DE JEÀN-BÀPTI8TB RACINB A LOUIS RAaifB^. IT
Ce 3* Mptembre [1749 *].
Jb ne sois pas moins surpris que tous de la noavelle que tous me mandez : je sarois que la première partie de TouTrage en question ëtoit imprima ; nuiis je ne savois pas que la seconde le fât', et je doutois même qu'elle existât. On m'apporta, il y a environ trois mois, une copie de la première partie, pour savoir de moi si elle ëtoit de mon père : je répondis que je ne pouvois rien assurer làdessus, n'ayant jamais eu aucune connoissance de cet ouvrage ; qu'il ëtoit vrai que j'en avois souvent entendu parler à M. Desprëaux, qui le vantoit fort conune un morceau parfaitement bien ëcrit, mais que c'ëtoit tout ce que j'en savois. J'ëtois extrêmement jeune quand je perdis mon père ^, et il ne m'a jamais lâché le moindre mot de cela. U est vrai que deux jours avant que de mourir, M. Dodart* étant au chevet de son lit, il me dit d'aller chercher dans son cabinet une petite cassette noire, que j'ai encore, et qu'il en tira devant moi un manuscrit petit in-folio qu'il remit entre les mains de M. Dodart. Je me retirai, et ils furent longtemps à parler ensemble. M Dodart emporta le manuscrit, en lui disant qu'il espéroit le lui rendre : voilà tout ce que j'entendis. On m'a dit depuis que ce même M. Dodart avoit remis le manuscrit entre les mains d'un de tes amis qui avoit actuellement quatre-vingts ans, mais qu'il* n'avoit jamais voulu le communiquer à personne. Mais de quoi ne viennent point à bout les jansénistes, et surtout les jansénistes im-
LrrraB 19. — i . L'original de cette lettre appertient à M. Auguste de Ifanrob, qui a bien vooln nous le commoniqner. Noos en reproduisons ici le texte exact. L'éditeur de 1807 avait eu cette même lettre entre les maint; il en a dté la plus grande partie dans VAwertitstmem dont il a fait précéder VAhrigi de Fkistoir^ de Port-Rpyai, an tome YI, p. 247-249; et nons avons nons-méme fint eette citation, d*après lui, anx pages 373 et 374 de notre tome lY.
a. La date de 1749 est vraisemblable. Ce fnt en 174a que parut à Cologne, on pInt/Vt à Paris sons la rubrique de Cologne, la première partie de V Abrégé de Pktstoirê de PorURojal, Cette lettre semble avoir été écrite peu de tempe avant celle que Ton trouvera à la suite, et que l'éditeur de 1 807 a pareillement datée de 174a.
3. Jean-Baptiste Racine avait été trompé par quelque faux rapport. Il dit dans la lettre suivante qu'on ne parle plus de la puUication de cette seconde partie. Elle ne fut en effet imprimée pour la première fob qu'en 1767. Yojcx à U page 375 de notre tome lY.
4. Il était, à la mort de son père, dans sa vingt et unième année. Yoyes ci-dcssos, p. 33a.
5. Denis Dodart. Yoyes an tome YI, p. 549i 1^ note i de la lettre 6a.