‹ Œuvres de J. RacineChapitre 137 sur 222 · Voyez au tome VI, p. 563, la note lo de la lettre · texte numérisé non relu

Voyez au tome VI, p. 563, la note lo de la lettre

11. Isabelle ou Elisabeth de Sainte- Agnès le Féron, celMnère k Port-Royal des Champs, où elle ëtait entrée en 1640, et arait fait profession le 11 septembre i653. Elle mourut le 16 avril 1706, dans la soixante-treizième année de son âge. Voyez VHUtoire ^ ndraU de Port-Royal ^ tome IX, p. 96-102, où elle est nommée Isabelle-Agnès le Féron; mais dans la Ibte des religieuses de Port- Royal dom Clémencet lui donne les noms que nous reproduisons en tête de cette note.

la. Pierre-Thomas du Fossé mourut le 4 novembre 1698, âgé de soixante-quatre ans. Il avait été élevé, comme Racine, à Port- Royal, et Antoine le Maître avait particulièrement veillé sur son éducation ; mais il n'avait pas été précisément condisciple de Racine, qui n'entra aux petites écoles qu'en i655, tandis que Thomas du Fossé y était entré en 1648.

ai été très-touché. Cétoit pour ainsi dire le plus ancien Tool" ami que f eusse au monde. Plût à Dieu que j'eusse • mieux profité des grands exemples de piété qu'il m'a donnés! Je vous demande pardon d'une si longue lettre, et vous prie toujours de m'assister de vos prières *".

19a. -^ DE RACINE A JEAir-BAPnSTE RAGUIE \

A Paris, le 10. novembre [1698].

Nous revînmes de Melun vendredi dernier, et j'en suis revenu fort fatigué. Pavois cru que l'air me fortifieroit; nuds je crois que l'ébranlement du carrosse m'a beaucoup incommodé. Je ne laisse pourtant pas d'aller et de venir, et les médecins m'assurent que tout ira bien, pourvu que je sois exact à la diète qu'ils m'ont ordonnée, et je l'observe avec une attention incroyable. Je voudrois avoir le temps aujourd'hui de vous rendre compte du détail de la profession de votre sœur; mais,

i3. On a TU ci-dessus, p. si8, dans la lettre de Racine à Mme de Maintenon, quelle confiance il avait en sa sainte tante, et quelles ohUgations imfmies il crojait lai avoir. Willard, dans une lettre du 3o avril 1699, k M. de Prëfontaine, citëe par M. Sainte-Beuve {Port'Âojral^ tome VI, jéppenJtee^ p. a6o), dit en parlant de la Mère Agnès de Sainte-Thècle : « Son illustre neveu conservoit une si vive reconnoissance de Tëducation qu'elle lui avoit procurée dans la maison, d'abord sous M. Nicole, pour les belles-lettres, et ensuite auprès du grand M. le Maistre, pour d'autres études, qu'il disoit un jour confidemment à un ami, de qai je le tiens : « Je ne « me soucierois pas d'être disgracié et de faire la culbute (ce fut « son terme), pourvu que Port-Royal fût remis sur pied et fleurit « de nouveau. » La bonne tante l'aimoit aussi bien tendrement. Elle l'avoit comme engendré en Jésus-Christ. »

Lbitsb 191. — I. Revue sur l'autographe , conservé à la Bibliothèque impériale.

3oo LETTRES.

jg g sans la flatter, vous pouvez compter que c'est un ange. Son esprit et son jugement sont extrêmement formés; elle a une mémoire prodigieuse, et aime passionnément les bons livres. Mais ce qui est de plus charmant en elle, c'est une douceur et une égalité d'esprit merveilleuse*. Votre mère et votre sœur aînée ont extrêmement pleuré, et pour moi je n'ai cessé de sangloter, et je crois même que cela n'a pas peu contribué à déranger ma foible Isanté. Nous n'avions point mené ni les petites ni Lionval, à cause des mauvais chemins. Votre sœur aînée est revenue avec des agitations incroyables, portant grande envie à la joie et au bonheur de sa sœur, et déplorant son propre malheur de ce qu'elle n'a pas la force de l'imiter. Je suis bien fkché que mon voyage m'ait privé jusqu'ici du plaisir de voir M. de Bonac; mais je l'attends tous les jours. Tout ce que je vous puis dire par avance, c'est que vous lui avez des obligations incroyables. Mme la comtesse de Gramont m'a dit qu'il lui avoit dit mille biens de vous, et qu'il ne tarissoit point sur ce chapitre. Cest à vous de répondre à des témoignages si avantageux, et de justifier le bon goût de M. de Bonac, qui est lui-même ici dans une approbation générale. Madame la Comtesse est charmée de lui. Je ne vous écris pas davantage : je serai plus long quand j'aurai entretenu M. de Bonac. Tenvoierai cette après-dtnée chez M. Marguery*. Ne vous chagrinez point contre moi si je ne l'ai pas fait plus tôt. En vérité, je n'étois pas en état de songer à mes affaires les plus pressées. Votre mère et toute la famille vous

a. Voyez plus haut, p. a 9$, note 3 de la lettre 191.

3. Perruquier alors fort en vogue. {IVote de r édition de 1807.)^ On a vu dans la lettre 186, p. 184 et a85, que Jean-Baptiste Racine, pour se conformer à Tusage des personnes de son rang, se trouvait oblige de porter perruque.

LETTRES. 3oi

embrasse. Votre sœor Nanetle, présentement la Mère "TsTg" de Sainte-Scholastiqne , vous embrasse aussi de tout wn cœur. C'est à pareil jour que demain que vous fotes baptisé ^, et que vous fîtes un serment solennel à J. C. de le servir de tout votre cœur.

SuscripUon : A Monsieur Monsieur Racine, gentil* homme ordinaire du Roi, chez S. E. Monsieur Tambassadeur de France, à la Haye. (Caf^et rouge, au cygne.)

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