MORT DE M. DE BALZAC
ESGHITE ?k^ FE.y M. MORISCET Adrocat en Parlement *.
11 y a desja quelques années que Monsieur de Balzac estant ennuyé du monde, et désirant penser aux affaires de l'autre vie, disoit souvent qu'il n'y avoit qu'vn^ chose de nécessaire. Il avoit dessein de se retirer en quelque maison religieuse, pour y vivre à l'abri de l'ambition et des autres tempestes de la vie civile. H jeta les yeux sur les Pères Feuillans de Sainct-Mesmin, auprès d'Orléans, où il estoit invité par le Père André, qui en est Supérieur, dont il estiraoit beaucoup le mérite. Mais l'amour de ses proches s*y estant opposé et n'ayant pu vaincre ce puissant obstacle, il fit bastir deux chambres aux Pères Capucins de cette ville, dans vne situation parfaitement belle, et d'où l'on descouvre toute la campagne voisine. Âussitost qu'elles furent en estât d'estre habitées , il y alla en la compagnie de ses Muses, qui estoient devenues tout à fait chrestîennes. Il y a composé quantité de pièces dévotes, et c'est là où son Socrate a pris sa naissance. L'exemple des bons Religieux qui vivent avec luy dans vne mesme solitude
* M. Moriscet, frère de Tavocat, théologal d*Ajigouléme, fit Toraison Ainèbre de Balzac.
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