ODE DE M. DE RAGÂN
En vostre éternelle richesse; Luy seul la possède aujourd'huy, Et faut que je tienne de luy Les effets de vostre promesse.
Lorsque la nuict estend ses voiles, On y remarque des flambeaux Qui semblent plus grands et plus beaux Que ne sont les autres Estoilles :
filais sitost que Tastre des Gieux Commence à paroistre à nos yeux, Et qu'il a les ombres chassées, Nous voyons que de tous oostez Grandes et petites clartez Sont également effacées.
De mesme ceux à qui la France A veû tenir les premiers rangs Dans le siècle des ignorans, Devant luy perdent l'asseurance.
Ce grand soleil des beaux-esprits  tout seul remporté le prix, De luy seul la gloire est connue; Et tous ces petits escrivains Qui fiiisoient nagueres les vains, Disparoissent à sa venue.
Il réapprend à Tâge où nous sommes L'art qui fit ces premières loix, Par qui Ton rendit autrefois Les hommes esclaves des hommes.
Il produit ces inventions.
Dont les seules impressions Ont fiiit les vertus et les vices, Ont fait les villes souslever, Et fait aux plus lasches trouver En la mort mesme des délices.
G'est par là que dans les tempestes De tout vn peuple mutiné On tient par l'oreille enchaisné Ge cruel Typhon à cent testes;
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