‹ Œuvres de J. RacineChapitre 99 sur 222 · OB RAGOnE A JEAir^APTISTB RACINB. lô^g · texte numérisé non relu

OB RAGOnE A JEAir^APTISTB RACINB. lô^g

A Paris, le i3« février [1698].

Jb croû que tous aurez été content de ma dernière lettre et de la réparation qne je vons y fSedsois de tout le chagrin qne je pois toos avcnr donné sur votre fojage. Tai reçu votre ordonnance au trésor royal; mtis qudques instances que M. deChamlay, quej^avois mené avec moi, ait pu faire i M. de Turmenies*, je n'en ai jamais pu tirer que neuf cents irancs : on prétend même que c'est beaucoup, et que M. de Turmenies a fisût au delà de ce qu'il pouvoit faire. Nous vous tiendrons compte de cette somme, et vous n'aurez qu'à prier Monsieur F Ambassadeur de vous faire donner l'argent dont vous aurez besoin; j'aurai soin, de mon côté, de le rendre en ce pays-ci aux gens à qui il me mandera (k le donner. On me conseille d'en user ainsi, à cause qa'fl y auroit trop à perdre et sur le change et sur les espèces. On croit tous les jours ici être à la veille d'un dècri, et cela cause le plus grand désordre du monde, les marchands ne voulant presque rien vendre, ou vendant extrêmement cher. On dit pourtant que le décri poorroit bien n'arriver pas sitôt, à cause de la foule de gens qui portent tous les jours des sommes immenses in trésor rojral, où il y a, à ce qu'on dit, près de soixante minions. Je ne vous parle que sur le bruit public; car je n'en ai par m<H-méme aucune connoissance. Je porterai demain matin les dix mille francs qui me restent à payer de ma taxe, et ces dix mille francs me sont prétés par M. Galloys *. Nous avons remboursé Mme Qui-

Lbibb i6a (renie fur l'autographe, conserrë k la Bibliothèque iapëriale). ~~ i. L'un des tr^toriert des deniers royaux. Voyea endcssas, p. 198, U note 6 de U lettre i58.

a. Cétait le fils de Philippe Gallojs, notaire au Chitelet, mort

%ok LETTRES.

^g g naalt' : amsi je sois quitte de ce côté-là; mais tous jugez bien que cela nous resserre beaucoup dans nos affiûres, et qu'il faut que nous vivions un peu d'économie pour quelque temps. Tespère que vous nous aiderez un peu en cela, et que vous ne songerez pas à noos faire des dépenses inutiles , tandis que nous nous re* tranchons souvent le nécessaire.

Vous êtes extrêmement obligé à M. de Bonac de tout le bien qu'il mande ici de vous; et tout ce que j'ai à souhaiter, c'est que vous souteniez la bonne opinion qu'il a conçue de vous. Vous me ferez un extrême plaisir de lui demander pour moi quelque place dans son amitié, et de lui bien témoigner combien je suis sensible à toutes ses bontés. Je crois qu'il n'est pas besoin de vous exhorter à n'en point abuser : je vous ai toujours vu une grande appréhension d'être à charge à personne, et c'est une des choses qui me plaisoient le plus en^ vous.

J'ai trouvé, à Versailles, un tiroir tout plein de livres, dont une partie étoit à moi, et l'autre vous appartient: je vous les souhaiterois tous à la Haye , à la réserve de deux ou trois, qui en vérité ne valent pas la reliure que vous leur avez donnée. Votre mère a reçu une grande lettre de votre sœur aînée, qui étoit fort en peine de vous, et qui nous prie instamment de la laisser où eUe

en 1688, le leul qui ent le courage de receroir, le s6 janTÎer i656, la protestation d'Antoine Amauld contre la censure de Sorbonne.

3. Nous ignorons comment Racine se trouYait d^iteur de Mme Quînault ; mais l'éditeur de 1807 se trompe sans doute lonqu'il dit ici que Racine avait acheté la charge de secrétaire du Roi qui avait appartenu à Quinault. La charge que Racine obtint en 1696 était de nouvelle création. Voyez au tome I, Piiees Jtutî/katwes^ p. 188, note i.

4. Il 7 a, dans l'autographe, « à tous, » ce qui ne peut être qu'une inadrertanoe.

LETTRES. ao5

est '. Cependant il n'y a guère d'apparence de Fy laisser ^^^ pins longtemps. La pauvre enfent me fieût beaucoup de compassion par le grand attachement qu'elle a conçu pour nne maison dont les portes vraisemblablement ne somniront pas sitôt*. Votre sœur Nanette est tombée ees jours passés, et s'étoit fait grand mal à un genou; mais elle se porte bien, Dieu merci. Il me paroît, par TOtre dernière lettre, que vous aviez beaucoup d'occupation , et que vous étiez fort aise d'en avoir. Cest la meîlleare nouvelle que vous me puissiez mander, et je serai à la joie de mon cœur quand je verrai que vous prenez plaisir à vous instruire et à vous rendre capable àe profiter des bontés que l'on pourra avoir pour vous. Adiea, mon cher fils : écrivez-moi toutes les fois que cda ne tous détournera point de quelque meilleure occopatîon. Votre mère seroit curieuse de savoir ce qui TOUS est resté de tout ce qu'elle vous avoit donné pour Tolre Toyage. Elle est en peine aussi de savoir si vous arez pris le deuil ^. J'ai payé aujourd'hui à M, Pierret deux tours de plume* qu'il vous a achetés. Mandez-nous 9 TOUS êtes content de Henry, et s'il se gouverne bien en ce pays-là. M. Despréaux me demande toujours de Tos nouvelles, et témoigne beaucoup d'amitié pour vous.

SuêcripUon : A Monsieur Monsieur Racine , gentil-

5. A Port-Rojal des Champs. Voyez la lettre pr^^ente, p. aoo, oè Racme explique par quelles raisons il y arait peu d'apparence fjÊc Marie-Catherine pât 7 demeurer.

6. Cest-a-dire, où on ne laissera pas sitôt entrer des norices.

7. A l'occasion de la mort de son grand-oncle : voyez ci-dessus, f. 196, la note 9 de la lettre iSp.

8. m Tour se dit.... de difTiérentes choses dont on se sert soit pour iltabilleinent, soit pour la parure, et qui sont mises en rond.... Cl tomr de plumet.... (Diciiontiairê de VAcadéime de 1694, au mot Toua.) — Racine a ^rit plume^ sans $.

ao6 LETTRES.

1698 homme ordmaire du Roi, chez MonsTenr rambassadenr de France, à la Haye. (Gichet ronge, aa cygne.)

l63. DE RAGIlfE A H. BlVliU.

A Paris, ce la* février [1698'].

Je n ai pas plus tôt reçu votre lettre, que j'ai été la montrer à M. le Jarriel*. Il m'a paru que je lui ai fait plaisir en lui nommant mon cousin du Pin * avec M. Lange, parce que M. du Pin est de Paris, et que ces Messieurs aiment assez qu'on leur nomme des gens de connoissance. Je suis fort sensible à Tamitié que mon cousin vous montre en cette occasion, et je meurs d'envie qu'il m'en fasse naître une où je puisse lui en témoigner ma reconnoissance. Je vous envoie deux modèles de cautionnement* que M. le Jarriel m'a donnés pour vous y conformer. Priez M. du Pin et M. Lauge de signer, et prenez la peine de m'envoyer cet acte par la poste, afin que M. le Jarriel voie que je suis homme de parole.

En même temps, vous pouvez partir pour Soissons et y porter à M. d'Épagny la lettre par laquelle M. le Jar-

Lettbb i63 (revue sur l'antographe, consenrë à Soissons). — I . Cette lettre parait postérieure à celle que Racine a écrite 4 sa sœur le 24 niai 1697, et dans laquelle on roit que M. Rivière n avait pas encore obtenu sa commission (voyez ci-dessus, p. 173). S'il en est ainsi, la date de 1698 est la seule qu'on puisse admettre ici.

a. n s^agit vraisemblablement de Jean-Baptiste le Jariel, sieur des Forges, qui était conseiller à la cour des aides depuis Tannée i685. Voyez VÉtai de la France pour l'année 1698, tome III, p. 343.

3 4 Racine avait deux cousins de ce nom : Joseph dn Pin, et le célèbre docteur Louis Ellies du Pin, fils Tun et l'autre de Marie Vitart, et petits-fils de Claude des Moulins. Voyez au tome VI, p. 45o, la note 4 de la lettre a5.

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