Aa collège de Ljon. (/Vote de t édition de
qoe j avow si peu songé à écrire contre sa société, que ^^ b premiers à qui j*avois lu mon ouvrage, c'étoit six jésuites des plus célèbres, qui m'avoient tous dit unanimement qu'un chrétien ne pouvoit pas avoir d'autres sentiments sur rameur de Dieu que ceux que j'avois mis en rimes; qu'ensuite j'avois brigué de le lire à Monseigneur l'archevêque de Paris*, qui en avoit paru transporté, aussi bien que Monsieur de Meaux ; que néanmoins si Sa Révérence croyoit mon ouvrage périlleux, je venois présentement pour le lui lire, afin qu'il m'instruisît de mes fiintes ; que je lui faisois donc le même compliment qnej'avois fait à Monseigneur l'Archevêque lorsque je le hn récitai, qui étoit que je ne venois pas pour être loué, mais pour être approuvé ; que je le priois donc de me prêter une vive attention, et de trouver bon même que je hd répétasse beaucoup d'endroits. Il a fort loué mon dessein, et je lui ai lu mon épitre avec toute la force et tonte l'harmonie que j'ai pu. J'oubliois que je lui ai dit encore auparavant une chose qui l'a assez étonné : c'est à savoir que je prétendois n'avoir proprement fait autre diose dans mon ouvrage que mettre en rimes la doctrine qu'il venoit de nous débiter, et que je croyois qae lui-même n'en pourroit pas disconvenir. Mais, pour en venir au récit de ma pièce, croiriez -vous, Monflcm-, que j'ai tenu parole au bon Père, et qu'à la réserve des deux objections qu'il vous avoit déjà faites, il na fait que s'écrier : « Pulchre^ bency recte'^! Cela est ^rai, cela est indubitable, voilà qui est merveilleux : il lant lire cela au Roi ; répétez-moi encore cet endroit : est-ce là ce que M. Racine m'a lu ?» Il a été surtout extrêmement frappé de ces vers que vous lui aviez pas-
6. Lonû-Antoine de NoaiUes, qui avoit été nomme à Parche» TÎch^ de Paris le 10 août 1695.
7. « Beau, bon, parfait! » (Horace, Art poétique ^ vers 4a8.)
igo LBTTaBS.
"Tërr ses, et qae je lai ai récités avec tonte l'éneigîe dœift je suis capable :
Cependant on ne voit que docteurs, même austères. Qui, les semant partout, s'en vont pieusement. De toute piété, etc.
U est vrai que je me suis avisé heureusement d^tnsérer dans mon épitre huit vers que vous n*avez pas approuvés*, et que mon frère juge très à propos d*y rétablir. Les voici; c'est en suite de ce vers,
Oui^ dites'vous? Allez^ vous taimex, croyez^^noi :
Écoutez la leçon que luinaième il nous donne* Qui m'aime? C'est celui qui fait ce que j'ordonne. Faites-le donc; et sûr qu'il nous veut sauver tous. Ne vous alarmez point pour quelques vains dégoûts Qu'en sa ferveur souvent la plus sainte âme éprouve. Courez toujours à lui : qui le cherche le trouve; Et plus de votre cœur il paroît s'écarter. Plus par vos actions songez à l'arrêter.
Il m^a fait redire trois fois ces huit vers. Mais je ne saurois vous exprimer avec quelle joie, quels éclats de rire il a entendu la prosopopée. Enfin j*ai si bien échauffé le Révérend Père, que sans une visite que dans ce temps-là Monsieur son frère * lui est venu rendre, il ne nous laissoit point partir que je ne lui eusse récité aussi les deux pièces de ma façon que vous avez lues au Roi. Encore ne nous a-t-il laissé partir qu'à la charge que nous ririons voir à sa maison de campagne **, et il s est
8. M. Sainte-Beinre (Port-Xo^al^ tome V, p. 5io) dît que Bacille n*approaTait pas ces huit vers parce qu'ils « ooiitredisent un peu oa du moins atténuent le dogme augustinien, et parlent de Dieu ( Tonlant sûrement nous sauver tons. »