La satire x et VotU sur la prise de Namur
8. Charpentier. — Boileau, dans la copie corrigée, a mis aon nom en tontes lettres.
fMff cet ordUnaire les yen que tous me demandez, puis- - • que je n^oseroîs presque me les présenter à moi-même sur le papier. Je vous dirai pourtant que j'ai en quelque sorte aoheré Yode sur Namur^ à quelques vers près, où je n*ai point encore attrapé l'expression que je cherche. Je tous Tenvoierai un de ces jours; mais e'est à la dunge que tous la tiendrez secrète, et que TOUS n*en Urez rien à personne, que je ne Taie entièrement corrigée sur tos STis.
Il n*C8t bruit m que des grandes choses que le Roi va fiûre; et à tous dire le Trai, jamais commencement de campagne n'eut un meilleur air. Pai bien tu parler et j'ai bien la dans les liTres de grandes félicités ; mais au prix de la fortune du Roi, à mon sens, tout est malheur. Ce qui m^embarrasse, c'est qu'ayant épuisé pour Namur toutes les hyperboles et toutes les hardiesses de ma langue, où trouTerai-je des expressions pour le louer, s'fl vient à faire quelque chose de plus grand que la prise de cette viUe? Je sais bien ce que je ferai : je garderai le silence*. Cest le meilleur parti que je puisse prendre, speciatus siUis et donatus jam mde^^ . Je vous prie de bien témoigner à M. de Chamlay combien je lui suis obligé des bons offices qu'il rend à mon frère ^^; je vois bien que la fortune n'est pas capable de l'aveugler, et qu'il voit toujours ses amis avec les mêmes yeux qu'auparavant. Adieu, mon cher Monsieur : soyez bien persuadé que je vous aime et que je vous estime infiniment.
9. Dans U copie oomgëe, fioileau a ajouta : c et tous laisserai parUr. » Quoique en génial nous ne notions pas ici, comme nous en aTont arerti, les corrections que Boileau a faites à ses lettres, ■oof arona cm que oelle-ci arait quelque intérêt.
10. « ITtent asses IcHigtoips montra et ajant reçu mon cong^. • (Horace, Ime I, ^(trt i, yers %,) Uj m dans le texte du poète ktin : Spedmênm mtis «# dommiamjûm rmU,
11. Pour loi frire obtenir le canonioat de la Sainte-Chapelle.
j^ j Dans le temps que j'allois finir cette lettre, M. Vàbbé Dongois est entré dans ma chambre avec le petit mot de lettre que vous écrivez à Mme Racine, et où vous mandez Tincroyable, prodigieux, ravissant, admirable, étonnant, channant succès de votre négociation. Que vous dirai-je là-dessus? cela demande une lettre toute entière, que je vous écrirai demain. Cependant souvenez-vous de Tétat de Pamphile à la fin de VJmdrienne : Nunc est quum me interfici paUar ^*; voili à peu j»^ mon état. Adieu encore un coup, mon cher, illustrissime, eflTectif et effectissime ami.
II 3. — DE RAGUIE A JEAlf-BAPTISTB RACIHZ.
Au camp de Thieusies^, le 3* jdn [1693].
Vous me faites plaisir de me rendre compte des lectures que vous fiadtes; mais je vous exhorte à ne pas donner toute votre attention aux poètes firançois. Songez qu'ils ne doivent servir qu'à votre récréation, et non pas fiûre votre véritable étude. Ainsi je souhaiterois que vous jurissiez quelquefois plaisir à m'entretenir d'Homère, de Quintilien, et des autres auteurs de cette nais. « Cett maintenant qne je fooffirirai qn*on me tae. » BoOeaa •*eft trompa en croyant le foiiTenir que ce passage, qn'il ne cite pas euctement d^aillenrs, est dans VJmdrietmê; il est dans TAvwfM, acte m, scène tt, tcts 55i. Ce n'est point Pftaqphile qai parle, mais Chserea, et le rers est ainsi :
if auM êti ptofêtto mtm'fUi f»mm pêrpeti ms fêumm.
Lbrib ii3 (reme sor l'antograplie, conserrë à la BiUiotlièqiie impériale). -* i. Le Roi était arrirë le a juin 1693 an camp de Thieosies, qu'il quitta le 4 juin pour se rendre an camp de Hair^ lemont. Vojea le Jaumtd de Dmgmm.
5. Quant i votre épigramme', je voudroîs que ▼o«s ^^ . ne FenaneK point ftûte. Ootre qu'elle est assez médiocre, je ne aaurois trop vous recommander ' de ne tous point laisser aller à la tentation de faire des vers firançois, qui ne serviroient qu'à vous dissiper Tesprit. Surtout il n'en dut fiure contre personne. M. DesjHréaux a en [un^] talent qui lui est particulier, et qui ne doit point TOUS servir d'exemple ni à vous ni à qui que ce soit. D n'a pas seulement reçu du ciel un génie merveiDenx pour la satire; mais il a encore avec cela un jugement exceUent, qui lui fait discerner ce qu'il ÙM louer et ce qu'il faut reprendre. S'il a la bonté de vouloir s'amuser avec vous, c'est une des grandes félicités qui TOUS puissent anÎTcr, et je tous conseille d'en bien profiter en l'écoutant beaucoup et en décidant peu aTCC fan. Je TOUS dirai aussi que tous me feriez plaisir de TOUS attacher à Totre écriture. Je tcux croire que tous aTez écrit fort Tite les deux lettres que j'ai reçues de tous, car le caractère en parolt beaucoup négligé.
Que tout ce que je tous dis ne tous chagrine pmnt ; car du reste je suis très-content de tous, et je ne tous donne ces petits aTis que pour tous exciter à faire de Totre mieux en toutes choses. Votre mère tous fera part des nouTcUes que je lui mande. Adieu, mon cher fils : je ne sais pas bien si je serai en état d'écrire ni à TOUS ni à personne de plus de quatre jours ; mais conti-
9. Mon frire, qui ^it alors en rhétorique, emt le r^aler en hn tmwojukt une ^igramme qn'fl aroit faite rar la di^mte entre Bofleag et Peiranlt. (Nott de Louis Eaem»,) — H i^agit de la dit* pute for les anciens et les modernes.
3. Racine a, par m^arde, ëcrit deox fois le mot fout : « je ne 'foitt saoroia trop tous recommander. »
4. Le mot mm manque dans Tautographe. Les éditeurs préo^ents font ajoute; mais ils ont supprime le participe «11 qui précède, et que BOQi ne crojons pas un Impnu de la plume de Racine.
- . nvei à me mander de vos nouvdled. Paries^noi aussi
mi peu de vos sœurs, que vous me feres plaisir d'embrasser pom* moi. Je suis tout à toiis*
Susctiption : Pour mon fils Racine. (Reste d'un cachet rouge.)
1 14* — DE BOmCAU A RACUrE.
A Paris, 4* pin [1693].
Jb tous écrivis hier au soir une assez longue lettre % et qui étoit toute remplie du chagrin que j'avois alors, causé par un tempérament sombre qui me dominoit, et par un reste de maladie; mais je vous en écris une aujourd'hui toute pleine de la joie que m'a causée l'agréable nouvelle que j'ai reçue. Je ne saurois vous exprimer l'aUégresse qu'elle a excitée dans toute notre famille : elle a fait changer de caractère à tout le monde. M. Dongois le greffier est présentement un homme jovial et folâtre; M. l'abbé Dongois, un bouffon et un badin* Enfin il n'y a personne qui ne se signale par des témoignages extraordinaires de plaisir et de satisfaction, et par des louanges et des exclamations sans fin sur votre bonté, votre générosité, votre amitié, etc. A mon sens néanmoins, celui qui doit être le plus satisfleât, c'est vous; et le contentement que vous devez avoir en vousmême, d'avoir obligé si efficacement dans cette affaire tant de personnes qui vous estiment et qui vous honorent depuis si longtemps, est un plaisir d'autant plus agréable qu'il ne procède que de la vertu, et que les âmes du commun ne sauroient ni se l'attirer ni le sen-
LsRmx X14 (rerae sur Tautographe, conterr^ à U Bibliothèque impériale). ^ i. Noos n'arons pas la lettre dont parie ici Boileau.
tir. Tout œ que j*ai à voua prier* maintenant, c^est de ne n^^^ les démaiohes que vous croyez qu^il faut ^pm je fiuae à Fégard dn Roi et du P. de la Chaize ; et non-seulement s^il fiiut, mais à peu près ce qu'û fiaut que je leor écnTe. Monsieur le doyen de Sens ne sait encore rien de ce qu*on a fait pour lui. Jugez de sa suqprise, qaand il apprendra tout d'un coup le bien imprévu et excessif que tous lui avez £ût. Ce que j'admii^ le plus, e^est la félicité de la oiroonstanoe, qui a fiedtque, demandant pour hn la moindre de toutes les chanoinies de la Sainte-Qiapelle, nous lui avons obtenu la meilleure après celle de; M. Tabbé d*Ense'. O factum bene^ ? Vous pouvez compter que vous aurez désormais en lui un homme qui disputera avec moi de zèle et d'amitié pour vous.
Pavois résolu de ne vous envoyer la suite de mon ode sur Namur que quand je Faurois mise en état de n^avoir plus besoin que de vos corrections. Mais en vérité vous m*avez fût trop de plaisir, pour ne pas satisfirire sur-le-champ la curiosité que vous avez peut-être conçue de la voir. Ce que je vous prie, c'est de ne la montrer à personne, et de ne la point épargner. J y ai hasardé des choses fort neuves, jusqu'à parler de la pfaune blanche que le Roi a sur son chapeau. Mais, à mon avis, pour trouver des expressions nouvelles en vers, il firat parler de choses qui n'aient point été dites en vers. Vous en jugerez, sauf à tout changer si cela voos déplaît.
1. PrUr est une oorrection : Boileau arait d^abord ^crit dire. On titMnre plus bai (ligne ao) le même tom* : « Ce que je tous prie. »
3. Louis Roger Danse, sous-diacre et chanoine de la Sainte- Chapelle, ami des Boileau, mort en octobre 1696.
4. « Oh ! que c'est bien fait ! » Cette exclamation est une rémi- ■isccnoe de VAmkiamê de Térence, acte I, scène i, vers io5 , et acte V, scène vi, rei» 970.
L*ode sera de dix-huit stances* : cela fiât cent quatre-
' ^9 s vingts vers. Je ne croyois pas aUer si loin. Voici ce que
Toas n^avez point vu; je yais le mettre sur Fautre
feoillet*.
Déployez tontes vos rages ^, Princes, vents, peuples, firîmats, Ramassez tous vos nuages, Rassemblez tous vos soldats.
Bfalgrë vous, Namur, en poudre.
S'en va tomber sous la foudre Qui dompta l'Isle, Gourtrai, Gand la constante espagnole, Luxembourg, Besancon, Dole, Ipres, Mastrich et Cambrai.
Mes présages s'accomplissent :
n commence à chanceler ; Je vois ses murs qui frânissent Déjà prêts à s'écrouler.
Miurs, en feu, qui les domine.
De loin souffle leur ruine; Et les bombes dans les airs, Allant chercher le tonnerre.
Semblent, tombant sur la terre.
Vouloir s'ouvrir les enfers.
Approchez, troupes aldères Qu'unit un même devoir; A couvert de ces rivières.
Venez, tous pouvez tout voir.
Contemplez bien ces approches;
Bile le troara 'réduite k dix-flq>t par la toppreuion de k dont nooi aToni parié ci-deMoi, p. 76, note 18 de la lettre
Dana Tantographe, en effet, on paase ici du reeio da fécond t au perso dn premier feuillet.
ftoilean a fait à ces stances des changements que Ton peut ans ses OEuprtt.
Voyet détacher ces roches, TïôT
Voyez ouvrir ce terrem.
Et dans les eaux, dans la flamme,
Louis, à tout donnant l'âme.
Marcher tranquille et serein.
Voyes, dans cette tempête.
Partout se montrer aux yenx La plome qui ceint sa tète D'an coxle si glonenx.
A sa blancheur redoutable* Toujours un sort favoraUe S'attache dans les combats; Et totijours, avec la (Moire, Mars et sa sœur la l^ctmre Suivait cet astre à grands pas.
Grands défieoseurs de l'Espagne, Accourez tous, il est temps.
Mais déjà vers la Mëhagne Je v(»s vos drapeaux flottants.
Jamais ses ondes craintives N'ont vu sur leurs* foîbles rives Tant de guerriers s'amasser.
Marchez dcmc, troq>e héroïque :
An delà de ce Granique Que tardez-vous d'avancer? *
Loin de fermer le passage
A vos nombreux bataillons,
Luxembourg a du rivage
Beculë ses pavillons.
Hé quoi ? son aspect vous glace ?
Où sont ces diefe pleins d'audace ,
S. BUomtmkU ett écrit aindetsat de nmtarfumUê^ tans que l'one oa l'aorn de on ^ithètet soit rayée. Boileaa propotait tans doute It choix à Radiie.