuance en nuance assortit ses couleurs. Le lierre étend ses bras; la vigne qui serpente Montre ses fruits de pourpre , et sa vrille grimpante. L'épi doré rangea ses nombreux bataillons; Les buissons hérissés s'armèrent d'aiguillons ; L'humble ronce embrassa les rochers des collines; L'arbre leva sa tète et cacha ses racines. Forma de frais abris de ses bras complaisants, Et donna lour-à-tour ou promit ses présents ; Il borda les ruisseaux , couronna les montagnes , Et fut et le trésor et l'honneur des campagnes. La terre ainsi devint une image des cieux , Et le séjour de l'homme eût fait envie aux dieiïi. Riais nulle ondée encor ne tomboit de la nue; La terre inculte encore ignoroit la charrue : Seulement des vapeurs la douce exhalaison
Stream, and perpétuai draw their bumid train.
The dry land, eaitb; and tlie great réceptacle
01' coDgregated waters, he call'd seas :
— And saw that it was good : and said , ' Let the earth
3'o Put forth the verdant grass, herb yielding seed, And fruit-tree yielding fruit aller lier kind, Whose seed is in hersclf upon the earth.' He scarce had said, whcn the bare earth, (till then Désert and bare, uusiglitly, unadorn'd,) Brought i'orth the tendcr grass, whose verdure clad Her universal face with |)leasant grcen ; Then herbs of every leaf, that sudden flowcr'd Opening their various colours, and niade gay ^ Her bosom, smclling sweet : and, thèse scarce blown,
320 Forth flourish'd thick the clustering vine, forth crcnt The swelling gourd, up stood the corny reed Embattled in her field, and the' humble shrub, And bush with frizzlcd bair iiuplicit : last Rose, as in dance, the statelv trccs, and spread Tbeir branches hung witii co|)ious fruit, or gemm'd \\'ith blossoms: with high woods the bills were crown'd; With tufts the valleys, and each fountain side, With borders long the rivers; that earth now Seem'd like to heaven , a seat wliere Gods migbt dwel! ,
33o Or wander with dcligbt, and love to baunt
Her sacred shades : thoiigh God had yct not rain'd Upon the earth , and man to till the ground None was; but from the earth a dewv niist \Aent up, and water'd al! the grouud, and each
Rafraîchlssoii la plante, humectoit le gazon, Et les germes cachés de la jeune verdure Qu'avoit déjà créés l'Auteur de la nature. Il vit, il approuva ces prodiges nouveaux, Et le troisième jour admira ses travaux.
« Le suivant le revit : « Allez, astres sans nombre, Reprit-il, et du jour distinguez la nuit sombre; Eclairez l'univers de vos feux bienfaisants, Et ramenez les jours , les saisons et les ans. »
« Il commande, ils sont nés : à la céleste voûte Deux astres suspendus ouvrent déjà leur route; Le plus grand luit le jour, et le moindre la nuit; Un cortège brillant en triomphe les suit. D'innombrables flambeaux, qu'il nomme les étoiles, De la nuit étonnée ont parsemé les voiles ; Et se cachant aux yeux, se montrant tour-à-tour, Séparent les confins de la nuit et du jour. Dieu les vit , applaudit à leur magnificence. Eh! qui l'honoroit mieux que ce soleil immense Qui, créé pour briller, mais encor ténébreux, Surpasse de bien loin tous les orbes des cieux; Et la lune, et les feux qu'aiLX champs de la liunière L'Eternel a semés ainsi que la poussière. Inégaux de beauté, d'éclat et de grandeur.' Enfin, de l'orient qui cachoit sa splendeur, La lumière s'élance; elle abreuve, elle inonde
I D'un torrent de clarté le grand astre du monde, Dont la masse solide et le tissu poreux
j Sont faits pour recevoir et retenir ses feux. Là, comme en son palais , habite la lumière; C'est son temple sacré , c'est sa source première : Là, ses brillauls sujets, avec leurs urnes d'or,
Plant of the field; whieh, cre it was in the earth, God made, and every herb, before it grew On the green stem : God saw that it was good : So even and inorn recorded the tbird day.
« Again the' Almighty spake : ' Let thcre be lighfs
340 Iligh in the' expanse of heaven , to divide
The day from night; and let them be for signs. For seasons, aud for days, and circling yearsj And Ici ihcm be for lights, as 1 ordaia Their office in the firmament of heaven, To give light on the earth ; ' and it was so. And God luade two great lights, great for their uso To man, the grcater to bave rule bv dav, The less by night, altern; and made the stars. And sot them in the firmament of heaven
35o To' illuminate the earth, and rule the day ]n their vicissitude, and rule the night. And light from darkness to divide. God saw, Surveving bis great work, that it was good : For of celcstial bodies first the sun A raighty sphère be had fram'd, uulightsome first, Though of ethereal mould : then form'd the moou Clobose, and every magnitude of stars.
And sow'd with stars the heaven, thick as a field : Of light by far the greater part he took,
36o Transplauted from her cloudy shrioe; and plac'd In the sun's orb, made porous to receive And drink the liquid light; firra to relain lier gatlicr'd beams, great p;Jacc now of light.
paplAdis perdu.
Vont puiser de ses feux le liquide trésor; Ceux même qui , placés bien loin de notre vue , Se perdent comme un point dans la vaste étendue, Se partageant entre eux l'écoulement divin, S'alimentent des feux émanés de son sein.
« Superbe, impatient de francliir la barrière, C'est lui qui le premier commença sa carrière. Et, de son trône dor jusqu'aux bornes des cieux, Lança ses traits brillanis et ses gerbes de feux. Les Pléiades ouvroient sa marcbe triomphante; L'Aurore déployoit sa robe blanchissante; D'autre part , ce bel astre , ami du doux sommeil , Ornement de la luiit et miroir du soleil, Sur son char, entouré d'un cortège d'étoiles, Descendoit de l'Olympe et replioit ses voiles. L'astre du jour paroît : il marche dans les cieux; La lune a dérobé son cours mystérieux.
La nuit sombre renaît, et sa lampe argentée Revient montrer encor sa splendeur empruntée , Reprend son doux empire, et sur ses frais habits Les astres de sa cour ont semé leurs ru])is. Pour la première fois, le soir, la douce aurore Admire les flambeaux dont le ciel se décore. Leur retour régulier, le partage des temps. Du quatrième jour prodiges éclatants.
« Dieu reprend la parole; il éveille, il féconde Les germes endormis dans les gouffres de l'onde : <■ Troupeaux , couvrez les chainps ; poissons , peuplez les Légers ois(!aux , volez , et planez dans les airs. » [mers ; Soudain l'oiseau léger , la pesante baleine Fendent les champs de l'air et la liquide plaine. Dieu les voit et jouit ; mais son souffle puissant Veut propager leur germe à jamais renaissant :
Hillier, as to tlicir foanlain, olh;r stars Repairing, in llieir golden urns draw li^Iit, And hencc the raorniiig-planet gilds hcr lioins; By tincture or reflectioii tliey augmcnl Their small peculiar, thoiigli fi-oin iuiinan sight So far reniotc, witli diminution sccu. 2;o « Firstin his cast tlie glorious lamp was seen. Régent of day ! ar.d ail ihe' horizon round Invested wilh briglit rays, jocund to run His longitude throug'i licaven's high road; the gray Dawn and ihe Pléiades before him danc'd, Shedding swcet influence : less brighl tlie moon. But opposite in levell'd west was sel, His mirror, wilh fuit face borrowing hcr light From him; for ollier light she needed none Iq that aspect, and s'Jl! that dislance heeps
38o Till night; then in the east her turn slie shines Bevolv'd on heavcn's greal axle, and hsr rciga Wilh thousand lesser lights dividua! liolds, Wilh thousand thousand stars, that ihcn ajipear'd Spangling the hémisphère : then first adorn'd W ilh their brighl Inminaries that set and rose, Glad evening and glad mcrn crown'd the fourth day.
« And God said : ' Let the waters generate Reptiles wilh spawn abundant, living foui : And Ict fowl fly above the earth, with wings
^9" Display'd on the' open firmament of heaven.' — And God created tlie great whalcs, and each
Les mers et leurs détroits, leurs golfes et leurs anses
Reproduisent sans fin leurs peuplades immenses;
L'onde à peine contient tout ce peuple écaillé,
Des plus vives couleurs richement émaillé;
Tout son sein est couvert de rameurs innombrables :
Les uns, plongeurs adroits, descendent sur les sables;
Sur les flots populeux, d'aulres par bataillons
Croisent en mille sens leurs rapides sillons;
Les uns seuls de la mer paissent les frais herbages ;
Dans des bois de corail , quelques-uns moins sauvages
Vont se jouant ensemble, ou de leur corps vermeil
Allument les couleurs aux rayons du soleil ;
Ceux-ci , le corps paré de perles éclatantes ,
Boivent les eaux des mers dans leurs conques flottantes;
L'un conduit sa gondole en habile nocher;
Sous l'abri protecteur d'un énorme rocher.
D'autres forment ensemble une vivante chaîne,
Et guettent le butin que le flot leur amène.
Là, les dauphins voûtés, les phoques vagabonds,
Vont tournant , se jouant , et s'élançant par bonds;
De ses longs mouvements l'autre en cotirant tourmente
L'onde tumultueuse et la vague éeumante.
L'affreux léviathan, géant des animaux,
Tantôt, le corps tourné, s'alonge sous les eaux.
Et de loin semble aux yeux un vaste promontoire;
Tantôt, développant son immense nageoire.
Semble une île mouvante , et des profondes mers
Absorbo tour-à-tour et rend les flots amers.
« Les marais, les étangs, les lacs ont leurs familles; Leurs bords sont animés : de ses frêles coquilles En foule on voit sortir le peuple des oiseaux , Sous le sein maternel couvés dans leurs berceaux : D'abord foibles et nus, bientôt fiers de leurs ailes.
Soûl living, each that crept, which pleuteously
The waters gcneratcd by their kinds;
And every biid of wing aller his kind ;
And saw that it was good, and bless'd ihera, sajing,
Bc fruitful, multiply, and in ihc seas.
And lakes, and running streams, the waters fill :
And Ici ihe fowl be mulliplied, on the earth.'
Forlliwith the sounds and seas, each creek and bay,
400 With fry inniimerable swarm, and sboals
Of fisli that wilh their fins, and shining scales, Glide under the green wave, in seuils thaï oft Bank the mid sea; part single, or wilh mate, Graze the sea-wecd their pasture, and throngh grovcs Of coral slray; or, sporling with quick glance, Show to the sun their wav'd eoats dropt wilh gold; Or, in their pearly sliells at case, attend Moisi nutriment; or under rocks their food In jointed armour watch : on smooth the seal
/iio And bended dolphins play : part buge of bulk Wallowing unwieldy, cnormous in their gait, Tenipcsl the océan: there léviathan, Hugest of living créatures, on the deep Slrelcb'd like a promontory sleeps, or swims. And seems a raoving land; and at his gilis Draws in, and at his truns spouts oui, a sea.
«Meanwbile the Icpid caves, and fens, and sliorcs. Their brood as nuraerous batch , from the' egg thaï soon Bursling with kindly rupture forth disclos'd