‹ Œuvres de J. RacineChapitre 100 sur 222 · Cautionnement est écrit au-dessus de procuration^ bifîé · texte numérisé non relu

Cautionnement est écrit au-dessus de procuration^ bifîé

LETTRES. ao7

liel hn mande de vous venir mettre en possession* Je TeôF crois qu^il (audra tonjoors garder le secret le pins que TOUS pourrez, jiisqa*à ce que vous soyez installé. J*écris anssi à M. d'Épagny, afin qu*il vous reçoive bien, et qu'il £use les choses le plus diligemment qu'il pourra. Il me semble que l'intention de M. le Jarriel est que vous ne rendiez sa lettre à M. de Falconière que lorsque M. d'Épagny viendra vous mettre en possession. Adieu, Monsieur : je suis entièrement à vous. Je salue ma sœur et mon cousin du Pin.

U n'est pas besoin que vous fassiez signer ce M. Vlsart oo Vitart, car je n'ai pas bien su lire ce nom ; et il suffit des deux que j'ai nommés à M. le Jarriel, puisqu'il en est content.

Je viens de recevoir les deux procurations. Je ne les arois pas encore vues quand je vous ai écrit, et M. le Jarriel m'avoit dit de les envoyer quérir au bureau des fermes. Il n'y aura qu'à les faire signer, toutes telles qu'elles sont, parnlevant notaire. Cest un modèle général pour tous ceux à qui ces Messieurs donnent des commissions.

Suseription : A Monsieur Monsieur Rivière*

164* — BK RACnrB A JEA19-BAPTISTE RACINE ^ A Paris, 24. février [1698].

Je me trouvai si accablé d'affaires vendredi dernier, que je ne pils trouver le temps de vous écrire ; mais je n*en ai guère davantage aujourd'hui : j'ai attendu si

Lmax 164. — I. Revne sor l'autographe, con9<$nrë à la Bibliothèque impérial^

aoS LETTRES.

jg g tard à commencer ma lettre, qu'il faut que je la fasse fort courte si je veux qu'elle parte aujourd'hui. Je n'ai point encore vu M. l'abbé de Chasteauneuf*; mais il me revient de plusieurs endroits qu'il parle très-obligeamment de vous, et qu'il est surtout très-édifîé de la résolution où vous êtes de bien employer votre temps auprès de Monsieur l'Ambassadeur. Il a dit à M. Dacier' que le premier livre que vous aviez acheté en Hollande c'étoit Homère , et que vous preniez un grand plaisir à le relire. Cela vous fit beaucoup d'honneur dans notre petite Académie, où M. Dacier dit cette nouvelle; et cela donna sujet à M. Despréaux de s'étendre sur vos louanges, c'est-à-dire sur les espérances qu'il a conçues de vous; car vous savez que Cicéron dit que dans un homme de votre âge on ne peut guère louer que Tespérance ^. Mais l'homme du monde à qui vous êtes le plus obligé, c'est M. de Bonac : il parle de vous dans toutes ses lettres, comme si vous aviez l'honneur d'être 'son frère. Je vous estime d'autant plus heureux de cette bonne opinion qu'il a conçue de vous, que lui-même est ici en réputation d'être un des plus aimables et des plus honnêtes hommes du monde. Tous ceux qui l'ont vu en Danemarc, ou à la Haye, sont revenus charmés de sa politesse et de son esprit. Voilà de bons exemples

a. L'abbë de Châteauneuf avait vu Jean-Baptiste Racine en revenant de Stettin. Cet abb^ et l'abbé de Polignac avaient accompagna le prince de Conti, lorsque celui-ci croyait aller prendre possession du trône de Pologne. Ds avaient, dans leurs lettres^ donne de trompenses espérances. A leur retour, ils se trouvèrent eu disgrâce. On lit, dans le Journal de Dangeau, à la date du 16 février 1698 : « L'abbë de Cbâteaimeuf est revenu depuis peu de jours à Paris, et ne reviendra point ici (« FertailU$) saluer le Roi. »

3. André Dacier, né en i65i, mort en 1733. Il était confrère de Racine à l'Académie française et à l'Académie des médailles depuis Tannée 1695, où il avait été admis dans l'une et l'autre compagnie.

4* Voyez au tome VI, p. 453, la note 9 de la lettre a6.

LETTRES. ao9

qoe vous avez devant vous, et vous n'avez qu'à imiter TsTT ce que vous voyez.

Je lus à M. Despréaux votre dernière lettre, comme il étoit au logis; il en fut très-content, et trouva que vous écriviez très-naturellement. Vous nous ferez plaisir à lui, à votre mère, et à moi, de nous écrire trèssouvent. Je lui montrai Tendroit de votre lettre où vous dtstez que vous parliez souvent de lui avec Monsieur F Ambassadeur; et comme il est fort bon homme, cela l'attendrit beaucoup , et lui fit dire de grands biens et de Monsieur T Ambassadeur et de vous.

M. le comte d'Ayen a été fort mal d'une assez grande fluxion sur la poitrine; il est mieux présentement, n'ayant plus de fièvre; mais Madame sa mère me dit hier au soir, chez M. de Cavoye, qu*il étoit toujours enrhumé. Elle me fit beaucoup de compliments de la part de Mme de Stienhusse ', qui lui mandoit qu'elle étoit bien fâchée que vous n'eussiez pas fait un plus long séjour à Bruxelles. Pour moi, je ne me plains plus qu'il ait ét^ ni trop long ni trop court; mais je voudrois seulement que vous y eussiez vu en passant un homme * qui étoit du moins aussi digne de votre curiosité que tout ce que vous y avez vu. La mort de M. du Fresnoy'' embarrasse beaucoup votre cousin, M. de Barbezieux ayant fait réponse à M. de Cavoye, qui le lui avoit recommandé , qu'il n'y avoit plus assez d'afiaires dans ce bureau pour occuper tous ceux qui y étoient. Je vis, il y a huit jours, votre sœur à Port-Royal, d'où j'avois résolu

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