‹ Œuvres de J. RacineChapitre 4 sur 222 · PE KICOLE A HACIITR · texte numérisé non relu

PE KICOLE A HACIITR

[Décembre 1690^] rATRRiia, Monsieur, à me réjouir avec vous un peu

LsnsB 86 (copiée tur rorigîual, appartenant k M. Auguste de Nanrois). — i. M. Vàbhé de la Roque, qui a publié cette lettre dana une note, k la page 17$ de ses Lettres inédites de Jean Racine, pense qu'elle a pu ê^ adressée au poète à Toccasion de sa nomination i la charge d'historiographe. Mais ce ne fut que plus tard, ce nous semble, que Racine eut assez marqué son attachement k Port-Rojal pour qu'on pât dire de lui qu'il await été son chemin smms ermmte. On ne doit pas songer à l'office de secrétaire du Roi, qui ne fut acquis par Racine qu'en 1696 : Nicole éuit mort en 1695. Reste la charge de gentilhomme ordinaire, pour laquelle le Roi donna son agrément k Racine au mois de décembre 1690 : Tojex les Mémoires de Louis Racine, k la page 819 de notre tome I. Noos arons d'ailleurs un témoignage important. La lettre de Nieole se troure k la bibliothèque de Troyes, au nombre des copies que M. le Roj de Saint-Charles fit Ters 1756 de manuscrits ayant appartenu k Jean-Baptute Racine. Une note de celui-ci précède la copie de la lettre. Elle est ainsi conçue : c Lettre de M. Nicole k mon père, dans laquelle il lui fait compliment sur la charge de gentilhomme ordinaire dont le Roi lui avoit fait présent. ••

la LETTRES.

\Qgg pta» à fond sur le préBent que vous avez reçu de Sa Majesté. La charge, les circonstances, tout m'y platt. Je me réjouis qu'on me puisse dire : sunt hic sua prm^ mia laudi^y et que la malice et les préventions ne puissent pas tout; mais je me réjouis encore bien plus qu'on n'ait point été intimidé de ces préventions, et qu'en allant son chemin sans crainte on ne soit tombé en aucun inconvénient. Cest le sujet pour mm d'un grand discours, que je n'entamerai pas dans un billet qui n'a pour but que de satisfaire à un devoir de civilité qu'il est bon d'abréger en un temps où vous êtes accablé de ces sortes de civilités. Je suis. Monsieur, Votre très-humble et très-obéissant serviteur,

Nicole.

Suscription : A Monsieur Monsieur Racine, à Paris. (Gichet rouge, ayant pour empreinte une croix dont les bras sont entourés d'une couronne d'épines, avec la devise : Liberias summa.)

j^ 87. DE BOILËAU A RACINE *.

A Paris, aS* mars [1691].

Je ne voyois proprement que vous pendant que voua étiez à Paris, et depuis que vous n'y êtes plus, je ne vois plus pour ainsi dire personne. N'attendez donc pas que je vous rende nouvelles pour nouvelles, puisque

9. cLe mérite tronve ici set r^ompentes. » (Virgile, Énékle^ ]iTreI,Tert 461.)

Lrteb 87 (rerue sur Tantographe, oonserré k la Bibliothèque impériale). — i. Racine ^tait alors an camp devant Mons, où le Roi Aait arrÎTé le ai mars.

LETTRES. i)

je n en sais aucimes. D^aillenrs, il n'est guère fait men- ^ tkm à Paris présentement qae du siège de Mous, dont Je ne crois pas vous devoir instruire. Les particularités que vous m* en avez mandées m'ont fait un fort grand ^aisir. Je vous avoue pourtant que je ne saurois digérer que le Roi s'expose comme il fait. Cest une mauvaise habitude qu'il a prise, dont il devroit se guérir, et cela ne s'acccurde [pas*] avec cette haute prudence qu'il fait parohre dans toutes ses autres actions *. Est-il possible qu'on prince qui prend si bien ses mesures pour assiéger Mons en prenne si peu pour la conservation de sa fropre personne? Je sais bien qu'il a pour lui l'exemple des Alexandres et des Césars, qui s'exposoient de la sorte; mais avoient-ils raison de le fidre? Je doute qu'il ait lu ce vers d'Horace :

Decipit exempUar vitiis imitabile^.

Je suis ravi d'apprendre que vous êtes dans un couvent, en même cellule que M. de Cavoys * ; car bien

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