Voyez ct-desfus, p. %qù^ la note 4 de la lettre x6i
aia LETTRES.
à perdre dessus, et qu'ils valolent en Hollande douze
^^ livres cinq sous comme ici. Je vous prie d'être le meilleur ménager que vous pourrez, et de vous souvenir que vous n'êtes point le fils d'un traitant ni d'un premier valet de garde-robe. M. Quentin, qui, conmie vous savez, n'est pas le plus pauvre des quatre ^, a marié sa fille à un jeune homme extrêmement riche, qui est neveu de M. Lhuillier, et qui a acheté la charge de maître d'hôtel ordinaire de Madame de Bourgogne '. C^est le même qui avoit voulu acheter la charge de premier valet de garde -robe qu'a voit M. Félix; mais j'ai oublié son nom. Mme Félix* a été extrêmement malade d^un rhumatisme sur la vessie et sur les parties voisines ; mais je la crois hors de péril. M. de Montarsis ^, que je vis l'autre jour, me dit que M. Bombarde vous avoit
4. Les qaatre premiers Talets de garde-robe étaient alors Gabriel Bachelier, Jean Quentin (le petit M. Quentin : y oyez ci-dessus, p. 900, la note 3 de lettre i6i), Charles-François Félix de Tassy, qui était en même temps premier chirurgien du Roi, et Claude-Nicolas-AJexandre Bontemps. Voyez VÉtat de ta France pour l'année 1698, tome I, p. 196 et 197.
5. Dans une note de l'édition de 1807, il est nommé Pierre-René de Brizai ; nous y trouvons une difficulté. Pierre-René de Brisay, comte de Denouville, était gendre non de Jean Quentin, mais de son oncle François Quentin, seigneur de Champcenetz, dont Saint* Simon parle en plusieurs endroits de ses Mémoires sous le nom de Lavienne, et qui était premier Talet de chambre du Roi. Vojrez le Dictionnaire critique de M. Jal, p. ioi3 et 1014.
6. Blarguerite Brochant, seconde femme de Chariet- François Félix.
7. Une note de Tédition de 1807 confond ce Montarsis areo Claude Lebas de Montargis, trésorier des deniers rojaux, beaupère du président Hénault, qui a été nommé ci-dessus, p. 198, a la note 6 de la lettre i58. Mais Racine parle ici de Pierre le Tessier de Montarsy, conseiller seeréuire du Roi, et son joaillier ordinaire, dont la fille fut mariée, en 1699, an fils de Charles- François Félix. Voyez le Dictionnaire critique de M. Jal, p. $711 et ci-après, p. 161 et i63, la note 8 de la lettre 180.
LETTRES. ai 3
donné trente pistoles d'Espagne*. Vous avez eu tort de ^^ g ne m*en rien mander, car je ne lui avois donné que trois cents firancs; mais vraisemblablement vous croyez qu'il n^est pas du grand air de parler de ces bagatelles, non fins que de nous mander combien il vous restoit d*argent de votre voyage. Nous autres bonnes gens de fiuniUe nous allons plus simplement, et nous croyons que bien savoir son compte n'est pas au-dessous d'un honnête homme. Votre mère, qui est toujours portée à bien penser de vous, croit que vous l'informerez de toutes choses, et que cela fera en partie le sujet des lettres que vous lui promettez de lui écrire. Sérieusement vous me ferez plaisir de paroître un peu appliqué à vos petites afiaires. M. Despréaux a dtné aujourd'hui au logis, et nous hi avons fait très-bonne chère, grâces à un fort grand brochet et à une belle carpe qu'on nous a envoyés de Port-Royal. M. Despréaux venoit de toucher sa pension, et de porter chez M. Giillet * dix mille francs pour se faire cinq cent cinquante hvres de rente sur la ville. Demain, M. de Valincour viendra encore dîner an logis avec M. Despréaux. Vous jugez bien que cela ne se passera pas sans boire la santé de Monsieur rAmbassadenr et la vôtre. J'ai été un peu incommodé ces joors passés; mais cela n'a pas eu de suite, Dieu merci, et nous sommes tous en bonne santé. M. Pierret m'a conté que M. de la Qausure*^ avoit été douze jours à venir ici de la Haye en poste, et m'a fait là-dessus un
8. La pistole d'Espagne Talait quinze fîranct de notre monnaie. (NoieéU Fééitiom tU 1807.)
9. Notaire qui a^ait saccadé à Philippe GalloTt.... Son ^tade ^it me Sainte-ÀToie. {Note tU PéSiion de 1807.) — Sur Philippe Gallojrt, Tojrez ci-dettus, p. ao3, la note 3 de la lettre i6a.
10. Qui a M r^ident de France à Genève. {Note de tétUtiom lie 1807)
ai4 LETTRES.
jg g grand éloge de votre diligence. Dans la vérité, je sois fort content de vous, et vous le seriez aussi beaucoup de votre mère et de moi si vous saviez avec quelle tendresse nous nous parlons souvent de vous. Songez que notre ambition est fort bornée du côté de la fortune, et que la chose que nous demandons de meilleur cœur au bon Dieu, c'est qu'il vous fasse la grâce d'être homme de bien, et d'avoir une conduite qui réponde à l'éducation que nous avons tâché de vous donner.
Votre cousin de Romanet est ici, assez affligé de n'avoir plus d'emploi; car nous n'espérons guère que M. de Barbezieux le continue dans celui qu'il avoit. Il en a renvoyé deux ou trois autres, dont l'un étoit neveu de M. Vallée ^^, disant qu'il n'y a pas maintenant assez d'affaires dans le bureau de M. du Fresnoy pour occuper tant de gens. Votre oncle ^' en aura beaucoup de chagrin. Il nous mande que sa santé ne se rétabUt point, et je doute qu'il aille encore fort loin. Votre sœur Nanette vous avoit écrit une grande lettre pleine d'amitiés, mais elle auroit trop grossi mon paquet. Tirai dans deux ou trois jours à Versailles pour demander d'aller à Marly, où l'on vamecredi prochain*'. Faites mille compliments pour moi à Monsieur l'Ambassadeur et à M. de Bonac. Adieu, mon cher fils : il me semble qu'il y a longtemps que je n'ai reçu de vos nouvelles,
1 1 . Nicolas Vall^, conseiller auditeur en la chambre des comptes, reçu en 1697.
19. M. de Romanet, frère de Mme Racine, et père du jeune de Romanet dont Racine vient de parier.
i3. On y alla un jour plus tôt, le mardi 4 mars. Voyez le Jour» mU de Dangtau, à cette date. On remarquera aussi que la lettre sui- Tante est dat^e (à la fin) de Marly, le 4 mars.
LETTRES. aiS
l66. DB BACmE A MADAME DE MA^^^Blr01l^
Ta VOIS pris la liberté de vous écrire, Madame, au sujet de la taxe qui a si fort dérangé mes petites af-
i66 (rerae lor Taiitographe, consenré à )a Biblioth^e impérUle). — x. Cet autographe n'ett qu'une copie, on plutôt un farooillon. Sur un feuillet qui le précède on lit cette note : « Copie, écrite et signée de Jean Racine, de la lettre qu'il adressa à Mme de Maîntenon, à la fin de sa rie, et qui n'est rapportée qu'en partie à la fin des Mémoires de sa vie. » La lettre envoyée à Mme de Maintenon peut avoir été un peu différente de celle-cî, qui semblerait n'être qu'un projet. Quoi qu*il en soit, nous ne pooviooa hésiter L préférer le texte authentique du manuscrit de la Bibliocbèque impériale à un antre texte qui nous a été communiqué comme étant celui de la lettre même envojée à Mme de Maintenon. Nous voulons parler d'un original prétendu, qui ne £ût que reproduire, a de très-légères différences près, VXxtraii publié par Louis Racine, à la page 3i6 de son Recueil. C'est Louis Racine loî-méme qui intitule Extrait le texte mutilé qn'il donne ; et, dans trois passages on il a fait des suppressions importantes, il indique par des points ces suppressions. Comment se fait-il donc que les mêmes passages manquent dans la pièce qu'on voudrait regarder comme originale? Nous avons dit qu'il n'y avait entre cette pièce et le texte de Louis Racine que de légères différences. Cela n'est vrai que jusqu'aux mots : « Mais je sais ce qui a pu donner lieu à une accusation...; m car cette phrase et celles ^i suivent dans Louis Racine, jusqu'à : « Je vous assure. Madame, » manquent dans le prétendu autographe. Il porte à la fin cette date : * Ce 4 janvier 1697. >• Elle ne parait pas possible, l'affaire de la taxe des secréuires du Roi dont Racine parie au commencement de la lettre éunt du mois de décembre 1697. Elle est également inconciliable avec la date d'autres faits que la lettre mentionne : voyez ci-après les notes 11, la et 14. — Louis Racine a donné la lettre de son père à Mme de Maintenon, nonseulement dans son Recueil^ à la page que nous avons tout À l'heure indiquée, mais aussi dans ses Mémoires, p. 976-380 de l'édition de I747f p* 336 et 337 ^^ notre tome I. Là non plus il ne prétend pas citer la lettre dans toute son étendue : « Je ne la rapporte pas entière, dit-il, parce qu'elle est un peu longue. » Il y a même un peu plus de suppressions dans les Mémoires que dans le Mêcmeil^ et quelques différences entre les deux textes.
ai6 LETTRES.
,«^s (aires ' ; mais n*étant pas oontent de ma lettre, j^aToîs simplement dressé un mémoire, dans le dessein de voos (aire supplier de le présenter à Sa Majesté. M. le maréchal de Noailles s'offrit généreusement de vous le remettre entre les mains, et n'ayant pu trouver roccasion de vous parler, le donna à Monsieur TArchevéque, qui peut vous dire si je lui en avois seulement ouvert la bouche, et si, depuis deux mois, j 'avois même eu Thonneur de [le*] voir. Au bout de quelques jours, comme je n^avois aucunes nouvelles de ce mémoire, je priai Mme la comtesse de Gramond, qui alloit avec vous à Saint-Germain^, de vous demander si le Roi Ta voit lu, et si vous aviez eu quelque réponse (avorable. Voilà, Madame, tout naturellement, comme je me suis conduit dans cette af- (aire. Mais j'apprends que j'en ai une autre bien plus terrible sur les bras, et qu'on m'a (Sût passer pour janséniste dans l'esprit du Roi. Je vous avoue que lorsque je faisois tant chanter dans Esther :
Rois, chassez la calomnie^,
je ne m'attendois guère que je serois moi-même un jour attaqué par la calomnie. Je sais que, dans l'idée du Roi, un janséniste est tout ensemble un homme de cabale et un homme rebelle à l'Église. Ayez la bonté
1. La taxe de ringt mille francs a laquelle on a^ait soumis les seci^taires du Roi. Voyez ci-dessus, p. 198, la note a de la lettre 160.
3. X« est omis dans l'autographe. Au lieu de : « et si, depuis deux mois, etc., » la fin de la phrase était d'abord : « y ayant plus de deux mois que je n'arois eu l'honneur de lui parler. » Cette correction et celles qu'on trouvera ci-après montrent que l'autographe de la Bibliothèque impériale est plutôt un brouillon qu'une copie.
4. C'éuit vraisemblablement le 8 février précédent, jour où le Roi alla a Saint-Germain voir le roi et la reine d'Angleterre, comme Dangean le rapporte à cette date.