Voyez ci-dessus, p. 3o, la note 10 de la lettre
\^orde, et on récit du combat en général, qui me fut - ^ aidé hier an soir par M. d'Albergotti ^. Croyez que c'est comme si M. de Luxembourg Tavoit dicté lui-même. Je ne sais si vous le pourrez lire; car| en écrivant j'étois accablé de sommeil, à peu près comme Tétoit M. de Pi^nnorin' en écrivant ce bel airét sous M. Dongois. Le Roi est transporté de joie, et tous ses ministres, de la grandeur de cette action. Vous me feriez un fort grand plaisir, quand vous aurez lu tout cela, de Tenvoyer bien cacheté, avec cette même lettre que je vous écris, â M. Tabbé Renaudot *, afin qu'il ne tombe point dans rinc(mvénient de Tannée passée. Je suis assuré qu'il vous en aura obUgation. Ce ne sera que la peine de votre jardinier. Il pourra distribuer une partie des choses que je vous envoie en plusieurs articles, tantôt sous celui de ftuxelles, tantôt sous celui de Landefermé, où
4. Albergotti, colonel du rëgiment Royal-italien, ^tait fort en fareiir aaprès du maréchal de Loxemboorg. D mourut, en 17 17, lieutenant génénï, — D'après le Journal de Dangeau, il arriva k Marlj le 4 aoât 1693, apportant cinquante-cinq étendards et vingt-cinq dn^peaux. — Ce passage de la lettre de Racine a donné lieu à quelques personnes de penser qu'on pouvait lui attribuer la Helatùm dm la pictoire remportée sur les alités à Nermnde, qui a été insérée dans la Gazette du 11 aoât 1693. Nous avons dit au tome Y, p. 241 et 141, pourquoi nous n'avons pas admis cette Relation parmi les oravres de Racine.
5. M. Dongois, étant obligé de passer la nuit à dresser le dispositif d'un arrêt d'ordre, le dictoit â M. Pujmorin, frère deBoileau; et M. Pujmorin écrivoit si promptement, que M. Dongois étoit étonné que ce jeune homme eût tant de disposition pour la pratique. Après avoir dicté pendant deux heures, il voulut lire Tarrét, et trouva que le jeune Pujmorin n*avoit écrit que le dernier mot de chaque phrase. (liote de Louis Racine,) ^ Le Dongois dont il s^agit ici est Jean Dongois, beau-frère de Boileau. Sur Pujmorin, frère consanguin de Boileau, vojez au tome VI, p. 5i5, la note 9 de la lettre 5o.
6. L'abbé Renaudot avait le privilège de la Gazette, Vojet ci- ^<*>*>*i P« ^t 1* no^ 3 de la lettre 107.
io8 LETTRES.
* M. de Luxembourg campa le 3i* juillet, à demi-lieue'' du champ de bataille, tantôt même sous Tarticle de Malines ou de Yilvorde.
n saura d'ailleurs les actions des principaux particuliers, comme, que Monsieur de Chartres chargea trois ou quatre fois à la tête de divers escadrons, et fut débarrassé des ennemis, ayant blessé de sa main Tun d'eux, qui le vouloit emmener; le pauvre Yacoigne*, tué à son c6té ; M. d'Arcy *, son gouverneur, tombé aux pieds de ses chevaux, le sien ayant été blessé ; la Bertière, son sous-gouverneur, aussi blessé. M. le prince de Conty chargea aussi plusieurs fois, tantôt avec la cavalerie, tantôt avec Tinfanterie, et regagna pour la troisième fois le fameux village de Nervinde, qui donne le nom à la bataille, et reçut sur sa tète un coup de sabre d'un des ennemis, qu'il tua sur-le-champ. Monsieur le Duc chargea de même, regagna la seconde fois le village à la tête de l'infanterie, et combattit encore à la tête de plusieurs escadrons de cavalerie. M. de Luxembourg étoit, dit-on, quelque chose de plus qu'humain, volant partout, et même s'opiniàtra à continuer les attaques dans le temps que les plus braves étoient rebutés, menoit ^^ en personne