‹ Œuvres de J. DelilleChapitre 351 sur 413 · D'UNE ODE ADRESSÉE A LE FRANC DE POMPIGNAN · texte numérisé non relu

D'UNE ODE ADRESSÉE A LE FRANC DE POMPIGNAN

De Thémis autrefois soutenant la balance, Des fragiles mortels tu pesois les destins ; Et le poids du crédit, celui de la puissance, Ne l'onl point fait pencher dans tes fidèles mains.

Vile adulation, ta lâche perfidie Trompe et séduit les grands avec dextérité ; Le Franc, ce fut toi seul de qui la voix hardie Osa faire à ton roi parler la vérité '.

Du maître des humains tu nous peins la puissance ^ : Il parle, l'univers est sorti du chaos; Les cieux ont sous ses mains courbé leur voûte immense ; La terre au loin s'étend , la mer roule ses eaux.

Il commande, et soudain de l'un à l'autre pôle, Et la terre et les mers et les cieux confondus, Par lui créés d'un mot, au son de sa parole, Dans l'antique chaos tombent , et ne sont plus.

Le luxe impérieux qui règne dans nos villes , En dégradant la terre, amène un goût pervers: Le riche l'abandonne à des âmes serviles ; Le poëte orgueilleux lui refuse ses vers.

Tel on voit le lierre, à l'ombre qui le cache, Ramper dans les forêts, et languir sans appui ; S'il rencontre le chêne, à son tronc il s'attache, Embrasse ses r^neaux et s'élève avec lui 3.

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