‹ Œuvres de J. RacineChapitre 55 sur 222 · II. Racine a écrit : en fuir^ en deux mots · texte numérisé non relu

II. Racine a écrit : en fuir^ en deux mots

la. DeMalaga.

i3. « Dimanche 19 [juillet 1693] , à Marlf, Il est arrivé ce soir on couiner du duc de Gramont, qui est a Bajonne ; il mande au Roi qu'il a appris par Cadix que le maréchal de Tourville aroit pris, ou coulé à fond, ou brûlé soixante et dix vaisseaux de la flotte de Smyme. » {Journal de Dangeau.)

14. M. de Bonrepaus était alors ambassadeur en Danemark, et plénipotentiaire auprès des princes d'Allemagne.

LETTRES. io5

en est aussi fort content par avance. Nous soupàmes ^^ « hier, M. de Cavoye et moi, chez Mme^*....

i5. Le reste de la lettre manque dans l'autographe de la Bibliothèque impériale. Elle continue ainsi dans celui de M. Feuillet de GuM^het : « chez Mme la comtesse de Gramond arec Mme de Quaifan, toute brillante de jeunesse et de beauté. M. Despréaux et IC de Valinoour, dont tous connoissez le req>ect pour votre personne. Tinrent nous joindre. J'ai eu une sensible joie à Toir coqibien tous êtes honoré dans cette maison, où tous êtes en réputatîoD d'être un des plus honnêtes, un des plus aimables et des plus polk hommes du monde, du commerce le plus agréable et le plus sâr. On mentionne quelques traits fort beaux de tos ambassades, qui ne sont pas pour tous nuire auprès de Sa Majesté. Votre amie, Mme de la Fajette, nous a été d'un bien triste entretien. Je n'a- Tois malheureusement point eu l'honneur de la Toir dans les dernières années de sa Tie. Dieu aToit jeté une amertume salutaire sur ses oecopations mondaines, et eUe est morte, après avoir souffert dans sa solitude, avec une piété admirable, les rigueurs de ses infirmités, j ajant été fort aidée par M. l'abbé du Guet et par quelgranns de Messieurs de Port-Rojral, qu'elle aToit en grande vénération, ce qui a fiât dire mille biens d'eux par Mme la comtesse de Gramond, qui estime fort Port-Rojal et ne s*en cache pas. Le Roi demeorera encore quelques jours , peut-être plusieurs semaines , à Marlj, où je retourne ce soir.

Je sois, aTec un profond respect. Monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur,

« Ràcnn. »

A vrai dire, tout cela nous STait tout d'abord paru moins simple de ton que ne l'est d'ordinaire la correspondance de Racine. Cette phrase : « Bfme deQuailus, toute brillante de jeunesse et de beauté, • semble trahir la main d'un arrangeur ; et dans celle-ci : « Mme la comtesse de Gramond, qui estime fort Port-Royal et ne s'en cache pas, » n*7 aurait-il pas une réminiscence d*une lettre de Fénelon au doc de BeauTilliers? (Voyez à la page i3o de notre tome I.) Mais ee qui serait le plus étonnant, ce serait que Racine eût répété dans une lettre les expressions remarquables dont il s'était servi quelques mois auparavant dans l'épitaphe de Mlle de Vertus : « Dieu.... jeta une amertume salutaire sur ses vaines occupations. » (Vojez au tome V, p. lo.) Dans les lettres qu'on ne peut soupçonner d'avoir été fij>riquées, on ne voit nulle part qu'il se soit bit ainsi des emprunts à lui-même.

to6 LETTRES.

1693 122. DE RAGIHK A BOILBAU«

A Marly, le 6* août au matin [1693].

Jb ferai tos présents ce matin*. Je ne sais pas bien encore quand je vous reverrai, parce qu'on attend à toute heure des nouvelles d'Allemagne. La victoire de M. de Luxembourg' est bien plus grande que nous ne pensions, et nous n'en savions pas la moitié. Le Roi reçoit tous les jours des lettres de Bruxelles et de mille autres endroits, par où il apprend que les ennemis n^a*voient pas une troupe ensemble le lendemain de la bataille. Presque toute Finfanterie qui restoit avoit jeté ses armes. Les troupes hollandoisesse sont la plupart enfiiies jusqu'en Hollande. Le prince d'Orange, cpii pensa être pris après avoir fait des merveilles, coucha le soir, lui huitième, avec Monsieur de Bavière', chez un curé près de Loo. Nous avons vingt-cinq ou trente drapeaux, cinquante-cinq étendards, soixante-seize pièces de canon, huit mortiers, neuf pontons, sans tout ce qui est tombé dans la rivière. Si nos chevaux, qui n'avoient point mangé depuis deux fois vingt-quatre heures, eussent pu marcher, il ne resteroit pas un homme ensemble aux ennemis. Tout en vous écrivant, il me vient en pensée de vous envoyer deux lettres, l'une de Bruxelles, l'autre de

Lritbb laa (rerue sur l'autographe, conserva à la Bibliothèque impériale). — i . La distribution de VoJe sur Namur^ qui Tenait d'être imprimée. {Note de F édition de 1807.)

s. La victoire de Nerwinde (39 juillet 1693). Artagnan, major des gardes, en apporta la nouvelle à Marlj le i^ aoât. Vojez le Journal de Dangeau , à cette dernière date. Dans ce même Journal {lundi 3, à Marljr)^ il est dit, comme dans la lettre de Racine : « La victoire qu'a remportée M. de Luxembourg en Flandre est encore plus considérable qu'on n'avoit cru d'abord.... Nous avons beaucoup plus de prisonniers qu'on ne croyoit , et beaucoup de drapeaux et d'étendards. »

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