Montlouis, aujourd'hui le cimetière du Père4a-Chaise
ebmrgé de nous fidre avertir du jour où nous Ty pour- "TdoT rions troaver seul. Vous voyez donc, Monsieur, qae si je ne suis bon poète, il faut que je sois bon récitateur. Après avoir quitté le P. de la Chaize, nous avons été voir le P. Gaillard ^^, a qui j'ai aussi, comme vous pouvez penser, récité Vépitre. Je ne vous dirai point les louanges outrées qu'il m'a données. Il m'a traité d'homme inspiré de Dieu, m'a dit qu'il n'y avoit que des coquins qui pussent contredire mon opinion. Je l'ai fait ressouvenir du petit Père théologien^' avec qui j'eus une prise chez M. de la Moignon. Il m'a dit que ce théologien étoit le dernier des hommes; que si sa société avoit à être fâchée, ce n'étoit pas de mon ouvrage, mais de ce que des gens osoient dire que cet ouvrage étoit foit contre les jésuites. Je vous écris tout ceci à dix heures du soir, au courant de la plume. Vous en ferez tel usage que vous jugerez à propos. Cependant je vous prie de retirer la copie que vous avez mise «itre les mains de Mme de Maintenon, afin que je lui en redonne une autre où l'ouvrage soit dans l'état où
II. Honora Gaillard, câèbre prédicateur, recteur des jësoitet de PariSy ne le 9 noTembre 1641, mort le 11 juin 1717.
19. Plusieurs des annotateurs de Boileau pensent que ce théologien ^tait le P. Cheminais, j^nite. Ib s'appuient sur Tautoritë d'un oposcale publié à Cologne en 1706, sous ce titre : BoiUau omm prises €9ee Us Jésuites (in-ia). Ce serait, d*après Topuscule, au P. Che- Binais que Boileau aurait adressé cette piquante prosopopée qu'il a depnis mise en vers à la fin de son ^Ùre xn (vers 191-140). Du leste, comme Boileau ne parle pat expressément ici de cette prosopopée, il pourrait bien fiûre plutôt allusion à la dispute qu'il eut chex M. de Lamoignon arec un compagnon de Bourdalone, et que Mme deSérigné a si bien racontée dans sa lettre à Mme de Grignan dn i5 jauTicr 1690 (tome IX, p. 415-417). Ce eompagmom de Bonrdaloae, dont Boileau contraria les sentiments arec une Tcnre si comique, non-seulement par l'éloge qu'il fit des PropimeiaUs^ mais en le pressant sur la question de l'amour de Ddeui ne pouvait être le P. GhcminaiSf mort le iS tepcembre 16894
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il doit demeurer. Je vous embrasse de tout mon cœur, et suis tout à vous.
l58. — DE RACINE A BOILEAG '.
A Paris, ce lundi ao* janvier [1698].
J'ai reçu une lettre de la Mère abbesse de Port- Royal*, qui me charge de vous faire mille remercîments de vos épitres^ que je lui ai envoyées de votre part. On y est charmé, et de Vepître de r Amour de Dieu^ et de la manière dont vous parlez de M. Arnaud '. On voudroit même que ces épîtres fussent imprimées en plus petit volume *. Ma fille amée, à qui je les ai aussi en-
Lsinui i58. — I. L'aatographe de ceue lettre ne se troore plot aujourd'hui dans les manuscrits de la Bibliothèque impériale. Cependant il y était encore lorsque le général Grimoard prépara son édition des Œuvres Je Louis X/^(i8o6). H a fait graver le /Vwsimiie du dernier alinéa au tome I de cet ouvrage, sons le n« ao, parmi dVutres copies de lettres du même siècle, et il dit dans une note : « L'original de cette lettre, dont on n'a gravé qu'un fragment, existe à la Bibliothèque impériale. » Germain Gamier Ta également eu sous les yeux; car dans l'édition de 1807 des Couvres deJUtci/te, c'est évidemment d'après l'autographe qu'il a rétabli les passages supprimés par Louis Racine. Voyez le Recueil de celui-ci, aux p. aa5 et aa6.
a. La Mère. Agnès de Sainte-Thècle, tante de Racine, à quLsont adressées plusieurs (les lettres précédentes. Elle était abbesse depuis le a février 1690. Voyez au tome I, la note i de la page 4.