‹ Œuvres de J. RacineChapitre 133 sur 222 · A JEAN-BAPTISTE RACINE · texte numérisé non relu

A JEAN-BAPTISTE RACINE

Jb vous écris, mon cher fils, auprès de votre père', qui le vouloit faire lui-même : je Ten ai empêché, ayant un remède dans le corps et ayant été fort fatigué hier de Témétique qu'on lui fit prendre, lequel a eu tout le succès qu'on en pouvoit espérer, en telle sorte que les médecins disent qu'il n'a plus qu'à se tenir en repos, n'ayant plus rien à craindre dans la maladie, qui est à son retour, n'ayant presque plus de fièvre. Je vous manderai une autre fois le détail de la maladie de votre père. Fiez-vous à moi. N'ayez point d'inquiétude. Toute la crainte qu'a votre père, c'est que l'inquiétude ne vous fasse prendre quelque parti précipité qui vous détourneroit de vos occupations, et ne lui seroit d'aucun soulagement. Votre père espère de vous écrire lui-même vendredi, et à Monsieur l'Ambassadeur, duquel fl s'ennuie de ne point recevoir de nouvelles. On conseille fort à votre [père] de prendre ici des eaux de Saint-Amand, en attendant le printemps, qu'il ira sur les lieux avec M. Félix. Je l'y accompagnerois, et ce seroit une joie parfaite si le temps d'y venir de Monsieur l'Ambassadeur se trouvoit avec le nôtre, croyant bien que Monsieur l'Ambassadeur vous y amèneroit. Les médecins qui voient votre père disent qu'il court beaucoup de ces coliques comme les siennes. M. Finot' prétend

Lsmm 187 (renie sur rautographe, conserve à la Bibliothèque impériale). — i. La date, comme on le verra plu» bas, a été marquée par Mme Racine À la fin de la lettre. Si Louis Racine y eât fait quelque auention, il n'eût pat substitue à cette date celle du so octobre.

a. C'est, on le voit, Mme Racine qui commence cette lettre. Voyez ci-dessus, p. a83, la note 1 de la lettre précédente.

Si Si l'on en croit une satire du temps intitulée : Le mmréthml ie

fort bien oonnoltre le tempérament de Monsieur TAm- ^^ g bassadeor, et dit qu'autant qu'il a mal fait d'aller à Aix-la-ChapeUe, autant il est absolument nécessaire qu'il Tienne, dès le premier beau temps, à Saint-Amand ^, et il se prépare à écrire là-dessus à M. Fagon.

Tembrasse de tout mon cœur* Monsieur T Ambassadeur. Quoiqu'il ne soit nullement nécessaire que vous me Teniez Toir, si néanmoins Monsieur l'Ambassadeur aToit, dans cette occasion, quelque dépêche un peu importante à faire porter au Roi, il se pourroit faire cpie Monsieur l'Ambassadeur toumeroit la chose d'une telle manière que Sa Majesté ne trouveroit pas hors de raison qu'il tous en eût chargé. Dites-lui seulement ce que je tous mande, et laissez-le faire. Adieu, mon cher fils : j'ai bien songé à tous , et suis fort aise que nous soyons encore en état de nous voir, s'il plaît à Dieu.

Ne TOUS étonnez • pas si l'écriture de TOtre père n'est pas bonne ^ : c'est qu'il est tout couché au fond de son lit; du reste, il tous écriroità l'ordinaire. Adieu, mon fils : je TOUS embrasse, et suis toute à tous.

Ce 6"* octobre, jour de saint Bruno, Totre ancien patron*.

Luxembourg au lit delà mori^ ce Fînot paMait ponr un des médecins \c* plus ignonmU de Paris. {Note de P édition de 1807.) — Raymond Finot, n^ en i637 à Bëziers, mon à Paris le 18 septembre 1709. n ^tait docteor de la facoltë de Montpellier.

4. Saint- Amand-les-Eaux, petite ville situ^ sur la Scarpe, aujourd'hui dans le département du Nord.

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