A MONSIEVR DE SAINT-CHARTRES
Conseiller du Boy au Grand Conseil.
IL DBSADYOVI LES DEMAtCÉBS QV'ON PaVRROIT FAIRE PO?R LYY DONNER ▼N BVESCBÉ *.
Monsieur,
L'Affaire de FEvesché pourroit réussir, et les moyens que vous proposez ne sont pas extrêmement difficiles. Hais vostre amy est résolu de ne se pas mesme servir des plus faciles moyens. Il connoist trop son indignité, pour estre capable de la haute pensée que vous luy voulez mettre dans l'esprit; et il a leû avec trop d'attention les livres que Sainct Chrysostome a escrits du Sacerdoce, pour ne pas appréhender vn fardeau qui est redoutable aux forces des Anges; il n'oseroit dire auxespaules, comme Sainct Bernard. C'est pourtant vn fardeau, que les plus foibles désirent porter, dont il n*y a point de petit Docteur qui ne veiiille qu'on l'accable; après lequel courent tant de Prescheurs, et auquel visent tant de Sermons. Laissons courir les autres, et demeurons en repos. N'employons point l'Evangile, ny Sainct Paul, à solliciter
* On lit dans le Jlf^na^tana .*
« M. de Balzac avoit premièrement aspiré à estre evesque. U se retrancha ensuite à devenir abbé ; mais il ne réussit ny dans Tun ny dans l'autre dessein. Il a mesme escrit dans quelqu'un de ses ouvrages, qu'il ne seroit jamais abbé, & moins qu'il ne fondait l'abbayîe. p [MmagioMt Paris. 1695, p. 228.)
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nostre fortune; ils méritent vn plus digne employ. Au heu de servir Dieu, ne nous servons point de luy. Il vaut mieui estre Catéchumène toute sa vie et mourir à la porte de TEglise, que d'entrer dans le sanctuaire par la bresche qu'y fait l'ambition. Que je me trouve bien du village et de la retraite! Que j'ay pitié de l'inquiétude et de la fièvre des pretendans! Si je n*avois d'autre maladie que celle-là, je me porterois mieux qu'homme du monde; et quoy que vostre bonne volonté m'oblige dans la rencontre qui se présente, je vous supplie de croire que je suis sans espérance et sans interest,
MONSIEVR
Vostre, etc.
BALZAC
Le 4 aoust '