PARTIE I, LETTRE IV
en présun&ent l'aute*? ; et ce regard est un décret de prisé de corps.
Il est; vrai que le même auteur s égaie à prouver ensuite que c'est par une pure, bonté pour moi qu'ils m'ont décrété. Le Conseil , dital, pouvoii ajourner per* sonnellement M. Rousseau, il pouvoit l'assigner pour être ouï, il pouvoit ledécréter... De ces trois partis, le dernier étoit incomparablement le plus doux... ce nétoit au fond y u un avertissement de nepas revenir, s' Une vouloit pas s' exposer* à une procédure, ou, s'il vouloit s'y expo* ser> de bien préparer ses défenses (page 3 1 ).
Ainsi' plaisantait, dit Brantôme, l'exécuteur de 1H&« fortuné don Carlos, infant d'Espagne, Comme le prince crioit et vouloit se débattre : Paix, monsei gneur, luidisoit-il en l'étranglant, toutcequon en Juif n est que pour votre, bien.
Mois quelles sont donc ces pratiques et machinations dont on m accuse? Pratiquer., si j'entends ma langue, c'est; se ménager des intelligences -secrètes; machiner , c'est faire de sourdes menées, c'est faire ce que certaines gens font contre le christianisme et contre moi. Mais je ne conçois rien de moins secret; rien de moins caché dans le monde que de publier un. livre et» d'y. mettre son nom. Quand j'ai dit mon sentiment. sur quelque matière que ce fût, je l'ai dit hautement, à. la face du public; je me suis nojnmé, et puis je suis demeuré tranquille dans ma retraite; cm me persuadera difficilement que cela ressemblera des pratiques et machinations.
Pour bien entendre l'esprit du serment et le sens des termes , il faut se transporter au temps où la for-
256 LETTRES ÉCRITES DE LA MONTAGNE, mule eu fut dressée, et où il s 'agissoit essentiellement pour l'état de ne pas retomber sous le double joug qu'on venoit de secouer. Tous les jours on découvrent quelque nouvelle trame en faveur de la maison de Savoie, ou des évéques , sous prétexte de religion. Voilà sur quoi tombent clairement les mots de pratiques et de machinations, qui, depuis que la langue françoise existe, n'ont sûrement jamais été employés pour les sentiments généraux qu'un homme publie dans un livre où il se nomme, sans projet, sans vue particulière, et sans traita aucun gouvernement. Cette accusation paroît si peu sérieuse à l'auteur même qui l'ose faire, qu'il me reçonuxÀt fidèle aux devoirs du citoyen (page 8). Or, comment pourrois-je l'être, si j'avois enfreint mon serment de bourgeois?
Il n'est donc pas vrai que j'aie enfreint ce serment. J'ajoute que, quand cela seroit vrai, rien ne seroit plus inouï dans Genève en choses de cette espèce , que la procédure faite contre moi. Il n'y a peut-être pas de bourgeois qui n'enfreigne ce serment en quelque article » , sans qu'on s'avise pour cela de lui chercher querelle, et bien moins de le décréter.
On ne peut pas dire, non plus, que j'attaque la morale dans un livre où j'établis de tout mon pouvoir la préférence du bien général sur le bien particulier, et où je rapporte nos devoirs envers les hommes à nos devoirs envers Dieu, seul principe sur lequel la morale puisse être fondée , pour être réelle et passer Tapparenee. On ne peut pas dire que «e Uvre tende en
* Par exemple, de ne point sortir de la ville pour aller habiter ailleurs sans permission. Qui est-ce qui demande cette permission?