‹ Œuvres de J.-L. de Guez, sieur de BalzacChapitre 42 sur 89 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

l'aurois fait à nostre Ain y la mesme difficulté que son Adversaire luy a faite sur son Sonnet ; moy qui suis tout plein d'estime et d'amitié pour luy, et qui reçois ses corrections de la mesme manière que je luy dis mes sentimens. Il me semble donc qu'on peut appeller Monsieur le Cardinal la Colomne de la France, voire s'il veut, Y Atlas de la Chrestienté; parce que ces termes sont vagues et figurez, et qu'ils conviennent raisonnablement à son Ministère : Mais le reste * ne peut passer ny plaire à Monsieur le Cardinal, estant sage I et modeste comme il est.

Pour les vers Satyriques, ils sont trempez dans le sang, et s'il les eust recitez avec cette gravité de Tribun, que j'ay jugée digne dVne médaille, ils eussent esté capables d'exciter vne sédition populaire.

Dans les Stances de son Alcippe, je ne trouve point de partie essentielle à changer, depuis la dernière revision. le diray seulement que le Poëme estant petit, et la répétition j estant vne figure remarquable, je ne serois pas fasché qu'il ! y eust vn peu moins de répétitions. Quand celle de la cin- J quiesme Stance n'y seroit pas, il me semble que celle de la quatriesme suffiroit, et qu'il eust pu se contenter des deux % premiers il faut quitter. Il seroit bon encore en d'autres endroits, d'esclaiiw le nombre des autres répétitions, qui j paroistroient plus belles, estant moins eepai§ses, et sur les- i

quelles quelque Castelvetro pourroit faire vn procez à nostre Amy.

L'opposition de loy à cluistiment ue me semble pas bien juste : car, comme vous seavez, la plupart des Loix chastient; et j'aimerois mieux c'est un devoir, non pas vn chas- .tintent. Iaimerois mieux aussi, avant que nostre siècle, qu'auparavant qiCvn siècle; et vn Tombeau plus riche, que plus pompeux, et le grand Soleil, que le grand Flambeau, parce qu'on peut dire, le lict du Soleil, et non pas le lict d'vn Flambeau : outre que le Soleil est proprement icy en sa place, pour effacer de sa seule lumière toutes les translations.

Voilà de fort légères objections, que je ne prends la liberté de faire, que parce que vous m'y avez condamné. LePoëme entier est vne des plus belles choses qui se puissent voir, soit qu'on en considère le sens, les pensées, la versification, etc.

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