‹ Œuvres de J. RacineChapitre 163 sur 222 · Yojea d-dessas, p. SSg, la note a · texte numérisé non relu

Yojea d-dessas, p. SSg, la note a

19. Probablennent Elisabeth-Henriette de Bessé U Chapelle, née en 170}, arrière-pedte-niéoe de Boileao, fiUe de Henri de Bessé la Chapelle et d'Elisabeth Chardon.

ao. Louis Bacine, dans ses lettres datées de Soissons, parie sovrenft d'an M. Sellier, qni était, dans eette ville, un des amis qu*il Toyait le plas soarcaft. Mous ignorons s*il était de la famille du notaire Selliar, ches qui fttt déposé en 173a le testament de Mme Bacine (Catberiae de Boasase^.

d'en juger; ctr TOi longues digressions font sonTent perdre le fil de Tos raisons, et on ne sait quelquefois d'où on est parti. L'intérêt que je pr^ids à ce qui vous regarde TaToit emporté sur ma paresse et sur ma mauvaise santé, et cela m'avoit mis en état de tous faire bien des objections, mais j'7 renonce ; car en vérité le métier de critique est un désagréable métier et pour celui qui le fait et pour celui en faveur de qui on le fait. Je me contenterai donc de répondre simplement à votre lettre, et je vous dirai que bien loin que tout ce que vous me mandez de la morale des poètes m'ait fait changer d'avis, cela n'a servi qu'à m'y confirmer. Rousseau pouvoit penser conmie il lui plaisoit, et il n'est [pas] étonnant qu'un homme qui ne savoit tout au plus que tourner une épigramme fât ai aisé à édifier. Qu'est-ce que nous apprennent donc tous ces lambeaux décousus de morale poétique ? A craindre Dieu, à ne faire tort à personne, et à attendre la mort tranquillement? Je suis votre analyse. Ce sont tous préceptes de la loi naturelle renfermés dans le grand principe de ne faire aux autres que ce que nous voulons qui nous soit fait. Si c'est la toute la morale de VÉiwtgile^ qn'a-t-elle donc de si austère et de si cruel^ comme vous dites'; et qu'est-ce que J. C. seroit venu apprendre aux hommes qui avoîent toof ces poètes entre les mains? Qu'avons-nous même encore af&ire du Nouveau Testament^ ayant Catulle, Horace, Ovide et Tibulle? Biais y trouvons-nous l'amour de Dieu, de la croix, de la pénitence, et la haine de soi-même, ce qui fait tout le pénible et la beauté à la fois de la loi nouvelle ? UÉvangUe^ il est vrai, se trouve partout conforme à la loi naturelle, et comment ne le seroit-il pas? car ce sont tous deux l'ouvrage du même législateur ; mais il va bien autrement loin, et c'est ce qui en fait la rigueur apparente. Mais il n'est pas question de tout cela, et j'en reviens toujours à ce que je vous ai dit, que des gens aussi décriés que ces gens-là ne doivent pas seulement être nomm^ dans un ouvrage conmie le vôtre, et qu'en un mot un homme qui a vu et entendu J. C. sur le Thabor n'a plus besoin d'autres docteurs, quels qu'ils puissent être. A l'égard du sumde^ (mot que vous avez vraisemblablement em-

LiTTBB aa. — i* La Religiom^ chant vi, vers 171.

a. Noiu ne tronronf pas oe mot dans 1« poème de la RtUgiom, Loois Rseine l'avait pent-étre placé à la note aor le vcn 168 du chant vi, où on lit, dès l'édition de 174a : «l'homicide de soi-même, n — A partir de la qoatrième édition de son Dictionnaire (176a), l'Académie a donné le mot emieide dans le sens abstrait qn'il a dans cette note de Louis Racine, c'est-i-dire conune signifiant x « action de celui qui se tue lui-même, a Dans la cînqniême édition (1798) et dans la sixième (i835), il est donné en outre comme nom d'agent: « celai qui se tue lui-même. »

1 7 4 1 ploy^ pour rire,car penomie ne renteodY et deux gens d'eiprit me dirent hier que oe ne pouroit être i|a*im charcutier*), ce ne tera jamais on p^h^ fort à la mode parmi les gêna de bon acna; et je ne crois pas qne toos vouliez en cette occasion être le mianonnaire des Anglois : laissons-les se jeter tant qu'ils voudront dans la Tamise ; plut à Dieu que leurs sots écrits j fussent avec eux! Vous voulez vous défendre par Texemple de Grotius, du P. Thomassin, et de M. Huet*. Le premier est ceruinement un fort grand personnage, mais trop amoureux d^ëmdition pro£uie, dont tons ses ouvrages, et surtout ses commentaires sur VÉcriimrt^ sont hérisses, oe qu*on lui a reproche. L'autre* est un miaâable écrivain, à peine connu dans les séminaires ; et le troisième un futile et dangereux auteur d*un abominable livre*, rempli d'impiétés, que M. Arnauld fut tout prêt à dénoncer à TÉglise, et dont votre père luimême s*est donné la peine de faire un extrait, que j'ai, pour j mettre au jour tous ses blasphèmes. D j compare par exemple le mjstère de l'incarnation aux œu£i de Léda, et ne trouve pas l'un plus difficile à croire que l'autre. Vous ne me dites rien des deux vers : 09iJe est^ etc. ^. Seroit41 possible que vous voulussiez les défendre ? Je ne le crois pas ; et gens qui sont de vos amis m'ont prié de vous prier de les effacer, parce qu'ils suffisoient seub pour déshonorer votre nom et votre ouvrage. Savez-vous bien que la continence de Socrate étoit passée en proverbe chez les Grecs ? Kt M. De^réaux, tout Despréaux qu'il étoit, essuja là-dessus bien des critiques amères, dont il ne se sauvoit qu'en disant qu'il ne ponvoit immoler à J. G. une plus grande victime. Je crains bien cependant que ce ne fût à l'appétit d'un bon mot, assez joli effectivement dans une satire de VÉqmvoque; mais pour vous ce ne peut pas être c^ ; car l'antithèse est non-seulement absurde, mais firoide. Il 7 a

3. Noos n'avons pas besoin d'eipUqner qnt cet gens d'esprit linaaicnt venir le mot de nu, « porc, n et emdere, « frapper, tner. »

4. Loois Racine, dans sa Pré/ace^'p. xiv, t*appme snr l'exeiaple de Grotint, antenr d'an Traité dé la vérité tU ta Reiigiom ckrétUnme; nuis il ne cite ni le P. Thonusain, ni Haet. PeaMtre était-ce seolement dans sa réponse à la première lettre de son frère qa*il avait aUégné leor autorité.

5. Le P. Thonussin, de l'Oratoire, né en 1619, mort en décembre iCgS. La aérérité avec laquelle Jean-Baptiste Racine parle de lui s'expliquerait aises par ce Cdt que le savant oratorien avait abandonné la oanse des doctrines de Piort-Royal, auxquelles û s'était d'abord montré favorable.

6. Les QmeitioHS éTAulnajr. Tojes an tome V, p. «27-129 ; on y boutera, h la page aaS, la preuve de ce qne Jean-Baptiste Racine dit ici des sentiments d*Anauld sur son livre.

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