‹ Œuvres de J.-L. de Guez, sieur de Balzac (volume 2)Chapitre 6 sur 90 · ODE DE MONSIEVR DE RACÂN · texte numérisé non relu

ODE DE MONSIEVR DE RACÂN

Doctes Nymphes par qui nos vies Bravent les ans et le trépas, Seules beautez dont les appas Ont mes passions asservies ; Vous sçavez bien que la splendeur De cette orgueilleuse grandeur Où Tespoir des autres se fonde, N'est point ce que j*ay désiré, Et que j'ay tousjours préféré Vos faveurs à celles du Monde.

Enflé de cette belle audace, A peine sçavois-je marcher, Que j'osay vous aller chercher Au plus haut sommet du Parnasse :

Apollon m'ouvrit ses thresors, Et vous me jurastes dés lors Par vos sciences immortelles, Que mes escrits verroient le jour, Et tant qu'on parleroit d'amour Vivroient dans la bouche des belles.

Toutelbis, mes chères compagnes, Ces espérances m'ont failli, Balzac tout seul a recueilli Ce qu'on cherche dans vos montagnes.

C'est en vain que tous ses rivaux Espèrent par leurs longs travaux

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