‹ Œuvres de J.-L. de Guez, sieur de BalzacChapitre 29 sur 89 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

(Juoy que puisse dire le Docteur Capitan, la Silve de Céladon ne doit rien à l'Apologie d'Aminte. le connois l'humeur de l'Homme. le sçais qu'il est perpétuellement sur le rapl (tyou;, qu'il veut casser toutes nos flustes, toutes nos guitarres, et tous nos luts; qu'il ne veut dans sa Musique que des tymbales, des tambours, et des trompettes. Il a tousjours la bouche pleine, ou de

Kella per jEmathios plus quam eivilia campos. Jusque datum sceleri canimus,

on de

Inférai raptoris equos, afftataque currti Sydera Tenario, caligantesquo profond»

ïononis thalamus.

ÎII faut le contenter en l'vne et en Pautre façon. Nous donnons dujenre sublime à sa fougue-, et du stile tempéré à son sens rassis : typologie est plus forte et plus élevée | que la Silve : Elle pique davantage la partie irascible, et le \ Lion caché dans Pâme de l'Homme : Mais la Silve touche | davantage le vray Homme, et les passions douces et humai- ; nés. le vous a y desja fait sçavoir qu'elle a esté faite pour vn ï de nos Amis de Saintonge, désespéré d'avoir perdu sa Maistresse, qu'vne lempeste de dévotion jetta dernièrement dans vn Monastère de Carmélites. Cette tempeste de dévotion n'est pas de moy ; elle est d'vn grand Sainct de nostre Siècle, que je vous nommeray en temps et lieu.

Si l'Orateur de Poitou que vousconnoissez, connoissoit le

Poêle Lucrèce, il s'escrieroit en cette occasion :

Tnntum Relligio potuit suadere mabruni ! Il soustiendroit que c'est sacrifier l'innocente Iphigenie.

Aulide quo pacto Triviai Virginis aram Iphianassai, etc.

S'il entendoit le Latin, il adresseroit à la nouvelle Carmélite ces paroles de Pétrone : Quid proderit hoc tibi, si te vivant sepelieris ; si anteqvam Fata poscunt indemmtum spiritum effuderis ?

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