En 1698, Pâques tombait le 3o mars
3. On avait su à Versailles, le 11 mars, que le mariage du comte d'Ayen avec Françoise d'Aubigné, nièce de Mme de Maintenon, était résolu (voyex le Journal de Dangeau à cette date). Le mariage se fit à Versailles, le mardi \^ avril suivant. Adrien-Maurice comte d*Ayen, fils aînë du duc de Noailles, était alors mestre de camp d'un régiment de cavalerie. Il devint duc de Noailles en 17041 et fut fait maréchal de France en 1784.
LETTRES. aaS
me témoigne toujours beaucoup d'amitié poifr vous. Le ^^ ^ voila présentement le plus riche seigneur de la cour. Le Roi donne à Mlle d'Aubigné huit cent mille francs, outre cent mille francs en pierreries. Mme de Maintenon assure aussi à sa nièce six cent mille francs après sa mort. On donne à M. le comte d'Ayen les survi- Tances des gouvernements de Beny et de Roussillon ^, sans compter des pensions qu'on leur donnera encore. M. le maréchal de Noailles assure quarante-cinq mille Kvres de rentes à Monsieur son fils, et lui en donne présentement dix-huit mille. Voilà, Dieu merci, de grands biens; mais ce que j'estime plus que tout cela, c'est qu'il est fort sage et très-digne de la grande fortune qu'on hu fait. Adieu, mon cher fils : votre mère vous écrira par le second courrier de Monsieur l'Ambassadeur. Ecrivez-nous souvent, et priez Monsieur l'Ambassadeur de vouloir vous avertir une heure ou deux avant le départ de ses courriers, quand il sera obUgé d'en envoyer. Quand vous n'écririez que dix ou douze lignes, cela me fera toujours beaucoup de plaisir. Lionval a été un peu malade, et est encore un peu foible. Vos petites sœurs sont en très-bonne santé. Je vous prie de faire mille compliments pour moi à M. de Bonac, et de l'assurer de toute la reconnoissance que j'ai pour l'amitié dont il vous honore. Je l'en remercierai moi-même à la première occasion, et lorsque j'aurai l'esprit un peu plus tranquille que je ne l'ai.
Suscription : A Monsieur Monsieur Racine, gentilhomme ordinaire de Sa Majesté, à la Haye. (Cachet rouge, au cygne.)
4. Racine a ëcrit, par mégarde, RoussUfyj au lieu de RouuUlon,
J. Racuik. vu i5
ta6 LETTRES*
t«98 '^' ^^ MADAME RAGIHC ET DE BAGIHE
A JEAK-BAPnSTE BACniE ^
[Ce a4 mars 1698 *.]
Js me sers de Foccasion du courrier de M. de Bonrepaux pour vous témoigner, mon fils, la joie que j'ai de Tapplication qu'il nous semble que vous vous donnex au travail, pour profiter des instructions que Monsieur TAmbassadeur veut bien vous donner. Votre père m'en paroît fort content. Soyez persuadé que vous ne lui sau* riez faire plus de plaisir, et à moi aussi, que de vous remplir l'esprit de choses propres à exercer votre charge avec l'estime des honnêtes gens. Je ne puis assez vous témoigner combien je suis sensible à toutes les bontés que M. de Bonrepaux a pour vous. Je vous prie de lui en témoigner ma reconnoissance.
Votre père a été voir votre sœur, qu'il n'a pas trouvée d'une assez bonne santé pour la laisser aller dans une autre maison que celle où elle est'. Si elle est obligée d'en sortir, il faudra bien qu'elle se résoude ^ à revenir avec nous se rétablir. Le parti qu'elle doit prendre ne sera décidé que dans quelques jours. Vous me manderez à votre loisir si la toile et la dentelle que vous avez achetées pour vos chemises est plus fine que celle que
Lktteb 169 (revue sur l'autographe, conserrë à la Bibliothèque impériale). — i. La fin seule de cette lettre est de Racine : royex ci4iprès, p. 918.
a. La lettre est ainsi dat^e dans Tëdition de 1807; elle est sans date dans l'original .