‹ Œuvres de J. RacineChapitre 78 sur 222 · DE 8AINTE-THÈCLE RACINE · texte numérisé non relu

DE 8AINTE-THÈCLE RACINE

A Paris, ce lundi au soir [, 5 mars 16^^.

Je ne doate pas, ma chère tante, que vous n'ayez déjà appris que Monsieur rArcbevêque vous a enfin donné le supérieur que vous lui avez demandé. Je lui avois fan présenter, il y a cinq ou six jours, par Mme la

le promettait ici, et le 19 féTrier il écririt une nouvelle lettre a ta tante. U loi mandait, dans cette lettre, au sujet du grand vicaire, dit dom Q^mencet (tome VIII, p. Sai et Saa), « que tout ce qu'il poQTcnt loi en dire ëtoit qu'il faisoit beaucoup de vœux pour le rétablissement de la maison, qu'il croyoit même que le bien de PÉgiise Toodroît qu'on y pût élever la jeunesse comme on faisoit autrefois ; et qu'il déploroit la manière peu chrétienne dont elle étoit Aevée dans la plupart des maisons religieuses. » Racine ajoutait qoe le grmnd vicaire, « avec cela, ne laissoit pas d'être sensible & eette terreur universelle qui avoit frappe tous les esprits, et qui leur fiûsoit craindre de passer pour être favorables a une maison qui avoit des ennemis si puissants. » Le Journal mantuerii de la Bibliothèque de Rlarenburg donne une analyse à peu près scm* blable de cette lettre du 19 février, qu'il ne cite pas non plus textuellement. Ce Journal ajoute, d'accord en cela aussi avec le récit de dom Clémencet, que Racine mandait à l'Abbesse c qu'il s'étoit étudié à persuader au grand vicaire qu'on puurroit prendre des biais qui le mettroient à couvert de tout soupçon, comme, par exemple, d'être nommé par Monsieur l'Archevêque, pour lui rendre compte de l'état où se trouve la communauté, et de ses besoins, en attendant que Monsieur l'Archevêque puisse s'y transporter, et en prendre connoissance par lui-même, ce qu'il ne pouvait pas s'empêcher de faire et qu'il fera infailliblement. »

LoTAS 189. ^ I. Elle est tirée, comme la lettre précédente, des Joêtrmaux manuscrits de Port-Bojral, conservés à la Bibliothèque de Klarenburg. — D. Clémencet (Histoire générale de Port-Rojaly tome VIII, p. SaS) donne à tort la date, non du 5, mais du 3 mars, à cette lettre, dont il cite une phrase. U a emprunté (p. 3ia et 3i3) à cette même lettre l'analjse qui 7 est faite du mémoire do Racine présenté vers la fin de février à l'archevêque de Paris par U ducbeise de Noailles.

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^^ g duchesse de Noailles, sa belle-sœur, un mémoire que j^avois écrit à Marly, dans lequel je lui marquois que vous et votre communauté persévériez à lui demander qu'il vous donnât M. Roynette pour supérieur, oo du moins qu'il lui ordonnât d'en faire les fonctions, sans en avoir le titre, si Ton jugeoit que ce titre pût lui (aire tort dans l'esprit des gens prévenus contre votre maison; qu'il suffisoit que M. Roynette (ùt chargé de prendre connoissance de vos besoins, et de l'état de votre communauté, pour en rendre compte à Monsieur l'Archevêque; et que ce (ùt aussi par lui que Monsieur l'Archevêque vous fît connoitre ses volontés; qu'on ne prétendoit point exposer la santé de Monsieur le grand vicaire en l'obligeant à faire de fréquents voyages à Port-Royal; que ce seroit assez qu'il en fît un présentement pour prendre une exacte connoissance de la maison; en suite de quoi il pourroit, s'il vouloit, n'y point aller jusqu'à la première élection, c'est-à-dire apparemment dans trois ans, si pourtant on pouvoit supposer que cette pauvre communauté, qui n'est plus, à proprement parler, qu'une infirmerie, dureroit encore trois années. Voilà à peu près ce que contenoit mon mémoire ; et j'ai mis ces dernières paroles parce que je savois de fort bonne part qu'on avoit ouï dire à Monsieur l'Archevêque que ce seroit grand dommage de laisser périr une maison où la jeunesse étoiu autrefois si bien instruite dans les principes du christianisme. Je suis fort aise, ma chère tante, que la chose ait réussi selon vos intentions. M. Roynette chargea avant-hier M. Willard de me dire que Monsieur l'Archevêque l'avoit en effet prié de consentir à être votre supérieur, et qu'après avoir représenté à ce prélat les raisons qu'il avoit de refuser cette commission, fondées principalement sur son peu de capacité (car c'est ainsi que son humilité

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le lait parier), et encore sur ses infinnités, enfin voyant qve Monsieur rArchevéque persistoit à Ten presser, il FiToit acceptée; et qu'il feroit de son mieux pour s'en bieD acquitter. Il ne reste donc plus qu'à prier Dieu qn'O entretienne dans le cœur de ce nouveau supérieur les bons sentiments que je lui vois pour votre maison. Ce qui est certain, c'est qu'il me revient de toutes parts qu'il est très-sage, très-doux, et tout plein de justice et de probité. J'irai au premier jour faire vos trèshombles remercîments à Monsieur l'Archevêque, et voir aussi M. Roynette, et vous rendrai compte de ce qui se sera passé dans ces deux visites....

l4o. DE RACINE A M. RIVIÈRE.

A Paris, ce ai* mars [1696*].

Je portai d'abord votre lettre à M. Lhuillier*, qui me promit très- volontiers de demander à la 0)mpagnie ' la commission que vous me mandez qui étoit vacante ; et j*ai retourné aujourd'hui chez lui pour savoir la réponse. Mais il s'est trouvé que ce n'est point une commission qui soit à la nomination de la G)mpagnie, mais seule-

Lribb 140 (rerue tur Paatographe, conserve & Soîssons). — I. M. VMté de U Roqoe a daté cette lettre de Paniié 1694, et Ti plac^ aTant celle que nous avons donnée ci-dessus, p. 146, tOBi le noméro i36. Cependant, dans la lettre i36, Racine, comme 00 Ta TQ, denoande qn'on lui renvoie son fils Louis au premier bcii temps; et un passage de la présente lettre (i4o) atteste que ce ■Hm Louis Racine était revenu auprès de ses parents. Comme il Mos a paru que la lettre i36 devait être de Tannée 1695, il s'entait que nous avons adopté pour celle-ci la date de 1696.

s. Vojex cî^essus, p. 78, la note a de la lettre 109.

3. n s*agît sans doute de la compagnie des fermiers généraux, ou ^ cdle des intâ^tsés dans les aout-fermet : voyez la note suivante.

i56 LETTRES.

jg ^ ment une place de commis qui dépend et est aux gages de M. Bertrand, fils, à ce que je crois, de M. Bertrand, bailli du 0)mté.

Si c'eût été quelque place qui en eût valu la peine, je me serois offert très-volontiers d'en écrire à M. Bertrand le père, qui est notre parent. Mais je vois bien que c'est seulement une espèce de facteur, que son fils, qui est receveur général des gabelles, emploie pour ses propres affaires. Vous jugez bien que j'aurois eu du moins autant de joie que vous que la chose eût pu vous être convenable, et qu'elle eût dépendu de Messieurs les intéressés ^. M. Lhuillier a toujours la même bonne volonté de vous faire plaisir, et ne désespère pas qae les affaires ne changent entre ci et un an. Cependant, Monsieur, je vous prie de me donner avis de toutes les choses que vous croirez qu'on peut faire pour vous. Je vous ai dit plusieurs fois, et je vous le redis encore, que je n'aurai point de véritable satisfaction que vous ne soyez content. J'ai quelquefois du regret de ce que vous ne vous associâtes point avec M. de Saint-Quentin. Mais outre que je ne sus rien de ses pensées sur la commission, ni des propositions qu'il vous avoit faites, la vérité est que M. Lhuillier empéchoit tous ses propres parents de mettre leur argent à ces sortes de charges, et qu'il étoit toujours persuadé que cela ne dureroit pas. Ils espéroient même mettre des contrôleurs qui veilleroient sur les commis. Mais M. de Pontchartrain ne l'a pas voulu jusqu'à cette heure, de peur que cela ne détournât les gens d'acheter les commissions. Il faut prendre patience en attendant que les choses changent.

4. Furetlère, dans son Dictiotmaïre, au mot brriiistif, dit : «On appelle intéreséés dans les fermes du Roi ceux qui n*ont intérêt que dans les sous-fermes , ce qui les distingue des mtéreuéi aux ferwtes généraUsy qu'on appelle fermiers généraux» »

LETTRES. i57

Nos enfiuits attendent leur cousine Manon ' ce prin- ^^ ^ temps, et c'est ce qai les a empêchés de lui envoyer ses étrennes, qu'elles lui donneront à Paris à elle-même. Notre petit garçon* est très-joli et nous donne beaucoup de plaisir. Nous vous sommes très-obligés de ravoir n bien élevé. Je salue ma sœur de tout mon cœur, et ma nièce ; ma femme vous fait aussi à tous ses compliments. Je suis, Monsieur, de tout mon cœur,

Votre très-humble et très-obéissant serviteur,

Racinb.

Nous ne songeons plus à Silly^ ni à aucune terre.

Suseription : A Monsieur Monsieur Rivière, conseiller du Roi, grènetier à la Ferté-Milon. (Un reste de cacliet, an cygne.)

l4l* DE RACINE A BOILEAD ^

A Versailles, le 4* avril 1696.

Js sois très-obligé au P. Bouhours de toutes les honnêtetés qu'il vous a prié de me faire de sa part et de la

5. Marie-Catherine Ririère. Voyez au tome VI, p. 54o, la sote 4 de la lettre 58.

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