‹ Œuvres de J.-L. de Guez, sieur de Balzac (volume 2)Chapitre 61 sur 90 · ET DE SES ŒUVRES DIVERSES · texte numérisé non relu

ET DE SES ŒUVRES DIVERSES

Les Lettres de Balzac, dont le premier recueil parut en i 624 avec un succès extraordinaire, forment, réunies toutes ensemble % un énorme volume, qui est le premier de la grande édition de Gonrart. Il ne serait guère possible d^en donner aujourd'hui une nouveUe édition complète : elles n'offrent pas un intérêt suffisant. Sauf un certain nombre de particularités assez curieuses, presque toutes relatives au mouvement dont notre langue était travaillée, à Tincertitude sur le

* Il en reste encore de fnamwrHeSj qui doivenl être, je crois, Tobjel d'une publication particulière.

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il4 ŒUVRES DE BALZAC.

choix et la détermination des mots, leur admission ou leur rejet, qui faisait le mérite et le tourment de Técrivain, on y chercherait vainement quelque fait important, quelque jugement nouveau, sur les événement^ et les personnages contemporains ; un trait naïf et sincère, un récit familier propre à nons initier au secret de la vie privée de Tauteur, à ses affaires, à ses habitudes, à ses relations de famille. Ce que nous voudrions savoir, c'est ce qu'il omet ; et ce dont il parle nous est à peu près indifférent. Le moi tient naturellement une assez grande place dans cette volumineuse correspondance ; mais ce moi ne se produit jamais que sous le masque oratoire, avec l'inévitable escorte de ces figures de rhétorique qui dissimulent les choses en les exagérant. Le naturel et l'abandon, qui dispensent celui qui écrit une lettre d'avoir le moindre sujet d'écrire, ne sont pas les vertus habituelles du. grand épistolier; et, il faut le dire, le caractère élevé de sa pensée et de son style offre un contraste singulier avec la futilité des sujets ordinaires de sa correspondance. Cependant, quand l'occasion est donnée, quand il esquisse un souvenir de son séjour à Rome, qu'il expose à un évêque l'état maladif de son âme, qu'il adresse à un ami sur U mort d'un autre ami de nobles et de chrétiennes consolations, il retrouve alors tous ses avantages ; il rappelle Sulpicius écrivant à Cicéron, ou mieux encore Sénèque à Lucile . Ces lettres, sérieuses et pleines, monument d'une austère éloquence, je me suis fait un devoir de les publier intégralement. Mais comme l'auteur, homme d'infiniment d'esprit, n'a jamais écrit une page sans y laisser une pensée remarquable, soit par son originalité, soit par le tour qu'il lui donne, il m'a paru convenable de demander aux Lettres et aux Discours non insérés tout ce qu'ils pouvaient contenir de vrai, de neuf ou d'intéressant. J'en ai &it, pour ainsi dire, un espnt de Balzac, et, si je ne me trompe, le petit recueil qui termine ce volume n'aurait rien à craindiv d'une comparaison avec le fameux livre des Maximes.

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