‹ Œuvres de J. RacineChapitre 167 sur 222 · DE JEAN-BAPTISTE RACINE A LOUIS RACINE · texte numérisé non relu

DE JEAN-BAPTISTE RACINE A LOUIS RACINE

Jb mVtois si bien attendu au peu de succès de ma dernière lettre ' que j*ai longtemps balance à la faire partir, et quVlle est restée plusieurs jours sur ma table. Je Tai même montrée à mes amis, et leur ai demande ce qu'ils en pensoient. U est rrai que sur les assurances qu'ils m*ont données quUl n*jr avoit rien qui pût TOUS chagriner d'une certaine façon^ j'ai pris le parti de vous Ten- Tojrer. Vous me mandez que tous ne m'y reconnoissez plus, mais en quoi donc? Ne tous ai-je pas toujours dit, dès mes premières lettres, que je netrouTois pas TouTrage encore en ëtat d'être donne an public, et que je tous conseillois de le remettre sur le métier? Je TOUS ai même cité à cette occasion l'exemple de M. Desprëaux et le temps infini qu'il avoit mis à traTailler son Équivoque^ ouTrage cependant bien court en comparaison du TÔtre. J'aTois en même temps renoncé à tous faire des critiques, parce que cela me menoit trop loin ; et j'aTois touIu seulement finir par une critique du métier que TOUS embrassez. Je tous ai mandé là-dessus non-seulement ce que j'en pensois, mais ce que j'en aTois entendu dire toute ma Tie à gens plus éclairés que moi. Ëst-il juste de tous laisser ignorer ce que pensoient des hommes aussi sages et aussi sensés que l'étoient TOtre père et M. Despréaux, et ne devriez-Tous pas même être raTÎ de trouTer encore en moi le seul homme qui puisse peut-être TOUS en instruire ? Ils connoissoient certainement mieux que d'autres tous les dangers du métier, et Totre père y aToit, pour ainsi dire, déjà renoncé avant Tâge où tous songez à l'embrasser*. Mais je n'ai point du tout songé à tous faire entendre que je regardasse Totre ouTrage comme une chose qui pût jamais tous déshonorer. Tant s'en faut que je l'aie jamais pensé, que je suis persuadé au contraire qu'il feroit la fortune de tout autre nom que le TÔtre. Votre projet tous fera toujours honneur, quelque succès qu'il puisse avoir. Mais songez que tous portez un nom dont la fortune est faite, qui ne peut guère croître, et peut plutôt diminuer. Parlons à c<vur ouTcrt, et comme des frères doivent parler. Croyez-vous surpasser ou du moins égaler Totre père? tous aTez raison de

Larrat a3. — i . On doit conclure de plusieun pasMget do cette lettre qu'entre elle et la lettre précédente (aa), il 7 en a en d'antres qui nous man- «pieat. Ce n'est donc pat la lettre aa, mais une antre pins sévère encore, qM J. B. Racine appelle « ma demièro lettre. »

a. Louis Raeine avait alors quarante-neuf ans. Son père n'avait pas encore treate-oeuf ans, lorsque, après Phèdre^ il se retira de la carrière poétique, oà il ne rentra plus que pour composer ses tragédies sacrées et ses Cantiqmes,

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- faire ce que Tout fiâtes; nudi si tous tous d^ex d'y pouroir rrfus- '^ sir, j'ai raison de tous donner les conseils que je tous donne; et quand je tous les donne, je ne le fais uniquement que pour tous épargner toutes les amertumes atuchëes au mëtier que tous embrassez. Et c'est pour cela que je tous ai mand^ qu'à Totrc place je me contenterois de cultiTcr pour moi et mes amis les talents que le ciel m'auroit donn^, et d'en faire mes amusements innocents. Vojez quelles peines il tous faut essuyer pour obtenir un priTilëge qui naturellement tous deTroit être jetë à la tête ; que d'approbations il tous faut briguer, jusqu'à celle du P. T.* : du moins on me Ta dit. Quels confrères, outre cela, alleïr»Tous tous donner ! tous les rimailleurs du temps, qui n*ont pas le sens commun, et qui, quoique tous ne leur disputiez rien, comme tous dites, ne laisseront pas cependant de se faire toujours un plaisir secret de TOUS rabaisser, tous, et Totre nom surtout, dont ils sont ennemis dans le fond; et d'où Tient cela, me direz-Tous? parce que les ^rits sensés seront toujours le flëau des leurs : aussi tous saTez comme ils décrient M. Despréaux. Vous Tojrez donc bien que je suis trèséloigné de ne point rendre justice à tos ulents : tous etcz une facUité étonnante à tourner des Ters; il n'y a rien que tous ne Teniez à bout de dire, et toujours noblement ; il semble même que la sécheresse et l'aridité des sujeU échauffent Totre Teine et tous tiennent lieu pour ainsi dire d'Apollon. Mais cela n'empêche pas que je ne Toie en bien des endroits le foible de Totre ouTrage. Vous ne faites pas peut-être réflexion que tous aTez donné dans un écueil qu'il faut ériter le plus qu'on peut : c'est de parier de soi, à cause de la petite Tanité quasi inséparable de l'humanité. Vous me direz que la forme et la construction de Totre ouTrage ne tous a pas permis de faire autrement ; mais tous n'y parlez que de tous; tous n'entretenez Totre lecteur que de tous, et tous ne paroissez en un mot occupé que de tous, de tos tcts, et de^ ce que les siècles à Tenir en diront, et tous finissez par leur souhaiter quasi la rie étemelle*. Permettez-moi de tous dire que tous tous donnez la plus brillante enfance dont on ait jamais entendu parler.

3. 8i oe P. T. est leP.Toanemiae, comme on poorrnt le croirs» «m Isttw de J. B. Roometa à Looi* Eaciiie, datée dn ateptembre 1739, aoot appnw^ q«e ce Pèn aratt «atenda U lecture da poème de U RâUgUm^ eccn aTaic Cnt réloge, Jeen-Baptitta RadM parle d W fut déjà un pea •aàm : le eélifatt dkectmir da Jomrmml U Trè^mut était mort le 16 oui 1739.

4. Voye» Ici hmt dernier» Ters du chant Ti et dewier de !m Mifwm, lU aoat dans leedenièreeéditioMtdt qu'on lettroaTedaaa la premiéra. H m peot qne le* qnatie demiert n'aient été ajoaté^ ponr faiie eacnser leepréccdents, qn'api^ la eritiqns tràs-moidante qn*en atail £dfa Jetn-Baptiste Racme.

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A peine éte»-Toas sorti da berceaa que Tout saTez dëjà tout sur le . ' bout de Totre doigt* : tous possédez poètes, orateurs, philosophes^ jusqu'aux écrits de Newton , quoique on dise pourtant qu*il n*7 ait que trois hommes en Europe capables de Tentendre. Et il ne se tronre qu'une chose que tous ignoriez, c*est TOtre Catéchisme; car il TOUS auroit appris qu'il j a un liTre sacré qu'on appelle VÉeriturê sainte^ qui est le fondement de toute notre religion : ce que tous n'apprenez cependant que par hasard, et après aToir tout lu, tout feuilleté et parcouru, en un mot quand tous ne savez plus où donner de la tête *. Je tous mande tout ceci en badinant et pour tous montrer que je possède assez bien Totre ouTrage ; et quoique je •ois le dernier de ceux à qui tous l'a jez fait voir ', je doute que les autres se soient donné autant de peine que moi pour en suiTre et déTelopper le fil, que tos fréquentes digressions coupent et interrompent souTent. J'aurois encore bien des choses à tous dire; mais je laisse à Totre bon esprit le soin de s'en aperceroir. C'est, en un moty la Térité de la religion, et non Totre facilité à tourner des Ters que TOUS aTez à démontrer. Est-ce Tamour de Dieu qui tous fait écrire? qu'il ne soit donc question que de lui dans tout Totre ourrage; et surtout éTÎtez ce bizarre assemblage de profane et de sacré qui j règne : je ne saurois trop tous recommander cela. Vénus, et la mère des Jeux et des Amours, non plus que tous ses &Toris les poStes, doiTent-ils j être seulement nommés ? Songez à

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