‹ Œuvres de J.-L. de Guez, sieur de Balzac (volume 2)Chapitre 85 sur 90 · SVB LA CONVERSION DE L ANGLETERRE · texte numérisé non relu

SVB LA CONVERSION DE L ANGLETERRE

« Puis qu'il est vray que la persécution cesse en Angleterre, et que le Roy se lasse de nous donner des Martyrs, peut-estre que d'icy à quelque temps il mettra tout à fait les âmes en liberté. Quant à moy, je ne désespère point de sa conversion, que tous les gens de bien demandent au Ci^l à chaudes larmes... le m'asseure qu'il trouve tous les jours la Vérité dans Tlnstruction que le grand Cardinal du Perron luy a laissée, et partant, que la Vérité sera la plus forte en ses Royaumes, sitost que sa conscience sera pour elle. En effet, il ne fut jamais de Puissance si absolue, ny d'autborité mieux establie que la sienne... Ses predecesseuiS ne sçavoient que c'est de régner au prix de luy; non pas mesme celle qui s'est joiiée de tant de testes, et qui a esté plus heureuse qu*il n'eust esté besoin pour le bien commun de la Republique Chrestienne. Il est certain que TAngleterre a creû autrefois en Dieu, mais aujourd'huy elle croit seule-

langue? le vous ay autrefois monstre de ses lettres françoises, qui sont escrites du stile des Bardes et des Druides ; et si vous croyez que s^eximer de* apices de droite que Yofficine d'un artisan^ que Vimperitie de son art, et autres semblables despouilles des vieux Romans, soient de grandes richesses en France, il a de quoy en remplir le Louvre, l'Arsenal et la Bastille. Apres cette plaisante eslcction, je suis d'advis qu'où employé nostre cher Monsieur de Racan à la correction du Dictionnaire de Robert Estienne. p (A M. Chapelain, le 6 novembre 1057.)

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ment en son Prince Or il est à croire que la Providence

divine, qui conduit les choses à leur fin par des moyens qui en apparence luy sont contraires, veut se servir de Taveuglemenl de ce Peuple pour procurer son salut et le faire rentrer dans l'Eglise par la mesme porte qu'il en est sorty : Et puis que le cœur des Rois est entre les mains de Dieu, il ne faut qu'vn bon mouvement qu'il envoyé à celuy-cy pour luy faire redresser les Autels qu'il a abbattus, et rendre tout d'vn coup à la vraye Religion les âmes de trois Royaumes. . .» (A Mgr le Cardinal de La Valette, 20 aoust i62i.)

(( Les Afflictions sont des dons de Dieu, encore que ce ne soient pas de ceux que nous luy demandons en nos prières.» (Au mesme, 29 décembre 1621.)

« Ne craignez point de paroistre mon amy, car ce n'est ny vn larcin ny vn homicide, et des deux extremitez, du défaut et de l'excez, il vaut mieux tomber en celle qui est la plus belle et la plus honneste. Autrement, si Tamitié ne sort jamais de l'esprit, et si elle demeure lousjours cachée, à quoy est-elle meilleure que la haine faite de la mesme sorte? Et au pis aller, dequoy sert-elle, que pour le plaisir de la conversation et la nécessité du commerce? » (A M. Gi^ rard, 13 novembre 1622.)

tf Si les Princes consideroient que ce qui entre en leur Espargne c'est le sang et les larmes de leur pauvre Peuple, qui

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a esté quelquefois contraint de s'enfuir dans les bois et de passer la mer pour se sauver de la taille et de la gabelle, ils toucheroient à des choses si funestes avec plus de scrupule et de crainte qu'ils ne le font. Pour le moins, ils ne voudroient pas estre pauvres et injustes tout ensemble, ny emprunter leur propre argent des thresoriers qui le reçoivent, comme ils achètent les places de leur Royaume des Capitaines qui y commandent. C'est verrtablement vne chose estrange que le Grand Seigneur puisse fier ses femmes à la vigilance d'autruy , ... et que les Boys ne sçachent à qu i donner la garde de leurs thresors. » (A M. TEvesque d'Ayre. 28 décembre 1622.)

« Puis que nous durons si peu, il n'est pas raisonnable que nos passions soient immortelles, ny que ceux-là se soûlent de la vengeance, à qui Dieu en a défendu aussi bien Tvsage que Texcez. C'est vne chose qu'il s'est réservée toute pour soy, et à cause qu'il n'y a que iuy seul qui sçache bien vser de cette partie de la luslice, il ne l'a pas voulu mettre entre les mains des hommes, non plus que la foudre et les tempestes. Arrestons-nous donc dans nos premiers mouvemens, car c'est desja trop d'avoir commencé. » (Au R. P. Garasse*, vers l'année 1622.)

« Autrefois la Magnanimité et l'Humilité pouvoient estre deux choses contraires -, mais depuis que les principes de la Morale ont esté changez parles maximes de TEvangile, et que

* François Garasse, de la compagnie de Jésus, né en 1585, mort à Poitiers, en 1651, en secourant les pestiférés.

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les Vices des Payens sont devenus des Vertus Ghrestionnes, il y a des laschetez qu'vn homme décourage doit faire, et ce n'est plus à ceux qui ont triomphé des Innocens que la véritable gloire appartient, mais c'est aux Martyrs qu'ils ont faits et aux personnes qu1ls ont opprimées, » (Au R. P. Garasse.)

(K Changeons de propos, et disons que ce n'est qu'vn peu d*eau et de terre meslée ensemble, que nous conservons par toutes les maximes de la prudence et toutes les règles de la Médecine. Songeons, je vous prie, à la meilleure partie de nous-mesme, et travaillons à l'advenir à nous guérir du Vice aussi bien que de la fièvre. C'est cette image de Dieu que nous avons effacée de nos propres mains, qu'il nous faut refaire, et nostre première innocence que nous luy devons demander, et non pas nostre première santé. Pour moy, je suis absolument résolu à changer de vie, et n'avoir plus de soin que de faire mon salut, et de procurer celuy des autres... • (A M. Girard*, Secrétaire de Mgr le duc d'Epernon, 17 janvier i625.)

n Ne permettez rien à vostre esprit qui blesse vostre réputation. La Poësie que Dieu a choisie quelquefois pour rendre les Oracles, et pour expliquer ses secrets aux hommes, veut estre employée à tout le moins à vn vsage qui soit honneste, et ce n*est pas moins pécher de s'en servir à des choses sales, que de desbaucher vne Religieuse. » (A M. de Dois-Robert, 12 septembre 1625.)

* Guillaume Girard, secrétaire du duc d'Épernon, W publia les Mémoire» du duc, et entreprit, sur la fin de sa vie, la traduction des œuvres de Louis de Grenade.

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4 Nous ne sommes pas venus au monde pour faire des Loix, mais pour obeïr à celles que nous avons trouvées, et nous contenter de la sagesse de nos pères, comme de leur terre et de leur soleil. Et certes puis que mesme aiix choses indifférentes la nouveauté est blasmée, et que les Rois ne quittent point les lys pour prendre des tulipes en leurs armes, à combien meilleur droit devons-nous conserver les anciens fondemens de la Religion, qui est d'autant plus pure que, par sa vieillesse, elle s'approche davantage de Torigine des choses, et qu'entre elle et le principe de tout bien, il y a moins de temps qui Tait pu corrompre. » (A M. de Boîs-Roberi, 12 septembre i625.)

« le n*ay garde de m'offenser jamais contre vn homme qui me flatte, et en Famour que je me porte à moy-mesme. je souffriray toujours vn rival avec contentement. » (Au mesme, 28 septembre 1625.)

<i II n'y a rien de si aisé à vn grand Prince que de trouver ou de faire des coupables, et personne nUgnore que la tromperie ne soit juste, quand elle réussit au bien et à Tavantage de ceux qu'on trompe*. Il n'y a point de considération qui puisse faire changer de nature à vue chose qui est juste de soy-mesme, et les loix de la nécessité nous dispensent tousjours de celles de la Bienséance. » ( A Mgr le duc d'Espernon **, 18 novembre 1623.)

* Ces principes sont au moins contestables. On leur peut opposer cette maxime d'un Père de TÉglisc : il tue s'agit pas seulement de faire le bobr,

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