PREMIERE PARTIE
État de la question par rapport à Fauteur. Si elle est de la compétence des tribunaux civils. Manière injuste de la résoudre.
Non , monsieur , je ne vous blâme point de ne vous être pas joint aux représentants pour soutenir ma cause. Loin d'avoir approuvé moi-même cette démarche, je m'y suis opposé de tout mon pouvoir, et mes parents s'en sont retirés à ma sollicitation. L'on s'est tu quand il falloit parler; on a parlé quand il ne restoit qu'à se taire. Je prévis l'inutilité des représentations, j'en pressentis les conséquences : je jugeai que leurs suites inévitables troubleroient le repos public, ou changeraient la constitution de l'état. L'événement a trop justifié mes craintes. Vous voilà réduits à l'alternative qui m'effrayoit. La crise où vous étés exige une autre délibération dont je ne suis plus l'objet. Sur ce qui a été fait vous demandez ce que vous; devez faire : vous considérez que l'effet de <;es démarches ,
étant relatif au corps de la bourgeoisie , ne retombera pas moins sur ceux qui s'en sont abstenus que sur ceux qui les ont faites. Ainsi, quels qu aient été d'abord les divers avis , l'intérêt commun doit ici tout réunir. Vos droits réclamés et attaqués ne peuvent plus demeurer en doute; il faut qu'ils soient reconnus . bu anéantis , et c'est leur évidence qui les met en péri). Il ne falloit pas approcher le flambeau durant l'orage; mais aujourd'hui le feu est à la maison.
Quoiqu'il ne s'agisse plus de mes intérêts, mon honneur me rend toujours partie dans cette affaire ; vous le savez, et vous u\e consultez toutefois comme un hoïnme neutre; vous supposez que le préjugé ne m'aveuglera point, et que la passion ne me rendra point injuste : je l'espère aussi ; fnais , dans des circonstances si délicates, qui peut répondre de soi? Je sens qu'il m'est impossible de rooublier dans une querelle dont je suis le sujet, et qui a mes malheurs pour première cause. Que ferai-je donc , monsieur , pour répondre à votre confiance et justifier votre es* time aijtant qu'il est en moi? te voici. Dans la juste défonce de moi-même, je vous dirai moins mon avis que mes raisons : vous les pèserez, vous om*parerez, et vous choisirez. Faites plu9, défie^vow toujours, non de mes intentions, Dieu le sait, elle? sont pures , mais de mon jugement. 1/ homme le pius ju$te, quand il est ulcéré , voit rarement les choses comme elles sont Je ne veux sûrement pas vous tromper; mais je puis me tromper : je le poucfpis en toute autre chose , et cela doit arriver ici plus probablement. Tenez- vous donc sur vgs gardes* et