D£ RA.GINE A JEAN-BAPTISTE RACINE
A Paris, le 17* novembre [1698].
Jb crois qu'il n'est pas besoin que j'écrive à Monsieur TAmbassadeur pour lui témoigner l'extrême plaisir que je me fais d'avoir bientôt l'honneur de le voir ^. Ma joie sera complète, puisqu'il a la bonté de vous amener avec lui *. Dites-lui qu'il me feroit le plus sensible plaisir du
4. Le II noTcmbre 1678. Voyez au tome I, p. i8a, l*acte de baptême de Jean-Baptiste Racine.
Ljenms 198 (revue sur l'autographe, conserrë à la Bibliothèque impériale). — i. M. de Bonrepaus quitu la Haye le mardi a décembre 1698. On lit dans la Gazette de HoUande du 8 décembre 1698 nnDe la Hajre^ ie 6 décembre. M. de Bonrepaus, ambassadeur extraordinaire de France, partit mardi dernier pour Paris, ajrant kdssé ici le marquis de Bonac, son nereu, pour prendre soin des affairet de Tambassade pendant son absence. » L'Ambassadeur arma à Paris le is décembre suivant. Il arait un congé de quelques mois, pour rétablir sa santé, et allait prendre les eaux des Pyrénées. Voyez le Journal de Dangeau^ au 11 décembre 1698.
a. Jean-Baptiste Racine revint en effet en France avec M. de Bonrepaus. Willard écrivait le 18 décembre à M. de Préfontaine: « Sa convalescence {la conpaleseenee de Racine)^ après une assez longue maladie, qui nous a fort alarmés, se confirme de jour en jour, et elle doit augmenter notablement par la grande joie que lui donne
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j^ g inonde si, dans le peu de séjour qu'il fera à Paris, il Youloit loger chez nous. Nous trouverons moyen de le mettre f(»t tranquillement et fort commodément, et du moins je ne perdrai pas un seul des moments que je pourrai le voir et Tentretenir. Vous ne trouverez pas encore ma santé parfaitement rétablie, à cause d'une dureté qui m*est restée au côté droit; mais les médedns m'assurent que je ne dois point m'inquiéter, et qu'es observant une diète fort exacte cela se dissipera peu à peu. 0)mme je ne suis guère en état de faire de longs voyages à la cour , vous jugez bien que vous viendrez fort à propos pour me tenir compagnie. Je ne vous empêcherai pourtant pas d'aller faire votre cour, et voir vos amis. Je vous adresse une lettre de M. Hesseinpoar Mme Meissois * ; il vous sera fort obligé si vous la loi faites tenir bien sûrement. Je n'avois pas besoin de l'exemple de Mme la comtesse d'Auvergne * pour me modérer sur le thé, et j'avois déjà résolu d'en user fort sobrement : ainsi ne m'eti apportez point. J'ai dit à M. de Bonac que vous me ferez plaisir de m'apporter seulement de bonne flanelle, vraie Angleterre, de quoi me faire deux camisoles : cela ne grossira pas beaucoup votre paquet. Si Monsieur l'Ambassadeur fait quelque cas de
rheoreux retour de son filt arec M. de Bonrepanx, qui TaToit men^ à la Haje, et qui Ta ramène, pour le remener en Hollande après un peu de sëjour qu*il est venu foire à la cour par ordre ou du moins arec Tagrëment du Roi. » (Port'Hofol de M. Sainte-Beuve, tome VI, jéppendice, p. a5i.)
3. Ce nom est écrit Meitoit^ avec mie seconde / ajoutée après coup au-dessus de Vi,
4. Henriette-Françoise de Zollera, première femme de Frédé^ rio-Maurice comte d*Auyergne (vojez ci-dessus, p. 989, la note 6 de la lettre 17a). Elle était morte à Berg-op-Zoom le 17 octobre précédent. (Vojez la Gazette de HolUmde au 37 octobre, et le Jonnél de Damgeau an 19 octobre 1698.) Il parait qu'on avait attribué si mort à un usage excessif du thé*
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ces Mémoires dont vous parlez sur la peux de Rismk *, ^^ g vous pouvez me les acheter. Si j*étois assez heureux pour le voir et Tentretenir souvent, je n^aurois pas grand besoin d'autres mémoires pour Thistoire du Roi. Il la sait mieux que tous les ambassadeurs et tous les ministres ensemble, et je fais un grand fond* sur les instructions qu^il m*a promis de me donner.
Adieu, mon cher fils : toute la famille est dans la joie depuis qu'elle sait qu'elle vous re verra bientôt. Vous ne sauriez trop remercier M. de Bonac : il me revient de tons côtés qu'il a parlé de vous de la manière du monde la plus avantageuse. Je suis bien affligé qu'il parte sans que j'aie l'honneur de l'embrasser; mais j'en perds toute espérance, son valet étant venu dire au logis que comme il arriveroit extrêmement tard de Versailles, et qu'il partiroit demain de fort grand [matin], il ne vouloit pas m'incommoder. J'ai autant à me louer de sa discrétion qu'à me louer de ses bontés. Il laisse en ce pays-ci tout le monde charmé de son esprit, de sa sage[sse] , et de ses manières aimables au dernier point. Adieu encore, mon cher fils. Tâchez, au nom de Dieu, d'obtenir de Monsieur l'Ambassadeur qu'il vienne descendre au logis.
5 . D t^Agit des Mémoires politiques pour servir à la parfaite intelli-» genea de rhistoire de la paix de Rysmck^ par Jean Dumont. Ils Tenaient de paraître à la Haje en 4 volumes in-ia, chezFr. THonoré et Etienne Foulque. On les trouve annonce dans \siGaitette de Bol-lamde du «4 novembre et du 4 décembre 1698.