PREMIERE DEFENSE
Ce n'est pas d'aujourd'huy qu'on offense ia Philosophie et qu'on maltraite les Philosophes. Le Monde, Menandre, a tousjours esté vindicatif et a mesdit de ceux qui Tout mes-
* Cette suite de discours intitulés les Passages defeiidus est ia seconde partie et ia plus remarquable de la Rilation a Menandre, que Baluc avait i*edigée à l'époque de ses démêlés avec le général des Feuillants, et qu'il ue publia que bien longtemps après dans le Recueil de ses Œuvbes d1> Vëkses. (Paris, 1644, in-4°.) Rien nW plus beau peut-être dans notre langue que les morceaux que l^on va lire sur 1*ëxcellekcg de la Yib Rkli- GiEVSE, etrANTiQViTÉ DE LA RELIGION GHREsnENNE; La première partie, beaucoup plus inégale, renferme cependant des beautés que j*ai cru devoir insérer par extraits à l'article des Fragmeks Et Pensées.
Ménandte est le magistrat-poête François Maynard, l'un dei premiers académiciens; né à Toulouse ver6 4582, mort en 1643. Il avait été dans sa jeunesse secrétaire de la Reine Marguerite de Talois. On a retenti j^es stances au cardinal de Richelieu :
Aliiibik), l'âge ntToIblit ithîS yeiix; oU-.
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prisé. Hippolyte mesme, dans vos Fables, ue le quitte point impunément. Son propre Père luy reproche ses Ieu$nes et sa Solitude : Il ne sçait que penser des Conférences qu'il avoit avec Orphée, et vne si saincte familiarité lui est suspecte. Quelques-vns ont porté plus avant leurs jugemens téméraires. Plustost que d'advouer qu'il estoit Chaste, ils ont dit quVne Déesse qui avoit fait vœu de Chasteté estoit impudique. Ils ont mieux aimé outrager Diane que de pardonner à Hippolyte; et jamais depuis il n'y a en faute de mauvais esprits qui ont accusé la Bonté d'hypocrisie et la Sagesse d'extravagance.
Cette injustice poursuit la Vertu jusqu'aux extremitez de la Terre, si elle fuit jusques-là. Rien n'est à couvert de ses attaques; Il n'y a point d'Asyle ny de lieu de franchise qu'elle ne viole : Elle ne fait point de différence de leusnes ny de Solitude. Elle n'est pas moins insolente dans l'Estat de Dieu que dans les Republiques humaines.
Dieu, Menandre, a son Peuple, ses Familiers et ses Do* mestiques. Dés le Commencement il y a eu parmy nous des Philosophes, et les Pères Grecs ne donnent gueres d'autre nom à la vie monastique que celuy de Philosophie Chrestienne : Mais aussi, dés le Commencement, il s'est trouvé parmy nous des Luciens qui se sont mocquez de ces Philosophes, et les ont choisis pour les subjets de leurs Dialogues et de leurs Farces. Au lieu de respecter ce sacré Repos, destiné à la contemplation des choses divines, ils en ont parlé comme d'vne lasche Oysiveté, et incapable de toute action : Au lieu d'admirer ces Sages cachez, il les ont voulu faire passer pour des Fous melancholiques, et ont rapporté les mouvemens de la Pieté héroïque aux desordres de la Raison altetée.
II les ont appelez Ennemis du Soleil et de la lumière, Oyseaux de nuict et de malencontre. Gens désespérez et homicides d'eux-mesmes. Et si vn Poëte Payen, sous le règne rl'vn Prince Fidèle, a osé escrire que la maladie qui les Ira-
vailloit estoit semblable à celle de Belleropbon, duquel il est dit quHl fuyoit la piste des hommes, et se nourrissoit de son propre cœur, il faut remarquer qu'il ne s*est servy de cette Comparaison injurieuse qu'après vn Poëte Chrestien et Précepteur dVn Empereur Orthodoxe, qui, ne pouvant se consoler de la retraite d'vn de ses Amis , à présent vn de nos Saincts, luy allègue la Solitude de Bellerophon pour luy faire honte de la sienne.
Ceux qui ont raesdit plus modestement de cette céleste Philosophie, Font traitée, comme vous voyez, d'Hypochondriaque, et en ont cherché la cause dans les vapeurs de la Melancholie et dans la foiblesse du cerveau. le ne me veux pas souvenir de ce que les autres moins di^rets en ont escrit, encore que je Taye leû. Et il me suffît, Menandre, que vous sçachiez que je l ay leû en le détestant, et que je n'eus jamais de complaisance pour ces profanes Rieurs , qui seroient bien faschez de rire sans crime, et de faire vn Conte qui ne fust vn Sacrilège.
le ne nie pas que jen'aye voulu quelquefois me resjouïr, et que je n'aye cherché quelque divertissement hors des subjets graves : Mais outre que c'a esté vne Sortie et non pas vne Défection, je crois m'estre tejiu sur la pente de la Liberté sans me laisser choir dans ta Licence. Comme je n'ay pas fait vœu d'vne constante et perpétuelle Seriosité^ j'ay tasché d'arrester ma joye dans les bornes d'vne innocente Raillerie; et, au plus fort de mes Guerres, je n'ay point touché où j'ay veû la Sauvegarde de l'Eglise. Tout ce qui appartient à Dieu et à ses Autels, tout ce qu'il a réservé pour son vsage et pour le service de sa Maison, tout ce qui est possédé de luy par vn droict particulier, m'est en particulière vénération ; et ma conscience me rend tesmoignage que la Vie que je n'ay pu imiter, je Tay tousjours parfaitement estimée.
11 n'y a point de mal, Menandre, que vos Pères sçachent qui je suis, et qui sont ceux à qui j'ay l'honneur d'apparte-
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nir. Ce ne sont pas des Catholiques qui soient cachez dans la foule et qui fassent seulement nombre parmy les autres. Le Peuple les regarde et les monstre : L*Eglise les bénit et les propose en exemple. Ils ont fondé des Monastères en divers endroits de ce Royaume. Ils ont basty pour la véritable Eternité. Et, sans parler de nostre Angoulesme, vostre Thoulouze est glorieuse des marques que leur pieté y a laissées. Il n'y a point d'apparence que je me voulusse priver du fruit de celte Pieté domestique, et perdre la part que le sang me donne au mérite de leurs bonnes œuvres. le n*ay garde de renoncer à vn si beau droict, et je ne suis pas si mauvais mesnager de mes Avantages.
On m'a donc intéressé d'abord dans la cause de la Religion, et je n'ay pas eu loisir de prendre party. Entrant dans le Monde, je me suis trouvé tel que je suis. Au moins ay-je esté nourry dans vne grande révérence des choses sainctes, et l'affection que j'ay pour les personnes Religieuses, qui s'en approchent avec tant de respect et les manient avec tant de netteté, a suivy de si prés ma naissance, que sans me mescompter beaucoup en la date, je pourrois mettre vne si ancienne Affection au nombre de mes Inclinations naturelles.
Ne vous souvient-il point que j'ay escrit autrefois que leur Saincteté esclairoit toute l'Eglise, que leurs Veilles procuroieot le Repos de la Chrestienté, que leur Innocence sauvoit les Coupables? Les endroits mesmes de mes ouvrages où mon Ennemy m'accuse d'en avoir parlé autrement que je ne dévois ne rendent-ils pas tesmoignage de l'estime que je fais de tout leur Corps? Ne sont-ce pas ses termes qui leur sont injurieux, qu'il a mis en la place de mes paroles qui leur estoient avantageuses? N'est-ce pas luy qui les offense et moy qui les loue? Le mesme lieu où il pense trouver ma Condamnation ne me fournit-il pas de suffisantes preuves pour me justifier et pour le convaincre?
Vd iriuiiient de lecture peut vérifier la chose ; Vne œillade peut décider cette question. le dis, Menandre, que les mauvais Moines sont dans le Cloistre, comme les rats et les autres animaux imparfaits pouvoient esire dedans TArche : Et il me fait dire que les Moines sont dans l'Eglise, comme les rats et les autres animaux imparfaits estoient dedans TÂrche. Y a-t'il rien qui se rassemble en ces deux propositions"? Ne sont-elles pas directement opposées? La mienne n'est-elle pas de Rome et la sienne de Genève?
le ne veux point quVn luge me favorise ny qu'il ait appris les stratagèmes de l'Eschole, ny que sa subtilité naturelle soit fort grande : Qu'il me haïsse, pourveu qu'il ait des yeux et qu'il scache lire, et il ne sçauroit s'empescher de condamner celuy qui m'accuse. Il faloit effacer premièrement tout mon Livre, en estouffer la mémoire dans tous les esprits, et estre asseurë que je mourusse le lendemain pour me faire autbeur d'vne chose à laquelle je ne songeay jamais, et ne s'attendre point que je pusse respondre : Cela k'est pas, et que la Vérité fust aussi hardie que le Mensonge.
Et icy, Menandre, avant que de passer outre, admirons ensemble les moyens dont Dieu se sert pour procurer le repos du Monde, et le soin qu'il a de trouver quelquefois le bien public dans les malheurs des particuliers. Âdvoûez-moy que ce n'est pas vn petit effet de sa Providence de s'estre visiblement opposé au premier genre de vie qu'avoit choisi vn homme si dangereux^ et de l'avoir chassé du Ban^upar cette célèbre disgrâce qui luy arriva en pleine Audience^. Le coup fatal dont sa langue fut frappée a esté salutaire à vne infinité de Familles. C'a esté la bonne fortune des Yefves et des Pupilles qui fussent tombez entre ses mains. Et ce jourlà» apparemment, Dieu garantit ce pauvre Royaume de plu-
* liC {çénéraî des ï'eaillants, d*abofd atotat, ilait . dbniburé court eti plaidant sa première cause.
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sieurs Vokameg de faux Contrats et de Testament de mesnu* nature, dont son bel esprit le menaçoit.
Ces sortes de subtilitez eussent bien fait plus de mal et plus de desordre que celle dont je viens de vous parler, et «lont j'ay honte d'agir avec vos Pères. Traitons-en, si vous le trouvez bon, avec leurs Frères Lays. Ils seront aussi capables de cette affaire que leurs Philosophes et leurs Théologiens; et pour en connoistre, il 'ne faut qu'vn rayon de lumière et le discernement du blanc et du noir. Présentonsleur donc des images familières et sensibles, où ils puissent voir Testât et le changement de la Question, le fait comme il est, et comme mon Adversaire Ta supposé. Ce Romain, ilont ils ont souvent oui parler, qui fut immobile dans le bon party, et qui aima la Republique avec plus de tendresse qu'il n'aimoit ses propres enfans : Caton, dis-je, qui ne natta jamais le Peuple, ny ne choqua rauthorité du Sénat, pouvoit dire , ce me semble, sans blesser Thonneur de cet Ordre tres-illustre, que les mauvais Sénateurs estoient de leur Compagnie ce que sont des humeurs corrompues dans vn corps bien composé. Mais il n'y avoit, à mon advis, que Catilina qui eust voulu tenir cet autre langage, ou quelqu'vn de rhumeur de mon Adversaire qui Feust attribué à Caton, que les Sénateurs estoient dans la Republique ce que sont des humeurs corrompues dans vn corps bien composé.
Le Grec pour qui vous avez tant de passion, et que la Ciguë ne put dégouster de Tamour qu'il avoit pour sa Patrie, haranguant devant les Athéniens, dont il y en avoit quelques-vns qui songeoient à opprimer la Liberté, et quelques autres qui la gardoient mal, leur pouvoit reprocher en plein Conseil que les vns et les autres estoient dans leur Ville ce que seroient des Loups apprivoisez et des Chiens timides dans vn Troupeau. Mais si mon Ennemy eust esté présent à sa harangue, il eust esté à l'heure mesme son Délateur, et luy eust soustenu qu'il avmt dit que les Athéniens
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estoient dans la Grèce ce que seroient des Loups apprivoisez et des Chiens timides dans vn Troupeau.
Ces paroles peuvent estre sorties de la bouche d'vn Martyr de lesus-Christ, que les mauvais Chrestiens sont dans l'Eglise comme les Serpens estoient dans le Paradis terrestre : Mais que les Chrestiens soient dans le Monde comme les Serpens estoient dans le Paradis terrestre, ce sont des termes bien differens des premiers, et qui ne peuvent sortir que de la bouche d'vn luif, ny estre supposez à vn Chrestien que par la mauvaise foy de mon Ennemy. Ainsi traite-t1l la Vérité dans le rapport du passage qu'il allègue, et où il y a en gros charactere que quelques Moines sont dans leurs Maisons comme les animaux imparfaits estoient dedans FÂrche, il lit avec ses fausses lunettes que les Moines sont dans TEglise de Dieu comme les animaux imparfaits estoient dedans TÂrche.
le n'ay que faire icy de Couleurs ; le reserve à vnè autre fois les Lieux et les Figures de la Rhétorique; TArt de raisonner ne sert de rien. Yne simple Négative suffit pour renverser le fondement sur lequel a basti le mauvais Sophiste, et monstrer que ce qui ne doit pas manquer aux Romans qui sont faits selon les règles, manque au premier chef de son Accusation, à sçavoir vn Principe véritable.
De sorte, Menandre, que ceux qui mettent aujourd'huy vne partie de leur Dévotion à mesdire de moy, s'imaginant que je suis la chimère qu'on leur a peinte, et que j'ay escrit des choses que je serois fasché d'avoir seulement songées, peuvent voir qu'vn Equivoque est cause de toute Temotion des Esprits, que c'est mon Accusateur qui a fait mon crime, que leur Zèle a bruslé sans matière , et qu'attaquant vn homme qui est de mesme Party qu'eux, ils ont perdu toutes les bonnes actions qu'ils pensoient faire contre vn Ennemy.
On sçait assez que les Communautez sont innocentes, quoy que les Particuliers soient coupables, et que la Republique, estant luge et non Complice du Citoyen, elle n'est
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pas obligée de garantir ce qu'elle condamne. On sçait encore que dans le Monde, tout est meslé, et que, pour voir vne entière pureté, il faut attendre le dernier jour, qui doit faire la séparation de ce meslange. Il est certain d'ailleurs que rien de parfait ne se gaste médiocrement, et qu'vne chose conserve en sa Corruption le mesme degré qu'elle avoit en sa Bonté. Les plus noirs Esprits qui soient au fonds de TAbysme sont tombez du plus haut des Gieux, et ces Anges de ténèbres, ces Rebelles et ces Déserteurs, ont esté les plus proches du Throsne de Dieu, et les plus lumineuses de ses Créatures.
Cela posé, je vous demande si c'est faire tort à la Nature Angélique de parler des Anges précipitez, si c'est offenser les Esprits qui jouissent de la félicité de dire que quelquesvns Tout perdue? Et je vous demande encore si TEscrilure injurie lacob quand elle nomme Esaû profane? Vous le sçavez, Menandre, aussi bien que moi : Les bonnes intelligences n'ont pas vn autre principe que les mauvaises : Elles sont toutes également nobles de naissance. Le Profane a esté frère du Sainct; et dans vne mesme Maison, voire dans vn mesme Ventre, et en mesme temps, le Reprouvé s'est trouvé avecTEsleu.
Ou mon Ennemy croit que sa Famille soit plus privilégiée que celle des Patriarches, et qu'on ne puisse pécher dans les lieux de son obéissance : Ou s'il advouë qu'on y jouisse, comme on fait ailleurs, de la liberté du franc arbitre, et que les Enfans dégénèrent quelquefois de leurs Pères, pourquoy me blasme-t'il d'avoir osé déclarer cette Vérité si vulgaire et d'avoir descouvert ce Secret si esventé? Pretend-il quVn nom sanctifie des personnes qui le deshonorent, et qu'elles se puissent parer d\ne Robe au mesme instant qu'elles la salissent de leurs ordures? Desire-t'il que je ne fasse point de distinction entre les Dignes et les Indignes? que je jette mes loiianges dans la foule ; que je brusle mon encens au
hazard ; que je me prosterne indifféremment devant tout ce qui est, qui fut ou qui sera Moine?
N'en excepte-t'il point eeux dont Sainot Bernard a esca'it cette ligne à faire peur : Malhevr a voys qyi portez la Croix, ET Nfi sviYEz PAS Iests-Christ? Veut-il que j'estime Inuocens ceux que j'ay veûs Criminels dans les prisons de Tlnquisition ; Ceux qu'on m'a monstres à Civita^Vecchia dans les Galeries du Pape? Et pour le piquer par son interest, veutil que je favorise ceux qui ont traversé son Election au Chapitre gênerai ; ceux qu'il appelle Rebelles* et qui Tappelloient Vsurpateur? Met-il au rang des Parfaits celuy qui doona tant de peine au bon Cardinal d'Ossat, et au nombre des Sages celuy qui força les Gardes de Clément huictiesme, et à qui ce grand Prince, le voyant entré d'assaut dans sa chambre, demanda en ^ûriant de qvel desordre il estoit?
Mon Adversaire sçait cela, et bien davantage. Il sçait qui a esté le Précepteur de Mahomet et TArchitecte de sa ridicule Théologie. Il n'ignore pas qu'il y a eu des Légions de Moines Nestoriens et Euty chiens, qui encherissoient sur Tausterité des plus rigoureux Orthodoxes, qui estoient tous secs et tous arides de leurs Abstinences, tous sanglans et tous deschirez de leurs Disciplines, et ne laissoient pas de travailler pour néant, et d'aller en Enfer par le Purgatoire. Il n'y a point d'apparence qu'il veuille prendre la cause de ces Infidèles Grecs contre vn Fidèle de Rome, ny qu'il trouve bon que la gloire des vrays et légitimes Religieux soit communiquée à tant de faux Frères, qui ont vsurpé le noai qu'ils portent et qui sont ou des Traistres ou des Comédiens sous leur habit.
Lors que la bile qui l'eschauffe sera évaporée et qu'il se piquera moins qu'il ne fait du point d'honneur, je m'asseure qu'il ne sçaura point mauvais gré à Pierre de Blois de s'estre plaint de quelques Mousches qui estoient venues jrouMeir son repos ; ny à Tiipy non plus, d'avoir crié après
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quelques Rats qui ont voulu ronger mes Escrits. Car les mousches et les rats dont nous nous plaignons, et qui tour mentent encore plus les domestiques que les Estrangers, n'empeschent pas que parmy eux nous ne reconnaissions des Aigles qui volent jusqu'au Globe du Soleil intelligible; Et des Lions dont le simple rugissement espouvante les vices et met en fuite les Hérésies.
Ceux-là sont à louer dan& leurs Compagnies, et non ceux qu'ils n*y peuvent eux-mesmes souffrir; contre lesquels tonnent et foudroyent leurs Constitutions; que les vns enferment et que les autres bannissent. Ainsi nous sommes de mesme opinion, mais nous ne nous entendons pas. le demeure d'accord avec luy de la pureté de Tlnstitution et du mérite de la Compagnie. le luy advouëque la Profession est saincte : Hais je ne luy advotie pas que toutes les Personnes soient aussi sâtinctes que la Profession, radvoiie pourtant qu'il ne tient qu'à peu qu'on ne puisse dire toutes, et que le Desordre est aussi rare dans les Congrégations Religieuses, qu'il est fréquent dans les Assemblées Civiles.
Que si vos Amis ne demeurent pas entièrement satisfaits d'vn aveu si solemnel, et s'il faut que je me déclare plus expressément, Recevez, Menandre, cet Article vn peu estendu de ma Confession de foy, afin qu'il n'y ait plus lieu de douter de mon intention, et que la Calomnie se taise, après s'estre fait escouter à toute la France et avoir abusé dix mois durant de la crédulité des Peuples et de la patience des Magistrats.
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